A la demande du SNES-FSU de Rouen, le Rectorat a reçu en audience lundi 16 février une délégation composée de trois militants syndicaux et de trois fonctionnaires-stagiaires de disciplines différentes (CPE, Histoire-Géographie, Lettres Modernes) et aux parcours variés (en M2 MEEF, en report de stage, déjà titulaire d’un M2, ...).

Pour nous répondre, étaient présents le Secrétaire Général, le DRRH, le Doyen des Inspecteurs, le SG adjoint au Budget, le Chef de la Division des Personnels Enseignants, la Chef de la Division de l’Organisation scolaire et la Directrice adjointe de l’ESPE.

Cette audience a été l’occasion pour les collègues de présenter les difficultés quotidiennes rencontrées par les stagiaires qu’il s’agisse de la formation, des modalités d’évaluation et de titularisation ou encore du paiement des heures supplémentaires ou de l’IFF (Indemnité Forfaitaire de Formation).

La formation

Il a été rappelé les difficultés rencontrées au quotidien par les stagiaires. Cette année, étant donné les différents parcours des FSTG, la formation adaptée ne l’est pas.

La formation transversale pose particulièrement problème car elle ne répond pas aux questions pratiques que se posent les stagiaires.

La formation aux TICE est aussi discutable car de nombreux stagiaires sont déjà en possession du C2I2E (certificat informatique).

La formation est souvent jugée comme trop conséquente et parfois infantilisante. Il apparaît que le contenu des formations n’a pas été pensé comme il fallait et qu’il y a un manque de cadrage puisque d’une discipline à l’autre les exigences ne sont pas les mêmes.

Enfin, la communication doit absolument être améliorée : organisation, lieu et horaires des modules de formation, etc.

L’ESPE et le Rectorat reconnaissent les difficultés mais expliquent qu’ils ont fait au mieux et que cela a été très compliqué à gérer pour eux aussi. Ils ont travaillé dans la précipitation et sont en train de mener une campagne pour revoir le contenu de la formation l’année prochaine...

Pour le SNES-FSU, ces réponses ne sauraient être satisfaisantes. Les services n’ont pas suffisamment anticipé les effets de cette réforme de la formation. A l’échelle nationale, le SNES-FSU est intervenu à plusieurs reprises dans le cadre du comité de suivi des ESPE pour dénoncer tous ces dysfonctionnements.

Les conditions d’affectation

Nous avons rappelé que certains stagiaires étaient dans des situations délicates : affectés loin de chez eux et/ou de l’ESPE, affectés sur deux établissements, sans tuteur dans l’établissement, avec des classes à examen, des services chargés et des emplois du temps mal pensés, contrairement aux « recommandations » des circulaires. Les FSTG ont aussi demandé que toutes ces recommandations soient clairement rappelées aux chefs d’établissement afin qu’ils facilitent réellement l’année de stage des stagiaires.

Le Rectorat explique qu’il y a tellement de contraintes qu’il est difficile de satisfaire à toutes et que, certes, il y a des collègues dans des situations compliquées mais ils sont en minorité.

Pour le SNES-FSU, ces conditions d’entrée dans le métier sont préjudiciables au bon déroulement de l’année de stage. Le SNES-FSU demande à ce que les stagiaires soient placés en surnombre, sur le service de leur tuteur, afin d’avoir une réelle formation.

Les modalités d’évaluation et de titularisation

Le SNES-FSU a rappelé que les textes officiels concernant l’évaluation et la titularisation n’étaient pas toujours faciles d’accès pour les FSTG. De plus, il n’existe aucun cadrage national concernant l’avis que le directeur de l’ESPE doit formuler pour les stagiaires des concours rénovés 2014.

En outre, le SNES-FSU réitère sa demande d’octroyer une deuxième chance aux FSTG non-titularisés au terme de la première année.

Enfin, les stagiaires présents ont aussi rappelé que les relations avec les tuteurs pouvaient être compliquées.

Le Doyen des Inspecteurs a mis en avant la réussite du tutorat mixte pour les stagiaires concernés et a rappelé que le tutorat était au coeur de la formation. Il a rappelé aussi que toutes les procédures d’évaluation et de titularisation sont mises à la disposition des stagiaires.

Le SNES-FSU a insisté, comme tous les ans, sur la nécessité d’apporter directement l’information aux FSTG : le quotidien d’une année de stage est tel qu’on ne peut attendre des stagiaires qu’ils trouvent seuls tous les renseignements. C’est de la responsabilité de l’employeur !

Les heures supplémentaires

Les textes officiels déconseillent de donner aux stagiaires des heures supplémentaires. Pourtant, plusieurs collègues avaient alerté le SNES-FSU de problèmes. Mais aucune réponse satisfaisante et cohérente n’a été apportée par Rectorat à ces situations.

D’autre part, il a été rappelé que les CPE dépassent très souvent leur quotité horaire et qu’aucune heure supplémentaire n’est versée à ce titre.

Le Rectorat n’a pas été en mesure de répondre clairement à nos questions proposant des solutions différentes relevant plus du bricolage que d’autre chose : 3,5 HSA laissées à un collègue au prétexte qu’il est à temps complet et avait déjà de l’expérience en tant que contractuel, un groupe retiré 2 mois après la rentrée à une autre collègue pour ne pas avoir à lui payer des HSA, ... Pour une collègue, une solution n’ayant pu être trouvée, le Rectorat propose de payer ses deux heures supplémentaires en HSE (ce qui est très différent).

Pour le SNES-FSU, aucune heure supplémentaire ne doit être imposée aux stagiaires.

L’IFF

Depuis la rentrée, les FSTG à mi-temps peuvent prétendre à l’IFF (Indemnité Forfaitaire de Formation) afin que soient pris en charge leurs frais pour se rendre à l’ESPE. Il s’agit d’un forfait de 1000€ annuels versés en 10 mois et qui, pour certains stagiaires, ne couvrent pas suffisamment les dépenses engendrées au quotidien.

Le Rectorat a précisé que 196 stagiaires pouvaient prétendre à cette aide mais que comme 79 d’entre eux enseignent ou habitent dans une commune limitrophe et/ou reliée par des transports en commun à Mont-Saint-Aignan, seuls 117 la percevaient réellement. Le paiement a commencé en novembre avec un rappel du mois d’octobre.

Le SNES-FSU a demandé la possibilité pour les stagiaires de formuler une demande de prise en charge des frais réels, comme cela était prévu dans la circulaire.

Le Rectorat a indiqué qu’une fois le versement de l’IFF engagé, il n’est plus possible de formuler une demande de prise en charge des frais réels. Il aurait donc fallu en faire la demande au mois de septembre pour que le Rectorat traite la demande.