12 septembre 2016

ACTUALITES

CAA du 12 septembre : mandatement du SNES Académique

Texte action – SNES ROUEN - CAA du lundi 12 septembre 2016

Le contexte économique évolue peu. Le chômage et la précarité restent élevés.

Le tout sécuritaire ne doit pas occulter une rentrée scolaire qui affiche bien peu d’ambition pour le système éducatif.

La communication ministérielle en cette rentrée s’est orientée exclusivement sur les questions de sécurité afin de faire oublier toutes les autres. Si les menaces terroristes sont bien réelles après les attentats abjects de Nice et de St Etienne du Rouvray, les surenchères sécuritaires, la prolongation de l’Etat d’urgence, ne peuvent qu’alimenter un climat anxiogène et nourrir les réflexes racistes et nauséabonds que l’on a vu se déchaîner cet été. On ne peut exiger de la part des collègues une série de comportements qui ne relèvent pas de leur compétence pour surveiller, vérifier, contrôler, être partout à la fois afin de répondre de manière adaptée à un sentiment d’insécurité, peut-être légitime, mais amplifié par la surmédiatisation et le choix fait dans l’académie de Rouen, d’un exercice « attentat/intrusion » (avec fusillade ou prise d’otage) le même jour à la même heure dans tous les établissements de l’Académie, le 13 octobre prochain. Les lieux d’enseignements ne doivent pas devenir autant de « forteresses assiégées » où l’on apprendrait aux élèves à vivre dans la peur. L’annonce de l’exercice PPMS « alerte intrusion » n’est pas une réponse adaptée. Si le SNES académique reconnaît la nécessité de permettre la réflexion des adultes, il refuse cet exercice anxiogène pour des enfants et adolescents, ainsi que pour les personnels. Il appelle, si possible au niveau fédéral, les collègues à mener la discussion dans leurs établissements pour limiter l’implication concrète des élèves lors de l’exercice.

Les ténors des appareils politiques sont préoccupés par l’affichage de leurs différences en vue des prochaines élections présidentielles bien loin des préoccupations de leurs concitoyens, laissant ainsi le champ libre à l’expression du populisme et de l’extrême droite.

Le passage en force par le 49.3 de la loi Travail montre une fois de plus à quel point le gouvernement actuel refuse d’écouter les partenaires sociaux. Le SNES-FSU continue de s’inscrire dans le combat contre la loi travail « El Khomri » et appelle à la mobilisation le 15 septembre en s’en donnant les moyens par la mise à disposition d’un matériel militant accessible si le mouvement se poursuit.

Le SNES-FSU condamne la répression syndicale, qui se décline jusque dans l’Education.

Dans l’Education, cette rentrée contrairement aux annonces ministérielles ne se passe pas bien. Même si la grève du 8 septembre n’a pas été majoritaire, la plateforme de revendications était majoritairement partagée par nos collègues.

Comme ces dernières années, les collégiens et lycéens n’ont pas tous l’ensemble de leurs professeurs face à eux. Les manques en technologie, sciences physiques, S.V.T. sont importants. Les viviers de remplaçants sont déjà épuisés en anglais, espagnol, lettres, mathématiques… L’objectif du recrutement de 60 000 postes est loin d’être atteint et créer des postes est inutile si le gouvernement ne se donne pas les moyens de les pourvoir. Il manque déjà 3000 recrutements à cette rentrée. Les conditions de traitement et de travail ne peuvent permettre ces recrutements nécessaires.

Cette rentrée 2016 est celle de la mise en place de la réforme du collège. Comme prévu, cette mise en place est catastrophique. L’autonomie préconisée par le gouvernement renforce déjà les différences et crée des inégalités entre les établissements. La mise en place des 4 nouveaux programmes avec l’évaluation des élèves et le nouveau DNB alourdissent considérablement la charge de travail des collègues. Le SNES-FSU continue de préconiser la résistance pédagogique, soutient les collègues en difficultés face à cette charge énorme de travail, qui rend impossible un travail de préparation satisfaisant, d’autant que les ressources proposées sont parfois inexistantes et souvent indigentes. Il continue d’exiger le retrait de cette réforme inique et la reprise des discussions. Une position commune sur le LSUN doit être portée dans les salles des profs avant la fin du 1er trimestre.

