Le comité technique paritaire de l’Eure c’est tenue vendredi 10 septembre à l’inspection académique.

Voici la déclaration préalable de la FSU lors de ce CTPD :

Mr l’Inspecteur d’Académie, nous sommes en train de vivre une rentrée pour le moins exceptionnelle, particulièrement préjudiciable aux élèves et aux personnels.

Exceptionnelle tout d’abord à cause de la quasi-disparition de la formation professionnelle des enseignants. Cela montre bien l’absence d’ambition de notre pays pour son école. Pour la FSU, enseigner est un métier qui s’apprend. Au-delà des annonces rassurantes sur une formation qui serait faite lors des années d’études, ce sont bien dès cette rentrée, des enseignants sans formation qui prennent en charge des classes à temps plein, et sont censés en plus se former. Ces personnels, les moins expérimentés, sont finalement ceux qui auront la charge de travail la plus importante ! Comment peut-on croire qu’ils le feront de façon sereine, qu’ils pourront mener une véritable réflexion sur leur métier ? La difficulté à trouver des tuteurs pour ces stagiaires montre de façon claire le rejet de la profession pour cette aberration, le chantage effectué parfois pour faire pression sur les collègues désignés est inadmissible et nous dénonçons fortement ces méthodes. Il y a urgence à revenir sur cette réforme et à rétablir dès cette année une réelle formation professionnelle de nos jeunes collègues.

Exceptionnelle aussi par l’imposition du livret de compétences en collège cette année, alors même qu’il n’y a eu aucun bilan des soit disant expérimentations réalisées les années précédentes. Là encore, la profession ne s’est pas investie dans ce dispositif. Loin de sacraliser la note chiffrée, la FSU s’inquiète du manque d’ambition pour l’ensemble des élèves, dont les livrets de compétences ne sont que la traduction concrète : un simple socle pour certains, plus pour les autres. Il est temps que l’école retrouve de l’ambition pour tous les élèves.

Exceptionnelle encore par la mise en place de nouveaux dispositifs de déréglementation des établissements. L’opération « cours le matin, sport l’après midi », qui ouvre la porte aux intervenants extérieurs, est un nouveau cheval de Troie, après celui de l’Accompagnement Educatif. Le dispositif CLAIR, quant à lui, a été décidé, sans aucune concertation ni information des équipes pédagogiques, durant l’été. Il remet pourtant en cause de façon profonde les conditions de travail et les droits statutaires des enseignants dans ces établissements. C’est en outre un grand pas vers la déréglementation de l’Éducation Nationale avec l’abolition des horaires légaux et des programmes officiels dans ces établissements. Ceux-ci risquent d’être de plus en plus des établissements ghettos !

De nombreuses questions se posent :
Tout d’abord, on ne peut sérieusement, simultanément vanter les mérites de l’autonomie, et imposer un label aussi contraignant, sans demander l’avis des équipes. La FSU exige que les Conseils d’Administration des établissements concernés soient consultés au plus vite avant toute mise en place du dispositif.
Ensuite, quel avenir pour les personnels COPsy et CPE dont une partie des missions sera prise en charge par les préfets des études ?
Que va-t-il advenir des personnels qui refuseront de s’inscrire dans ce moule unique ?
Quel statut s’appliquera aux collègues qui s’impliqueront dans ces dispositifs ?

Nous vous demandons, Monsieur l’Inspecteur, des réponses précises à ces questions.

Exceptionnelle par l’application brutale de la diminution des dotations. Malgré l’augmentation forte des effectifs dans le département, nous perdons des heures. A la hâte, à l’insu des conseils d’administration, des moyens ont été repris à certains collèges pour les redéployer vers d’autres jugés plus prioritaires.
Au final, Les classes sont de plus en plus surchargées en collège, les conditions d’étude des élèves de plus en plus mauvaises. Comment traiter la difficulté scolaire avec 28 élèves dans une classe ?

Exceptionnelle cette rentrée par l’absence de professeurs devant les classes. Fautes de créations de postes suffisantes et de planification d’un nombre suffisant de TZR, de nombreuses classes n’ont pas encore de professeur et ce malgré l’embauche de personnels précaires.

Cette rentrée exceptionnelle a donc amené les personnels à une réponse exceptionnelle. Une grève à la rentrée, sur deux jours, n’est pas anodine. Elle marque l’exigence d’une nouvelle orientation pour notre école.
Gérer la pénurie n’a jamais fait une politique éducative. Il y a des choix à réaliser.
Il n’est pas trop tard, Monsieur l’inspecteur. Il est encore possible d’afficher une réelle ambition pour l’éducation en France.
en cessant la suppression massive des postes.
en engageant un réel débat sur le rôle de l’école dans notre pays.
en instaurant dès aujourd’hui une formation des enseignants articulant une réelle formation théorique et la pratique en classe.

La délégation FSU a aussi fait voter un vœu.

Vœu FSU : Le CTPD de l’Eure du 10 septembre 2010 demande l’abandon immédiat de la mise en place du dispositif actuel de formation des enseignants et souhaite la mise en place d’une réelle formation des enseignants articulant une formation théorique sur les deux tiers de leur service et la pratique en classe sur un tiers de leur service.

Les représentants des différents syndicats présents ont présenté une liste des établissements où des problèmes sont observés.
De nombreux établissements subissent l’absence de professeur dans certaines matières. Les effectifs de classe sont souvent élevés.
La réponse de l’inspection académique est toujours la même. L’enveloppe budgétaire est fermée. Il faut faire avec les moyens qui sont actuellement alloués à cette rentrée. La moyenne sur le département, de 23,80 par classe, est inférieure à celle nationale. Nous n’aurons donc pas de moyens supplémentaires.

Cette réponse ne peut nous satisfaire. Les besoins existent. L’état doit prendre ses responsabilités et fournir les moyens nécessaires au bon fonctionnement des établissements.