Texte action
CAA du 13 juin 2016

Alors que les salariés, les jeunes, les privés d’emploi, les retraités sont mobilisés depuis plus de 3 mois pour le retrait du projet de loi travail et l’obtention de nouveaux droits, alors que l’opinion publique reste massivement opposée à ce texte, le gouvernement est passé en force en utilisant le 49.3, puis la répression violente des manifestations. Ce gouvernement affaibli peine de plus en plus à trouver des soutiens. Son apparente détermination à maintenir ce texte envers et contre tous apparaît aujourd’hui bien fragile. Le SNES-FSU appelle à poursuivre les campagnes d’information et la mobilisation contre la loi travail dans l’Intersyndicale jusqu’au retrait et donc à participer d’abord à la votation citoyenne et à la manifestation nationale du 14 juin à Paris puis aux actions prévues par l’Intersyndicale (23, 28 juin…).

Dans l’Education, le 19 mai 2016 a marqué le premier anniversaire de la lutte majoritaire contre la réforme du collège. De nombreux chefs d’établissement font pression pour remonter une “belle copie” à leur hiérarchie. La résistance pédagogique s’engage maintenant, pour l’abrogation de la réforme collège 2016. La rentrée 2016 ne peut se faire avec cette réforme. Le SNES-FSU constate dès maintenant des différences de traitement entre collèges privés et publics. Il dénoncera ce traitement inégal au détriment des collèges publics. Le SNES-FSU appelle à une grève de rentrée dans les collèges (si possible en intersyndicale) le lundi 5 septembre en veillant à y associer les enseignants de lycée, notamment sur la base du bilan de la réforme du lycée. Le SNES FSU appelle à organiser des heures d’info syndicales le jour de la pré-rentrée pour préparer cette grève.

Ce gouvernement, après avoir mis en place dans l’Education des réformes contestées (rythmes scolaires, réforme du collège), cherche à reconquérir l’électorat enseignant avec le PPCR. Ainsi, la nouvelle carrière et la nouvelle grille indiciaire proposées constituent une revalorisation et une amélioration globale de la carrière a minima de tous les personnels. Cependant, ce processus, étalé dans le temps, ne répond pas à l’urgence de la revalorisation indispensable pour revaloriser et rendre plus attractives nos professions. Nous n’avons en outre aucune garantie du respect des étapes du calendrier. Les insuffisances sont nombreuses : revalorisation des débuts de carrière insuffisante, avancement à rythme unique mais pas au rythme le plus rapide, création d’une classe exceptionnelle, qui en récompensant seulement 10% du corps est injuste et ne rompt pas avec les logiques de promotion soi-disant au mérite. Cette classe exceptionnelle promouvrait essentiellement ceux qui acceptent d’être les relais de l’administration. Le SNES-FSU appelle à une grande vigilance dans les négociations en refusant d’abord cette classe exceptionnelle.

Dans notre académie, le CD 27 a annoncé par la presse la fermeture de 3 collèges (PMF à Val de Reuil, La Barre en Ouche et Neruda à Evreux) sans concertation ni avec les autorités académiques, ni avec les partenaires sociaux. Ces fermetures seraient dramatiques, ces collèges étant classés rural isolé, REP et REP+ avec comme premières conséquences des effectifs gonflés dans les collèges voisins contre toute mixité sociale et des temps de trajet rallongés pour les élèves. Le SNES-FSU soutient et accompagne les collègues dans leurs luttes et s’oppose aux fermetures de ces trois collèges.

