Une collègue, convoquée pour les oraux du baccalauréat dans le lycée Saint-Joseph du Havre, a pris la peine d’écrire à Madame le Recteur dès le 30 mai : « Je ne doute pas que vous aurez à cœur de rappeler aux chefs d’établissement des lycées concernés leur obligation de respecter strictement les principes de neutralité confessionnelle, notamment en supprimant tout symbole religieux des couloirs et des salles d’examen. Malheureusement, il arrive régulièrement que ces dispositions ne soient pas appliquées. »

Prophétie réalisée, puisque la salle où la collègue fut invitée à rester cloîtrée toute une journée pour interroger le 9 juillet était ornée... d’un crucifix. Croisé dans le couloir, le proviseur se contenta de railler les idées fixes de la collègue iconoclaste. Rechercher une salle vierge ? Que nenni ! Elle eut beau, de bonne foi, invoquer les textes*, impossible d’avoir voie au chapitre. La section académique du SNES-FSU alertée et protestant, que croyez-vous que proposèrent le Secrétaire Général et le Directeur de Cabinet du Rectorat, respectivement Monsieur Lacroix et Marie (ça ne s’invente pas) ? De solliciter l’IPR de la discipline pour trouver un autre collègue... Faire une croix sur les principes, voilà la solution ! Décidément, les voies de ce rectorat sont parfois impénétrables...

Florian Lascroux,
co-secrétaire académique SNES-FSU Rouen

* « il a été recommandé aux responsables de centres d’examens et concours de demander à ces établissements d’ôter ou de masquer tout signe religieux ostensible, pendant la durée des épreuves, dans les locaux accueillant les candidats aux examens. Seuls les établissements ayant accepté ces consignes seront à l’avenir retenus comme centres d’examens ». JO Sénat du 10/06/2010 - page 1474