14 novembre 2011

COLLÈGES/LYCÉES

Comité de suivi pour la réforme STI2D du 8 nov. 2011

Participants

- Mme Campion, Recteur,
- M. Demazière, Directeur de cabinet
- M. Lacroix, secrétaire général de l’académie
- Mme Benyahia, secrétaire générale adjointe DBA
- M. Lefaux, DAET
- M. Chevalier, doyen des IA-IPR
- M.Terzi et M. Courteille, IPR de STI
- M. Fournou, IPR de Sciences physique et chimie
- Mme Cotelle-Chabert, chef de la DIFOR
- Mme Perrinet , chef de la DOS
- Mmes Ropert et St Martin pour la DPE

- Claire Guéville et Eric Puren pour le SNES-FSU
- Philippe Sellier pour le SNEP-FSU
- les représentants du SE-UNSA, du SGEN-CFDT, de FO

• Bilan des effectifs en 1re STI2D

759 élèves sont scolarisés cette année en 1re STI2D, le Rectorat en attendait 1050. Le Recteur a reconnu la chute des effectifs mais l’interprète comme un « accident de parcours » (sic). Néanmoins, elle constate que les effectifs de 2nde ne sont eux-aussi pas très encourageants. Elle y voit le résultat de la mauvaise volonté de certains enseignants et de leurs organisations syndicales coupables, selon elles, d’avoir fait une mauvaise publicité pour cette série.

Le SNES a rappelé les conditions de la mise en place de cette réforme et de l’impossibilité de bien informer les familles d’enseignements dont eux-mêmes ne maîtrisaient ni les contenus ni les modalités. Il a demandé un retour aux travaux pratiques en atelier et une organisation des enseignements qui permettent aux enseignants de spécialités d’intervenir au niveau du tronc commun, celui-ci étant placé sous la responsabilité d’enseignants de spécialités différentes. C’est seulement dans ces conditions que l’enseignement de STI2D peut devenir attractif et que peut s’engager un véritable travail d’informations des familles. Le SNES a aussi réclamé un véritable engagement du Rectorat en direction des collèges pour mieux faire connaître et apprécier l’enseignement technologique industriel dans le cadre des procédures d’orientation.

• Organisation des enseignements

Concernant les enseignements d’exploration, les inspecteurs ont souligné que les enseignants de STI devaient intervenir en MPS.

Concernant l’enseignement de la technologie en Anglais, le Rectorat n’a pas donné suite à notre demande de prise en compte d’un temps de concertation pour les collègues assurant ces heures en co-enseignements.

• Carte des formations et suppressions de postes

Certains établissements sont durement touchés par les baisses d’effectifs et l’implantation de la STI2D y est de fait menacée. Cela pourrait donc avoir des conséquences dès l’année prochaine sur la carte des formations. Le Recteur s’est alors voulue rassurante car elle a affirmé sa volonté de consolider tous les pôles d’enseignement industriel, même ceux qui connaissaient aujourd’hui des effectifs très faibles. Il n’est pas question, as-t-elle assuré, de fermer une section sur un établissement.
Pour elle, évoquer de futures mesures de carte scolaire est « prématuré ».

Le SNES a rappelé qu’au contraire, le sujet était déjà la préoccupation de tous car, de fait, la mise en place de la réforme en Tale faisait disparaître 1/3 des enseignements technologiques ainsi que la physique appliquée, et ce, sans tenir compte des effets de la baisse des effectifs sur le nombre de divisions. De son côté, le Recteur s’est refusé à envisager des suppressions de postes en STI et préfère parler d’aménagement des règles des mesures de carte par pôle ( ???). Il n’a pas été possible d’avoir plus de détails sur le sujet .

• Formation des personnels

Le Snes a souligné que les formations proposées étaient inadaptées : en règle général, les supports d’enseignement doivent précéder la mise en place d’une réforme de fond et non lui succéder. Il y a de plus des gros problèmes de calendriers car les formations de spécialité, par exemple , commencent en janvier, 6 mois après le début des cours ! Il ne s’agit donc pas de formation mais de production de supports d’enseignement.
Les IPR se sont inscrits en faux et ont au contraire insisté sur l’investissement des personnels et sur la qualité de leurs productions. Il demeure cependant le problème de la reconnaissance concrète de cet investissement : le Rectorat propose une seule HSE hebdomadaire pour ceux qui ont suivi la formation l’année dernière et qui enseigne en STI2D cette année … Cette heure serait payée directement par le Rectorat et non par les établissements, après vérification à partir de novembre-décembre…. Les déplacements pour les regroupements d’enseignants en formation sont pris en charge par la DIFOR , qui a limité le nombre d’enseignants concernés à 90 ; pour tous les autres enseignants qui de leur propre chef souhaitent bénéficier de la formation , les frais restent à la charge des établissements ou des personnels.

