La fin de l’année approchant, vient le temps des bilans. 
Alors que se profile le dernier CHSCTA (comité hygiène, sécurité et conditions de travail académique) de l’année scolaire, force est de constater que le rectorat n’a pas encore pris la mesure du changement nécessaire dans la prévention de la santé et des conditions de travail des personnels. Le mardi 11 juin s’est déroulée la première visite d’un établissement de l’académie par une délégation du CHSCTA. Mieux vaut tard que jamais, sûrement, mais un an après sa mise en place, on ne peut pas dire que le rectorat se soit précipité dans l’utilisation de cette outil de diagnostic de la situation réelle des établissements. Sur les trois CHSCT, une seule visite a été réalisée cette année, et concernant la seconde, les organisations syndicales ont refusé la visite d’un lycée en juin, puisque celle-ci était prévue après la fin des cours. Difficile de se rendre compte dans ces conditions de la réalité du travail et des problèmes rencontrés par les personnels de l’éducation nationale en l’absence d’élèves.

Ceci n’est cependant pas très étonnant quand on mesure les réticences de l’administration à prendre en compte la nouvelle dimension des conditions de travail dans le champ de compétence des CHS-CT.

La visite effectuée mardi en est une belle illustration.
Le protocole de visite imposé par le rectorat à partir de celui présenté par les organisations syndicales se base sur des aspects uniquement techniques (ateliers, registres officiels). Tous les éléments faisant références à l’organisation du travail ont été balayés par l’administration. Seule concession, la délégation du CHSCT devait rencontrer tous les personnels désirant être entendus. Pour cela, tous les personnels de l’établissement devaient être informés une semaine avant de la visite des membres du CHSCT.


Pour le reste, les thèmes sur les conditions de travail, notamment les risques psycho-sociaux, ont été refusés. La simple distribution d’un questionnaire sur ce sujet a été refusée, et ce jusqu’au bout. La veille encore, la FSU proposait un questionnaire, pourtant déjà utilisé dans une autre académie : rien à faire. Le rectorat préfère que le comité hygiène sécurité et conditions de travail ne parle pas de conditions de travail : « Il ne faut pas se précipiter ». Après un an de demande de travail sur le sujet, la réaction du rectorat ne manque pas de sel.



Le déroulement de la visite s’est bien passé, l’accueil et les échanges avec les personnels de direction de l’établissement, la gestionnaire, l’agent de prévention et des enseignants exerçant dans les ateliers de SEGPA a été instructif, enrichissant. Bien évidemment, le thème des conditions de travail s’est imposé dans la discussion.
Dommage que la rencontre avec l’ensemble des personnels n’ait pas été possible.
Les membres du CHSCT ont appris que leur venue n’avait finalement pas été annoncée à l’ensemble des personnels de l’établissement. C’est déplorable lorsque l’on sait que c’était la seule concession du Rectorat.

Les organisations syndicales présentes dans le CHSCTA ont décidé de faire passer conjointement ce questionnaire par voie syndicale. Bien moins efficace, ayant une légitimité autre que celle du CHSCTA, celui-ci donnera une première impression sur sa possible utilisation ultérieure.

Plus que jamais, cette première visite montre aux yeux du SNES-FSU, qu’en plus d’être inacceptable, le refus d’aborder les conditions de travail lors de ces visites est, en plus, incongru. Le SNES avec les syndicats de la FSU fera tout pour que les prémices de cette prise de conscience par le rectorat se concrétise par une amélioration du protocole de visite lors du prochain CHSCTA du 28 juin et la mise en place d’un calendrier strict des prochaines visites.

La prise en compte de la santé des personnels est un devoir de l’employeur. La crainte des problèmes rencontrés ne peut l’exonérer des actions d’analyses et de préventions nécessaires. Le SNES et la FSU y travaillent. Sur ce plan encore, le changement se fait lentement.