Lors du CTPA du 10 octobre, la délégation de la FSU dénonçait les insuffisances du budget 2003 et l’abandon de la priorité à l’Education. Force est de constater que les documents communiqués traduisent ce renoncement et augurent d’une rentrée 2003 difficile pour l’Académie.
Dans le second degré, ils annoncent la diminution de la dotation à hauteur de 141,5 ETP, dont 93 suppressions d’emplois. Les deux mille créations d’emplois programmées ayant été abandonnées, notre Académie est parmi les plus touchées par une logique de pur redéploiement des moyens, qui déshabille le Nord pour habiller le Sud. Nous ne souhaitons pas opposer les Académies et ne contestons pas la nécessité d’un rattrapage d’ailleurs modique pour certaines Académies du Sud qui en ont grand besoin ; mais nous remarquons que cette logique amène à diminuer les moyens des certaines des Académies les plus frappées par la grande difficulté scolaire et sociale, comme Amiens, Lille ou Rouen : les critères d’attribution des dotations devraient prendre en compte cette difficulté.
La diminution des heures supplémentaires et leur transformation en emplois, que nous avions revendiquées, obtenues et saluées dans les dotations des années précédentes, atteignent cette année leurs limites, faute de postes.

Nous ne nions pas la réalité de la baisse démographique, encore qu’elle se tasse cette année dans les collèges et dans le premier degré ; mais nous déplorons que l’occasion d’améliorer sensiblement les conditions d’étude des élèves n’ait pas été saisie : l’affichage d’un H/E en hausse de 0,009, dans la marge d’erreur des prévisions, ne compense même pas le coût des réformes engagées. La société demande aux enseignants une approche toujours plus individualisée des élèves, le Ministère s’est engagé pour une pédagogie plus personnalisée : mais cette approche a un coût que la dotation de cette année refuse d’acquitter.

Nous nous étonnons de voir par ailleurs qu’on envisage de s’attaquer aux moyens de remplacement de l’Académie en supprimant 7 ETP, alors que ces remplacements sont depuis longtemps mal assurés : considérerait-on vraiment que l’Académie est surdotée et que les élèves n’attendent pas assez longtemps le remplacement des collègues absents ?

Dans le premier degré, le constat est semblable : le retrait de 69 postes pour une baisse annoncée de 300 élèves, soit un poste pour 9 élèves (contre 58 postes pour 2300 élèves en 2002), risque de se traduire par la fermeture d’une centaine de classes et la remontée des effectifs par classe dans nos écoles, par une nouvelle dégradation des conditions d’accueil en maternelle ; aucun moyen nouveau n’est prévu pour le fonctionnement et la direction de l’école.

La rentrée 2003 sera-t-elle celle des suppressions de postes, y compris dans les zones difficiles, dans les collèges qui subissent l’échec scolaire et parfois la violence qu’on prétend vouloir combattre à tout prix ? Fermer une classe, supprimer un poste dans ces zones, c’est souvent casser une équipe, l’engagement des personnels dans un quartier : ce sont des économies qui risquent de se payer cher.

La FSU ne l’accepte pas et réitère sa demande d’un plan d’ensemble pour l’Académie de Rouen susceptible de lui faire rattraper ses multiples retards (réussite aux évaluations nationales, taux de passage troisième-seconde, taux d’échecs aux examens, nombre de diplômés dans le supérieur, sorties du système scolaire sans qualification, etc).

Les collègues, en grève le 17 octobre, les 40000 manifestants du 8 décembre ne l’acceptent pas non plus. Puisque le gouvernement s’obstine, ils seront de nouveau en grève, le 28 janvier, dans l’unité.

La FSU rappelle en outre son désaccord, déjà exprimé le 10 octobre, avec le projet d’Assistant d’éducation ; elle demande le maintien des postes de MI-SE et une amélioration de leur statut ; elle demande qu’aucun Aide-éducateur ne se retrouve au chômage en juin prochain. Surveillants et Aides-éducateurs seront de nouveau en grève, eux aussi, dès le 17 janvier.