Nous avons réclamé l’élargissement de la mesure à tous les personnels en formation l’année dernière, et attiré l’attention sur ceux qui, cette année, enseignaient en collège. Nous avons dénoncé le décalage d’une année pour les rémunérations, d’autant plus que ceux qui suivaient la formation ne pouvaient être assurés d’enseigner en STI2D l’année prochaine. Pour le Snes, ces mesures de compensation sont dérisoires et ne sont pas à la hauteur des enjeux. Il faudrait envisager des décharges de service pour ménager des personnels pressurés par cette avalanche de prescriptions institutionnelles.

• Le matériel

M. Lefau s’est félicité du retour de la confiance dans les relations entre le Rectorat et la Région. Un groupe de travail réfléchit en ce moment avec la Région aux équipements nécessaires et les IPR sont chargés de faire le bilan de ce qui existe dans les établissements. Une liste d’équipements sera ainsi donnée en janvier.

L’année prochaine, les formations intégreront les nouveaux systèmes achetés par la Région et ceux achetés par certains établissements, ont affirmé les IPR en justifiant l’absence actuelle de matériel adapté par des motifs pédagogique. « On a reculé l’achat de systèmes par choix méthodologique » a déclaré M. Terzi.

• Reconversions

M. Lacroix, secrétaire général, en charge des reconversions pour les STI, a informé le comité de la publication fin novembre de la circulaire concernant les procédures de reconversion.

Le SNES a réclamé un bilan précis des situations de reconversion à ce jour et une estimation du nombre de reconversion pour cette année. Il nous semble par ailleurs dommageable que la prise en charge des personnels en la matière soit limitée au cas par cas. Dans le cadre d’une réforme de fond, il faut une véritable politique des ressources humaines. On ne peut se contenter d’une gestion individuelle des problèmes.

• L’articulation entre la STI2D et les BTS, et plus généralement le supérieur

Selon l’inspection, la modularisation est conçue comme une adaptation des parcours de formation aux futurs STI2D. C’est aussi une solution pour sauver des BTS à faible effectif. Le Recteur y voit « une souplesse donnée par les référentiels » et poursuit en réaffirmant sa volonté d’ouvrir sur le pôle dieppois « un grand chantier » en faveur des formations post-bac. Elle s’appuie alors sur l’exemple du BTS ERO à Eu et veut démontrer par là sa détermination : « Même avec 2 inscrits, j’ai souhaité maintenir le BTS ERO pour accompagner les choix de développement industriel de la vallée de la Bresle ». Elle ajoute « en off » qu’il y a trop de BTS industriels à Dieppe, qu’il faut diversifier l’offre et évoque alors sa volonté d’ouvrir une classe préparatoire. Elle a précisé que les STI2D avait vocation a intégrer les classes de BTS même si le projet initial consistait davantage à les diriger vers les écoles d’ingénieur.

Le SNES a rappelé que ce n’était pas aux enseignants d’adapter les référentiels aux futurs modules. La méthode semblait donc bien étonnante…

Par ailleurs, le Recteur a annoncé un programme de rencontres avec les établissements supérieurs (IUT, INSA…) pour travailler les liens entre la voie technologique et les poursuites d’étude. Il y aurait aussi des réunions programmées avec le monde économique, pour élaborer des plans de formation en cohérence avec une politique territoriale de développement économique.

En conclusion

- Le Recteur a proposé la mise en place d’une « enquête de satisfaction » concernant la formation offerte aux enseignants.
- Elle propose la réunion d’un séminaire vers le mois de mai pour la formation et le développement de la filère STI2D.
- Elle prend acte de la demande du SNES concernant un bilan RH
- Elle programme une réunion de ce comité de suivi pour février afin de faire le point.