En lycée, l’afflux d’élèves avec la suppression brutale et soudaine du redoublement n’a pas été anticipé. Ainsi, dans de nombreux lycées, les effectifs ont atteint, notamment en STMG, des seuils intolérables. Face à certaines luttes locales, le Rectorat a déjà reculé en attribuant des dotations horaires, qui cependant ne répondent que partiellement aux besoins.

Les annonces de revalorisation de carrières sont largement insuffisantes et sont loin de compenser la dégradation des conditions de travail. La nouvelle grille indiciaire répond partiellement à nos revendications. Cependant, le rythme unique calqué sur l’avancement au choix lèse trop de collègues et est inacceptable. Par ailleurs, cette revalorisation est très insuffisante pour les débuts de carrière, faible pour les agrégés et loin de nos attentes pour tous les autres. La création du 3e grade ne correspond pas à nos mandats, en créant un nouveau grade inégalitaire car inaccessible à une majorité de collègues. Le SNES-FSU doit peser sur les discussions contre ce 3e grade dans cette forme et en revendiquant un avancement pour tous au rythme le plus rapide.

Pour les personnels contractuels, la parution tant attendue du nouveau décret correspond pour une partie à une victoire du SNES-FSU qui lutte depuis des années pour obtenir ces avancées. Pour autant, il reste encore des insuffisances (gestion académiques des grilles de rémunération) et des désaccords (ORS : refus de l’allègement de service en deçà des 18 h pour les services partagés). Le SNES-FSU doit, en plus de l’information aux collègues, obtenir, dans le cadre de discussions académiques, l’adoption d’une grille de rémunération la plus juste et équilibrée. Il participera à la journée d’action fédérale du 13 octobre et continuera de revendiquer un plan de titularisation.

La rentrée des AED et AESH est cette année calamiteuse : la situation des personnels ayant rejoint leur poste sans contrat, et les retards (mal)annoncés de paiement de leur salaire à la fin du mois de septembre doivent alerter sur la précarité accrue de ces personnels de l’Éducation nationale pourtant si présents sur le terrain dans les établissements.

Le SNES-FSU doit afficher son soutien aux collègues en communiquant par voie médiatique à la fin du mois et en organisant une action revendicatrice en présence des collègues qui souhaiteront se mobiliser. Autre inquiétude : les nouvelles modalités d’évaluation des enseignants et CPE. Le projet actuel du ministère est inacceptable. Le SNES-FSU doit au plus vite informer les collègues et les mobiliser pour obtenir que le chef d’établissement n’ait pas de regard sur le pédagogique, pour que le « bilan professionnel » aujourd’hui envisagé soit abandonné et pour que le ministère renonce à ce modèle d’évaluation par compétences, qui assimile professeurs et élèves.

Le SNES FSU appelle à la manifestation des retraités du 29 septembre, appelée par le groupe des 9, pour une véritable revalorisation des retraites et pensions, liée à l’évolution des salaires.

Une victoire syndicale et une avancée historique dans l’histoire de la psychologie dans l’Education nationale : le décret de création du corps unique des psychologues regroupant dans deux spécialités les actuels psychologues scolaires et les conseillers d’orientation psychologues doit paraître au plus tard au mois de novembre 2016.

Au niveau des CHSCT académique et départementaux, le fossé se creuse entre les orientations stratégiques ministérielles qui « expriment la nécessité d’impulser une véritable amélioration des conditions de travail pour l’ensemble des personnels » et l’absence d’action concrète, voire les résistances de l’administration en matière de prévention, notamment des risques psychosociaux.

La communication sur le PPCR, l’évaluation auprès de nos collègues relève de la responsabilité syndicale. Le SNES national doit informer régulièrement de manière claire nos syndiqués sur les étapes des négociations. Les militants académiques doivent animer à ce sujet des heures d’information syndicale afin d’informer un maximum de collègues qui pourront peser sur les débats et se mobiliser.

Des outils académiques inspirés des outils nationaux de communication sont indispensables afin d’être bien visibles auprès des syndiqué(e)s et collègues : une maquette nationale de newsletter avec déclinaison académique est à développer, les sites académiques sur le modèle du site national sont à ouvrir d’urgence.