Au lycée, la suppression de la possibilité offerte au conseil de classe de proposer un redoublement entraîne de gros problèmes d’orientation, notamment en fin de seconde. De plus en plus d’élèves en difficulté se retrouvent orientés par défaut dans les filières technologiques (SII et surtout STMG), contribuant à la dévalorisation de ces filières et renforçant la hiérarchie des voies et des séries du lycée. Aucune dotation horaire supplémentaire n’étant prévue pour ces filières à la prochaine rentrée, les effectifs par classe risquent de devenir pléthoriques. Le SNES doit exiger que les moyens économisés par la suppression des redoublements soient réinjectés afin d’améliorer l’encadrement et l’aide aux élèves rencontrant des difficultés et d’éviter ces orientations par défaut. Il est aussi urgent d’exiger la réécriture du décret de 2014 : pétitions, lettres au recteur, motions de CA…

Les premières annonces du président de Région ne sont guère plus rassurantes pour les lycées. En plus des 44 millions d’euros offerts aux lycées privés, le « lycée du futur » version Hervé Morin ne peut que nous inquiéter. La FSU sera offensive pour contrer ce plan et proposer d’autres solutions pour le lycée.
Il prévoit d’ouvrir les lycées de la région aux entreprises, notamment en permettant un mixage des différents publics accueillis (élèves en formation initiale, élèves apprentis, adultes en formation continue, …), en mettant à la disposition des entreprises le matériel technologique équipant les lycées, ce dernier « devant répondre aux besoins des entreprises », en réalisant des projets pédagogiques en lien avec les branches professionnelles, etc… Le SNES et la FSU combattront fermement ces orientations dont l’objectif est d’assujettir les formations proposées dans les lycées aux besoins des entreprises locales.

Enfin, le SNES et la FSU s’opposeront au projet du nouveau président de région de mettre en place un partenariat public-privé pour réaliser la rénovation énergétique des 154 lycées normands. La région se désengagerait ainsi de sa mission, privatisant ce qui relève d’une compétence du secteur public, ce type de partenariat coûtant bien plus cher au contribuable pour un service de moindre qualité.

Les moyens dévolus aux CHSCT ne permettent pas d’assurer correctement leurs prérogatives dans l’intérêt de la santé et de la sécurité de nos collègues. Un exemple flagrant : l’absence de moyens dédiés pour installer un réseau d’assistants de prévention de l’éducation nationale. Il est absolument nécessaire que l’essentiel des actions de prévention soit mise en place par l’employeur dans l’intérêt de la sécurité des personnels.
La transparence doit être totale de la part de l’administration envers les CHSCT.

Si la prévention du risque terroriste dans les établissements peut être posée concrètement et peut nécessiter une réflexion des personnels en charge de la sécurité des élèves, l’implication des élèves lors de l’exercice PPMS annuel n’est pas la réponse adaptée. Il risque d’être très anxiogène pour un public jeune sans une plus-value réelle sur la prévention. Le SNES-FSU demande que la prévention du risque terroriste soit dissociée de l’exercice PPMS.

Le SNES FSU dénonce la fermeture de la bourse du travail, atteinte au droit syndical. Il exige que les collectivités territoriales remettent des locaux à disposition de la bourse du travail d’Evreux (et donc la FSU 27) dans les plus brefs délais.

A Dieppe comme ailleurs, la situation des migrants est dramatique. Fuyant des pays dévastés par les guerres et n’ayant d’autres choix que l’exil, ces migrants doivent pouvoir vivre dignement. Le SNES et la FSU exigent une réelle prise en charge des migrants dans le cadre national mais aussi au niveau européen sur la base de la solidarité entre les peuples. L’accueil proposé à ces migrants doit respecter leur dignité.

Le gouvernement a décrété l’état d’urgence le 14 novembre dernier et profite de l’euro 2016 pour le prolonger. Cet état d’urgence ne peut devenir un état permanent. Le SNES FSU en exige la fin.

Enfin, depuis quelques mois, des violences policières ponctuent les fins de cortèges contre la loi travail. Paroxysme de cette violence, des collégiens ont été hospitalisés à St Malo alors qu’ils manifestaient pacifiquement avec leurs parents contre la fermeture de leur collège ! Le SNES-FSU condamne fermement ces scandaleuses méthodes policières.