27 juin 2011

CATÉGORIES

Compte-rendu de la journée d’action du 23 juin - CIO de Lillebonne

Lors de la journée d’action du 16 juin dernier, après avoir appris les conditions dans lesquelles le CIO de Lillebonne devait intégrer la maison des compétences et la date du déménagement extrèmement précipité, l’assemblée générale des personnels a décidé de s’opposer à ce transfert.
L’analyse était partagée par tous : 11 personnes dans 3 bureaux, pas de salle de réunion dédiée, une salle de documentation commune avec des organismes de formation, la mission Locale, une cellule de reclassement pour des salariés licenciés, pas d’identification claire du CIO, absence d’information fiable concernant les conditions de cette intégration : quelle convention ? quelles contreparties ?

Ce transfert, dans ces conditions signifiait donc pour nous la disparition, la dilution du CIO dans un lieu ou les jeunes et les familles ne pourraient s’y retrouver, et ou l’exercice professionnel des collègues serait empêché.
En conséquence, ce 23 juin, dès 7h30, une quarantaine de copsy et dcio, accompagnés de parents d’élèves et d’enseignants se sont postés devant le CIO de Lillebonne afin de bloquer le déménagement.

Les revendications étaient simples :

• Arrêt immédiat des opérations, et moratoire d’un an pendant lequel le CIO est maintenu dans les locaux actuels.

• Ouverture de réelles négociations entre le Rectorat, l’équipe du CIO, et les représentants des personnels afin que toutes les hypothèses concernant le déménagement du CIO soient étudiées, que des garanties soient données quant au repect des missions prioritaires de conseillers d’orientation psychologues et du Directeur de CIO dans l’Education Nationale, que l’entité CIO soit préservée dans toutes ses dimensions et prérogatives.

Le maire de Lillebonne était présent, ainsi que son directeur de cabinet et 2 élus municipaux. D’autres élus (le député JP Lecoq, la conseillère municipale de Bolbec Céline Brulin et le maire de Caudebec en Caux Bastien Coriton, ne pouvaient venir mais ont apporté leur soutien au mouvement).
À 9h, les déménageurs arrivent. Nous ne les laissons pas passer ! L’ambiance est détendue : slogans, djembé, chants... Le rectorat, déjà présent dans les locaux depuis 7h15 en la personne de JG Adam, dépêche son « monsieur sécurité » sur place, ainsi que M. Demazières, directeur du cabinet du Recteur et Mme Benyahia, secrétaire générale adjointe.
Une délégation est reçue vers 10h30. Cette délégation se composait de tous les personnels du CIO de Lillebonne, (COPsy et personnels administratifs) accompagnés de 3 élus du personnel, et du maire de Lillebonne.
Comme nous en avions décidé préalablement, nous posons comme préalable à toute discussion l’arrêt des opérations de déménagement, ainsi que le moratoire d’un an, puisque le maire accepte de nous garder à titre gracieux dans les locaux actuels.

Refus de la délégation rectorale qui nous propose désormais non plus 3, mais 4 bureaux à la maison des compétences, et le maintien du rez de chaussée dans les locaux actuels (qui est à 3 km de distance) ! M.Demazières met aussi en avant le caractère vétuste du bâtiment et la configuration qui empêche de recevoir des usagers handicapés (ayant peut-être en tête le cahier des charges pour la labellisation ?)

C’est bien évidemment inacceptable. Nous mettons en avant le bricolage précipité du Rectorat, le flou autour de la convention engageant les personnels vis à vis de la MDC, la direction de cette MDC affirmant qu’il s’agit d’une convention de partenariat, qui est en cours de rédaction, le Rectorat affirmant qu’il s’agit d’une simple convention locataire bailleur sans contrepartie..... au départ, car il sera dit que la Convention est finalement en cours d’écriture, de quelle convention parle t’on ? Quelle improvisation !!!

Nous proposons de nouveau un groupe de travail sur l’avenir du CIO de Lillebonne, ce qui nous permettra de borner et préciser notre champ d’activité et les conditions matérielles indispensables si nous devions in fine intégrer la MDC.

Nous maintenons donc nos préalables et signalons que nous empêchons toujours le déménagement. Nous faisons un CR de la négociation aux collègues restés dehors, qui sont d’accord avec nos propositions. Nous le signalons à M Demazières qui observe que “ce n’est pas très poli” de faire cela par rapport au président de la communauté de communes qui dirige la maison des compétences, que le Recteur s’est engagé, que l’on ne peut revenir sur cet engagement, donc ce n’est pas négocialble.

Le Maire de Lillebonne appelle le président de la communauté de communes qui lui qu’il s’en « fout » (sic) !
Face à notre détermination et au soutien des élus locaux, M. demazières appelle alors le Recteur et nous fait une dernière propositon :

- arrêt des opérations de déménagement.

- maintien dans les locaux actuels pour un an.

- transfert à la maison des compétences dans un an.

- création d’un groupe de travail piloté par Mme Benyahia incluant des élus du personnel pendant cette durée sur les conditions du transfert.

Même si cette proposition ne nous satisfait pas entièrement car le transfert à la maison des compétences est maintenu dans un an, nous acceptons la proposition, dans la triple mesure où :

1- le déménagement précipité est annulé.

2- un groupe de travail permettra de négocier et donc de fixer ce que nous acceptons ou pas de faire à la maison des compétences, ainsi que les conditions matérielles d’accueil.

3- de trouver, pourquoi pas, d’autres solutions d’hébergement, en relation étroite avec la mairie de Lillebonne qui a réitéré « en off » son souhait de nous maintenir dans les locaux au delà d’un an. Leur poids auprès du Rectorat pourra être précieux dans le cadre de la négociation.

LA MOBILISATION D’UN GRAND NOMBRE DE COLLEGUES VENUS DE TOUT LE DEPARTEMENT A PERMIS DE FAIRE CAPOTER CE PROJET INACCEPTABLE POUR LES PERSONNELS (3 BUREAUX POUR 11, ET IMPROVISATION TOTALE DE L’ACCUEIL MATERIEL A LA MAISON DES COMPETENCES) ET NEFASTE POUR LES ELEVES ET LES FAMILLES.

D’autres combats sont encore à mener : le déménagement du CIO de Sotteville, les budgets catastrophiques, le remboursement des frais de déplacements en berne, la labellisation, mais une leçon est à retenir : lorsque nous sommes tous ensemble et déterminés, des avancées et des victoires sont possibles !

Pour les collègues présents le 23 juin,
David Coulon, François Bertaud, Marie-Agnès Monnier, élus du personnel SNES-FSU