15 février 2013

COLLÈGES/LYCÉES

Audience lycées de l’agglomération de Rouen - 13 février 2013

A la mi-janvier, au moment où les Directeurs Académique (ex- inspecteurs d’académie) communiquaient les prévisions d’effectifs et les dotations pour les collèges (cf. cet article), le Rectorat, comme les années précédentes, persistait à ne pas donner les mêmes informations concernant les lycées. Le Recteur a simplement annoncé en Comité Technique Académique (CTA) que pour 193 lycéens en plus, la dotation était en baisse de 20 Equivalents Temps Plein !

C’est donc à mesure que les commissions permanentes et les CA se sont tenus dans les lycées que l’on a découvert les contours d’une rentrée qui s’annonce, pour beaucoup, plus difficile encore que cette année. Par exemple, dans l’agglomération de Rouen, il est prévu de fermer 5 classes de Seconde.

Au CTA toujours, ont été présentées des fermetures de formations.

La section académique du SNES-FSU a donc voulu obtenir des réponses sur les objectifs poursuivis en matière de politique éducative. Une délégation de représentants du SNES-FSU de plusieurs* lycées de l’agglomération rouennaise a été reçue le mercredi 13 février par le Directeur de Cabinet, le Secrétaire Général, le directeur du SAIO (Service Académique d’Information et d’Orientation), la Secrétaire Générale Adjointe, la directrice de la DOS (Direction de l’Organisation Scolaire).

1re question : comment sont faites les prévisions d’effectifs pour la rentrée en Seconde ?

Réponse

Les prévisions d’effectifs de Seconde se font à partir des effectifs actuels de 3e.
Sur l’agglomération de Rouen, la prévision d’effectifs est de -30 élèves de Seconde par rapport à cette année.
L’an dernier, les effectifs constatés à la rentrée sur les lycées de l’académie ont été inférieurs de 500 aux prévisions ; la prévision pour l’année prochaine tient compte de cette erreur commise l’an passé.

Commentaires

C’est la première fois qu’une prévision d’effectifs par agglomération nous est communiquée. Nous avons souligné la nécessité d’avoir connaissance d’informations précises pour comprendre les flux et les dotations qui en découlent.

Chaque élève de l’agglomération a deux à trois lycées de secteur. Il y a obligation à trouver un lycée de secteur pour chaque élève.
Il y a deux modes d’affectation hors secteur : par le choix d’un enseignement de spécialité, ou par dérogation, sur des places disponibles.

C’est la première fois depuis plusieurs années que le rectorat insiste de cette façon sur l’importance de la sectorisation. Néanmoins on a l’impression que la notion de carte scolaire est secondaire par rapport à la liberté de formulation de vœux.
En outre, les mécanismes d’affectation des élèves sont déterminants, surtout quand il s’agit de la survie d’un établissement. Nous avons en particulier souligné le problème du lycée le Corbusier, seul lycée de Saint-Etienne du Rouvray, en grand péril puisque ne sont prévues que deux classes de Seconde l’an prochain : que deviennent les élèves des quatre collèges de la commune ? Nous n’avons obtenu aucune réponse à cette question.

Le rectorat souhaite favoriser l’orientation vers la voie générale et technologique : trop d’élèves sont affectés en LP au regard des moyennes nationales.

Ce projet affiché semble en contradiction avec les prévisions d’effectifs présentées.

2e question : comment sont effectuées les dotations ?

Réponse

Les dotations sont effectuées à la structure, avec une cible de 35 élèves par classe.

Commentaire

C’est la première fois que le rectorat expose clairement son objectif de remplissage des Seconde à un tel niveau. Nous avons dénoncé cette logique comptable. Le Directeur de Cabinet a reconnu que c’était l’outil permettant d’entrer dans l’enveloppe

Tous les représentants d’établissements ont attesté de classes plus chargées que jamais : 35 en Seconde partout, 36 en Terminale ST2S au lycée Val de Seine, 36-37 au lycée C. Saint-Saëns... Au lycée J. d’Arc, le nombre d’élèves de Seconde sera le même l’an prochain, avec une Seconde de moins !

