27 juin 2016

COLLÈGES/LYCÉES

Chantier régional sur le « lycée du futur » : un lycée sans avenir ?

Le président de la Région Normandie, Hervé Morin, a lancé en Avril 2016 un chantier sur le « lycée du futur ». Afin d’élaborer des propositions sur ce que devrait être ce lycée, trois groupes de travail se sont tenus sans qu’aucune organisation syndicale représentative des personnels exerçant en lycée ou des parents d’élèves n’ait été conviée. La FSU a dénoncé cette absence de dialogue, contradictoire avec les propos du président de région qui affirme que la « construction d’un tel « lycée du futur » ne peut se concevoir sans un travail partenarial très fort avec celles et ceux qui contribuent quotidiennement et activement au bon fonctionnement des lycées et à la réussite scolaire du plus grand nombre d’élèves ».

Bon nombre d’orientations développées dans ces groupes de travail sont inacceptables. Tout d’abord, nous refusons comme cela est proposé toute idée de mixer les publics (élèves en formation initiale, élèves apprentis, adultes en formation continue) accueillis dans les lycées. Ensuite, nous ne pouvons accepter que l’équipement des plateaux techniques se fasse en fonction des besoins des entreprises. D’une part, cela consisterait à faire financer les équipements technologiques des entreprises par des fonds publics, et d’autre part, cela entraînerait un assujettissement des formations proposées dans les lycées aux besoins des entreprises locales, ce qui est inacceptable.

L’un des groupes de travail a mis en évidence la nécessité de développer la maîtrise des langues étrangères par les lycéens, sans pour autant formuler de propositions concrètes permettant d’atteindre cet objectif. Rappelons que l’actuelle réforme du collège a entraîné la fermeture de nombreuses classes bilangues et européennes, notamment en région Normandie. Comment améliorer le niveau des lycéens en langues vivantes si on supprime en amont du lycée les structures permettant de développer cet apprentissage ? Par ailleurs, le SNES-FSU rappelle que cette maîtrise des langues étrangères ne doit pas se cantonner uniquement à celle de l’anglais.

Enfin, l’idée de développer l’accès à la culture (artiste en résidence dans les lycées, partenariat avec les salles de spectacle, découverte du patrimoine, …) est exprimée. Pour le SNES-FSU, cet accès à la culture (qui ne doit pas se limiter à la découverte du patrimoine régional) peut s’effectuer en lien avec les programmes scolaires. Cependant, aucune proposition visant à soutenir (par exemple financièrement) des projets pédagogiques culturels n’a été mise en avant par la région.

Par ailleurs, nous pouvons noter qu’aucun groupe de travail ne s’est tenu sur le développement du numérique dans les lycées, ce qui semble d’autant plus surprenant alors qu’Hervé Morin annonce que les lycées doivent être connectés. Aucun recensement des besoins des établissements en matériel ou infrastructure informatique n’est proposé. De même, rien n’est proposé pour assurer la maintenance de ces équipements.

Le SNES-FSU estime que la région doit se recentrer sur ses missions (équipement des établissements, maintenance des parcs informatiques, restauration des bâtiments) pour lesquelles aucune proposition n’est formulée. Nous avons par ailleurs rappelé que le conseil régional n’a aucune prérogative pédagogique et ne saurait donc subordonner les crédits de fonctionnement des lycées au respect « d’une politique pédagogique régionale ».

La FSU développera ses propositions dans une contribution publique lors du débat prévu à l’automne 2016 sur le « lycée du futur ».
D’autre part, le SNES-FSU s’oppose au projet du nouveau président de région de mettre en place un partenariat public-privé pour réaliser la rénovation énergétique des 154 lycées normands. La région se désengagerait ainsi de sa mission, privatisant ce qui relève d’une compétence du secteur public, d’autant plus que l’expérience a montré que ce type de partenariat coûte bien plus cher au contribuable pour un service de moindre qualité.