4 décembre 2012

Lycée Galilée de Franqueville-Saint-Pierre : NON aux professeurs corvéables à merci !

Motion des élus des enseignants au CA du 3 décembre 2012

"Chatel n’aurait pas fait mieux !"

L’arrêté du 5 juillet 2012 modifiant l’arrêté du 20 juillet 2009 fixant le calendrier scolaire des années 2010-2011, 2011-2012 et 2012-2013 a entériné les déclarations du Ministre de l’Education Nationale, Vincent Peillon dans un communiqué de presse où il annonçait que les vacances d’automne étaient « portées à deux semaines pleines pour permettre un véritable repos au cours du premier trimestre, dont la longueur est préjudiciable à l’attention des élèves », ajoutant « une journée est rattrapée au mois d’avril ou au mois de mai. […] Lorsque des cours sont déjà organisés le mercredi matin, les élèves auront cours mercredi 3 avril et mercredi 22 mai après-midi. Il est à noter que les mercredis travaillés ont été choisis dans des semaines comportant un jour férié. Il n’y a donc pas d’alourdissement de la semaine de travail, ni pour les élèves, ni pour les enseignants. » Où l’on entendait donc notre ministre rappeler le sens et l’utilité des jours fériés : ils permettent notamment d’alléger les alourdissements ! On perçoit aussi dans cette déclaration un certain malaise puisque le ministre n’a pu s’empêcher de justifier un choix qu’il savait contestable.
Et pour cause ! Depuis quand compte-t-on les jours de vacances des élèves et des enseignants ? Chacun sait que leur nombre a varié depuis 25 ans sans aucune incidence sur nos salaires, la tendance ayant été à augmenter les périodes de travail, en septembre et en juillet (pour mémoire, la reprise des cours eut lieu le 7 septembre en 1984, le 9 en 85, le 8 en 87, le 10 en 90 et les cours s’achevèrent les 26, 28, 30 juin et 6 juillet ces mêmes années scolaires) ; chacun sait que chaque année, certaines académies ont un jour férié de plus que les autres en raison du zonage des vacances : ainsi, les malheureux élèves et personnels de la zone C voient, en 2013, le 8 mai et le jeudi de l’Ascension coïncider avec leurs vacances de printemps ! Va-t-on nous faire rattraper ces 2 jours ? Et l’an dernier, n’avons-nous pas repris nos cours le mardi 3 janvier, bénéficiant d’un lundi supplémentaire ? Enfin, le calendrier des vacances 2013-2014 vient d’être déterminé : les cours des élèves commenceront le mardi 3 septembre et s’arrêteront le samedi 5 juillet, et les vacances d’automne dureront 15 jours. Nous travaillerons donc une journée de plus en 2012-2013 ! Et cette année comme l’an prochain, il y aura des périodes de 10 semaines de cours consécutives dans certaines académies. Quelle belle logique !
Cependant, ce qui nous choque dans cette exigence de « rattrapage », au-delà des mesquineries ministérielles, c’est la méconnaissance de l’organisation de nos services et des cours suivis par les élèves.
Nous avons le sentiment d’être méprisés puisque l’on en est à nous demander de rattraper des heures que nous ferons de toute façon en juillet au moment des épreuves du baccalauréat, et notamment des épreuves du second groupe. C’est en outre faire fi des heures données sans compter lors de épreuves en contrôle continu, stages, réunions, sorties, voyages scolaires, tests et élaboration de sujets de bac, toutes activités qui ne sont pas rémunérées, qu’elles aient lieu sur le temps de cours ou non. Alors, si l’on veut compter nos heures, comptons-les vraiment, mais il n’est pas sûr, alors, que la dotation budgétaire en HSE y suffise !
De plus, cette situation n’est pas sans soulever de notables problèmes d’organisation : pour les classes ou les élèves qui n’ont pas cours le mercredi matin et vont venir pour trois heures, pour la demi-pension, pour les cours d’EPS et les TP de SVT, de physique-chimie ou de chimie qui risquent d’être écourtés. Nous pensons aussi au peu d’égard pour le cours de musique qui se voit supprimé. Et, nous avons une pensée particulière pour les collègues sur deux établissements, pour les élèves et les professeurs qui vont se voir 4 ou 5 heures le même jour, comme en philosophie en TL2 ! Sans compter qu’ils se reverront peut-être dès le lendemain pendant quelques heures encore ! Par ailleurs, les professeurs d’EPS travaillent déjà le mercredi après-midi dans le cadre de l’Association Sportive du lycée. Devront-ils rattraper ces heures sur d’autres journées ?
Nous nous inquiétons en outre de la dimension peu pédagogique de cette mesure dès lors que les absences des élèves seront nombreuses et probablement tolérées, étant donné le caractère exceptionnel de ces cours : devrons-nous prévoir des cours en tenant compte de cette éventualité, devrons-nous nous interdire de faire des devoirs ces après-midi-là ? Enseignants, élèves présents et absents, tout le monde risque d’être « floué » dans cette affaire !
Enfin, les personnels ont eux aussi des engagements pendant ces demi-journées où habituellement ils ne sont pas sollicités – pas même, notez-le bien, pour des conseils de classe ou des réunions au sein du lycée). On tolère d’ailleurs parfaitement qu’un enseignant ne puisse se rendre à un stage le mercredi alors même qu’il s’est inscrit à une formation, dès lors qu’il en informe les services rectoraux. Des collègues nous ont fait part des difficultés qu’ils rencontreront inévitablement pour se libérer le jour où leurs propres enfants ne seront pas en cours de rattrapage ou pour faire garder des enfants non scolarisés. Certains ont des activités régulières sur ces créneaux. Un collègue résume ainsi ces difficultés : « La séparation entre temps professionnel et temps personnel est mise à rude épreuve », un autre évoque une « ineptie bureaucratique et hypocrite ». Nous ne pouvons que leur donner raison.