Les dotations sont insuffisantes et obligent à des arbitrages douloureux (entre dédoublement pour l’Accompagnement Personnalisé et maintien d’options par exemple) ou ne permettent pas de respecter des horaires légaux (en langues par exemple).

Plusieurs représentants d’établissements (lycée B. Pascal, Val de Seine) ont pointé le risque de reproduire un schéma déjà observé les années précédentes, consistant à sous-estimer en janvier les besoins, à fermer des divisions et supprimer des postes, pour finalement réouvrir en juillet voire septembre – souvent avec force HSA ! -, sans possibilité alors de revenir sur les mesures de carte scolaire.

3e question : quelle est la politique rectorale pour favoriser la mixité sociale dans les lycées de l’agglomération de Rouen

Réponse

Une priorité du rectorat est le renforcement de la mixité sociale, et spécialisation non outrancière. On irait à l’encontre de la réforme des lycées si on colorait excessivement les lycées.

Commentaires

Ce discours est nouveau car ces dernières années le rectorat développait une logique de pôles et revendiquait une logique de spécialisation, qui conduisait à des fermetures d’options ou des transferts de formations.

Le SNES-FSU n’est demandeur d’une offre de formation identique dans tous les lycées. Une spécialisation excessive nuit au brassage des élèves de catégories socio-professionnelles différentes.

Réponse du rectorat

La réforme des lycées conduit à éliminer progressivement les enseignements contingentés. Dans les établissements de centre ville il y a beaucoup d’enseignements contingentés (par exemple classe Euro).
Les CSP favorisées alimentent massivement les lycées de centre ville.
On a parfois 30-40% d’élèves hors secteur dans des lycées de centre ville (50% au lycée C. Saint-Saëns).
Au lycée J. d’Arc, un tiers des élèves arrive sur des options particulières.
Si on veut de la mixité sociale, il faut que les lycées de secteur puissent accueillir tous les élèves.
Il faut limiter les concentrations d’élèves dans quelques établissements.

Commentaire

Si l’on souscrit bien entendu à l’objectif d’amélioration de la mixité dans les lycées de l’agglomération, on s’interroge sur les moyens d’y parvenir.
Cette n’a pu être véritablement creusée faute de documents précis.
Le rectorat a accepté notre demande d’un groupe de travail sur cette question.

4e question : quelle est l’évolution des effectifs/moyens et de l’offre de formation dans les lycées privés ?

Réponse

Les informations seront communiquées au CTA de mars.

Commentaire

On ne sait toujours pas quelles sont les prévisions d’effectifs en Seconde dans les lycées privés pour la rentrée prochaine.

Dans l’agglomération de Rouen, où les flux d’élèves sont rendus plus aisés, la concurrence entre lycées est exacerbée. On peut légitimement s’inquiéter d’une éventuelle fuite d’élèves du public vers le privé, au gré des annonces de fermetures dans le public et d’ouvertures dans le privé. En l’absence d’informations sur l’offre de formation des lycées privés, toutes les spéculations sont possibles !

5e question : quel est le taux d’HSA ?

Réponse

Le taux moyen dans les lycées de l’académie est de 11,9% (du total de la dotation), il varie selon l’existence filières post-bac.

Commentaire

Ce taux est trop élevé, il atteint 14% pour certains lycées. Mécaniquement, une concentration d’HSA sur une discipline empêche une création de poste et conduit des collègues à effectuer des compléments de service.

Au lycée J. d’Arc par exemple, 34 HSA sont prévues en lettres modernes.

A titre de comparaison le taux d’HSA est de 6,5% dans les collèges de Seine-Maritime.

Claire Guéville, Florian Lascroux

*
- Lycée C. Saint-Saëns - Rouen
- Lycée B. Pascal - Rouen
- Lycée G. Flaubert - Rouen
- Lycée J. d’Arc - Rouen
- Lycée P. Corneille – Rouen
- Lycée Val de Seine - Grand Quevilly
- Lycée de la Vallée du Cailly - Déville les Rouen
- Lycée Le Corbusier - Saint-Etienne-du-Rouvray

Tract compte-rendu audience lycées agglo Rouen