CAA du 6 mars

A deux mois de l’élection présidentielle, la campagne est plus que jamais bousculée. Éclaboussées par les affaires d’emplois fictifs, la droite et l’extrême-droite multiplient les surenchères sur le terrain xénophobe et sécuritaire.

Les candidats issus de la gauche gouvernementale tentent, eux, de faire oublier le bilan calamiteux du quinquennat qui s’achève. Malgré toutes les précautions à prendre concernant les sondages, ceux-ci marquent une constante : le FN est en tête au premier tour. Tout ceci se passe, qui plus est, dans un contexte européen très inquiétant, marqué par un repli identitaire et xénophobe qui s’accentue.
La CAA estime que, loin d’offrir une issue aux classes populaires, le programme du FN, dangereux démocratiquement, ne rompt en rien avec le système libéral actuel qu’il prétend pourtant dénoncer, mais il reste à en convaincre tous ceux et celles qui peuvent l’être, à l’heure où les intentions de vote pour Marine Le Pen dans la Fonction publique atteignent des scores inédits. La CAA rappelle le caractère profondément anti-républicain du programme éducatif du FN.

Dans ce contexte, le syndicalisme de lutte et de transformation sociale doit trouver les moyens de faire entendre ses exigences et préparer les luttes qui seules permettront d’imposer d’autres réponses que celles des tenants de l’ordre libéral ou que celles des partisans d’un repli national. C’est pourquoi nous serons attentifs-ves aux réponses apportées par les candidat-es que le SNES et la FSU ont interpellés.

Dans ce cadre la section académique appelle à participer au meeting intersyndical « pour en finir avec les idées fausses propagées par l’extrême droite » du 9 mars au Havre.
La question de la protection sociale (santé, retraite, solidarité...) est peu débattue hors la question de son « coût ».

Même si le débat est peu présent dans les médias, la place de la fonction publique au sein de la société française est toujours remise en question par une partie des candidat-es.
Les questions éducatives sont relativement peu présentes dans les débats elles aussi, en particulier la question du second degré. Seules les vieilles recettes s’affichent : renforcement de l’autorité des enseignants, autonomie des établissements… Le SNES-FSU doit plus que jamais faire entendre ses exigences et ses propositions concernant le second degré.

La section académique devra interpeler les candidats aux Législatives et informera la profession.
Elle rappelle également que tous/tes les mineur-es présent-es sur le territoire ont un droit à scolarisation, et que l’Etat et les collectivités territoriales doivent leur permettre de finir leur scolarité et les accueillir décemment, y compris au-delà de 16 ans.

Région

Les régions prennent un poids de plus en plus important dans la carte des formations professionnelles. Les transferts de compétences de l’État vers les régions affaiblissent le service public d’éducation et renforcent les inégalités.
En outre, la recherche d’adéquation systématique entre les besoins en recrutements sur des bassins d’emplois restreints et la carte des formations néglige la réflexion sur le long terme et les formations rares à vocation nationales.
Par ailleurs, le SNES-FSU s’oppose aussi aux dernières propositions faites par l’association des régions de France.
La FSU normande a déjà demandé une audience second degré auprès de la région, impliquant tous les syndicats de la FSU concernés.

