Quid des conditions d’exercice de nos missions ?

Comment évoquer les missions d’une profession sans poser la question des conditions dans lesquelles elles peuvent s’exercer ? C’est bien dans ce dilemme récurrent que se débat le groupe de travail ministériel sur l’évolution des missions des CPE. Présentée en janvier, la première fiche métier n’était accompagnée que d’un semblant de fiche 2, censée porter sur les « perspectives de carrière ». Pour le deuxième GT du 12 mars, il n’y avait même pas de fiche 2, le MEN tenant pour acquis que rien n’est possible pour prendre en compte financièrement l’aggravation des conditions de travail ressentie par toute la profession. Au mieux est évoqué un alignement progressif des déroulements de carrière sur ceux des certifiés (hors-classe, indemnitaire, éducation prioritaire…). Si cette nouvelle est toujours bonne à prendre, le SNES ne l’entend pas de cette oreille et continue d’intervenir pour faire acter d’autres avancées. Un troisième GT est donc prévu pour cette fiche 2.
 

Quelles missions pour notre métier ?

Grâce à cette intervention du SNES sous forme d’amendements, la fiche 1 se dessine progressivement comme une déclinaison pour nos missions du référentiel de compétences pour la formation des CPE adopté l’an dernier. Il faut continuer à peser pour faire prendre en compte la relation à l’élève (le suivi individuel et collectif) comme cœur de métier mais la rupture avec les pressions manageriales de la dernière décennie parait en bonne voie. Si elle reste bien dans l’esprit éducatif de la circulaire 1982, cette déclinaison du référentiel développe plus précisément des responsabilités et missions, davantage identifiées et détaillées. La question qui suit désormais est celle de la faisabilité d’un métier aussi précisément défini. C’est bien pourquoi le SNES l’a toujours reliée à celle des conditions de travail, de sa durée (35 heures, toutes tâches confondues, qui devront figurer ainsi dans une future circulaire !), du cadrage de ses éventuels dépassements horaires.
 

Un CPE pour combien d’élèves ?

Mais plus que tout, la faisabilité du métier est étroitement liée aux conditions d’emploi : avec combien d’élèves à prendre en charge est-on en mesure d’avoir une intervention éducative efficace auprès des élèves ? Cette question n’a jamais été évoquée ni au ministère, ni dans les académies. A l’heure où la vie scolaire fait l’objet de sollicitations institutionnelles accrues, comment concevoir que la priorité ne soit pas à la création d’emplois dans les collèges qui en sont encore dépourvus ? Mais il y a encore et surtout des collèges dont la démographie explose et pour lesquels l’administration locale se refuse à entendre qu’il faut impérativement un deuxième emploi de CPE.
 

S’informer, donner son avis, participer !

Pour plus d’informations, nous vous renvoyons à la lecture du dossier sur le site national (www.snes.edu/Fiches-de-travail.html) . Depuis le début, seul à en faire une rubrique aussi complète, le SNES y publie les comptes-rendus, l’état des négociations et les amendements qu’il défend : prenez toute votre place dans ces débats et n’hésitez pas à donner votre avis (rouen@snes,edu) et à rejoindre le SNES-FSU pour peser dans cette étape cruciale pour notre métier !

Philippe GUINGAND, Responsable CPE du SNES-FSU Caen

Jean-marie BARBAZANGES, Responsable CPE du SNES-FSU Rouen