Le ministre de l’éducation nationale, Luc Chatel a annoncé le 10 février dernier l’ouverture de onze internats d’excellence pour la rentrée 2010 dont un dans notre académie au Havre. Ces structures seraient réservées, selon le ministre, à des jeunes « motivés, qui travaillent, ont des bons résultats scolaires mais dont on sait que les conditions de travail à la maison sont un peu compliquées ». Le SNES condamne cette conception qui réserve « l’excellence » à une minorité qui aurait fait ses preuves et qu’il faudrait séparer de sa famille. Il estime indispensable, à coût équivalent ( 500 millions d’euros), de rétablir les 16000 postes d’enseignants supprimés à la rentrée 2010. Il considère que ce dispositif ne saurait se substituer à une véritable politique éducative qui prenne en compte, dans un contexte de crise, les inégalités sociales et se fixe comme objectif une démocratisation des savoirs, une formation de qualité pour tous et toutes, gage d’une insertion professionnelle réussie. Loin d’être à la hauteur des investissements nécessaires dans les quartiers populaires défavorisées, ces internats d’excellence apparaissent comme le signe d’un renoncement pour le plus grand nombre à une éducation populaire.

Eric Puren