Rentrée 2017

Dans notre académie, les 88 ETP sont insuffisants pour absorber la hausse des effectifs attendue en lycée et améliorer les conditions de travail en collège.
La section académique soutient tous les établissements en lutte pour leurs DHG et est prête à les accompagner en audience auprès du Rectorat et des inspections académiques.
Par ailleurs, elle continue de dénoncer la politique académique qui laisse le privé ouvrir sur ses fonds propres des options dont elle impose la fermeture au public, vidant ainsi certains établissements.
La réforme du collège, et en particulier l’évaluation des élèves, continuent de poser de nombreux problèmes dans les établissements, et divisent les équipes. Les bulletins envoyés aux familles, parfois accompagnés de relevés de compétences, sont illisibles. A trois mois du DNB, élèves, parents et enseignants ne savent toujours pas à quoi ressembleront concrètement certaines épreuves. Le SNES-FSU engage à refuser les grilles locales d’évaluation, à conserver pour l’oral ce qui existait déjà dans l’établissement. La section académique diffusera massivement le tract national pour informer les collègues. Les élus au CTA interpelleront le Recteur au sujet du courrier envoyé par la DGESCO, qui appellerait à ne valider les domaines du socle qu’en fin de cycle.
Malgré les moyens supplémentaires attribués aux lycées considérés comme défavorisés, la CAA déplore l’absence de réflexion sur l’Education Prioritaire en lycée. La hausse des effectifs va être très difficile à absorber tant du point de vue des moyens d’enseignements que des locaux.
La CAA demandera une audience sur l’organisation du bac à la DEC et interpellera le Rectorat lors des CTA et CHSCTA sur l’avis du CHSCTM au sujet de l’EAF.
La CAA appelle à participer au colloque « le lycée pour toutes et tous » le mercredi 29 mars à Aubervilliers.
Dans les départements, le SNES-FSU continue de s’opposer aux fermetures des collèges. Avec la fermeture du collège REP+ Môquet, la carte de l’EP de 2015 doit intégrer un nouvel établissement.

La publication du décret rendant effective la création du corps de psychologues de l’Éducation nationale le 1er février 2017 est une victoire historique pour le SNES et la FSU, mais la « carte cible » des CIO a fragilisé le réseau et dans l’académie certaines situations ne semblent pas pérennes. Une demande d’audience des élus du personnel auprès du recteur va être demandée, soutenue par la section académique.

La dégradation des conditions de travail est partagée par de nombreux salariés et experts. Elle est encore plus marquée dans l’éducation nationale selon une enquête publiée par le MEN en Décembre 2016. Les enseignants sont plus exposés que les autres aux Risques Psycho Sociaux. Le SNES FSU intervient dans les CHSCT académique et départementaux pour défendre les conditions de travail. Dans ces instances, le SNES FSU porte des actions de prévention et de formation et fait respecter des obligations de l’employeur en termes d’hygiène, de santé et de sécurité (registre SST et DGI, DUERP, fonctionnement des CHS, application du décret 82-453).

ACTION SOCIALE

La CAA exige qu’il n’y ait pas, dans le cadre du référencement, de séparation entre prévoyance et santé, comme c’est le cas dans d’autres ministères.
L’évolution de la protection sociale vers une logique assurantielle s’amplifie lorsque l’on examine les programmes des principaux candidats aux élections. Le SNES doit profiter de la période électorale pour avancer ses mandats en direction de la prise en charge à 100 % par la sécurité sociale.

SYNDICALISATION

Le SNES-FSU poursuit une campagne de syndicalisation qui montrerait l’intérêt du collectif : flyer FSU académique, campagne d’HIS sur des thématiques pré-définies, affiche SNES académique, stage nouveaux collègues (T1/T2…..)

FEMMES

A la suite de l’appel lancé aux femmes en novembre de cesser le travail à 15h40 afin de montrer l’inégalité salariale, à la suite de la grande manifestation pour les droits des femmes du 21 janvier aux Etats-Unis et ailleurs, le 8 mars doit apparaître désormais dans le calendrier annuel comme une date incontournable du soutien des associations et des fédérations syndicales aux femmes malmenées et maltraitées en France et de par le monde. Le SNES-FSU appelle à participer aux actions du 8 mars, journée internationale pour les droits des femmes.

RETRAITES

Le SNES-FSU soutient les actions du 30 mars concernant la revalorisation des pensions, la santé et la place des retraité-es dans la société.

VIOLENCES POLICIERES

Conformément au communiqué de la FSU du 1er mars, la CAA de Rouen appelle à marcher partout en France le dimanche 19 mars en soutien à Théo, contre les violences policières, les discriminations et le racisme.