Certains ont pu se féliciter d’une rentrée scolaire 2003 techniquement réussie. C’est faire peu de cas des nombreuses difficultés rencontrées par les collègues, et qui vont durer toute l’année scolaire. Comme d’habitude, cette rentrée a été le fruit de DHG étriquées qui n’ont offert aux équipes pédagogiques que peu de choix et qui laissent bon nombre d’enseignement dispensés en classes entières sans heures en groupes ou en dédoublements.
Nombreuses sont les classes de collège dont l’effectif avoisine les 30 élèves. On peut toujours arguer du fait que la corrélation entre l’effectif et la réussite des élèves n’est pas démontrée, tout chef d’établissement sait bien qu’en créant une division supplémentaire pour un niveau donné, il s’épargne des difficultés pour l’année suivante toute entière…
Que dire dans ces conditions des réelles possibilités de progression des élèves dans les apprentissages scolaires ? Que dire de classes ne disposant d’aucune heure en groupes en sciences et en langues vivantes ?

Cette rentrée a vu en collège la mise en place des IDD en 4e sans véritable évaluation de leur fonctionnement en classe de 5e. D’autre part, comment demander aux élèves et aux enseignants de s’investir dans un dispositif dont le Ministre lui-même, dès la pré-rentrée, évoquait le possible arrêt dès la fin de l’année scolaire ?
Et force est de constater, comme le notait Monsieur l’Inspecteur d’Académie lors du CTPD du 13 janvier 2003, que sur le terrain, parmi les dispositifs mis en place sous le label IDD, nombreux sont ceux qui n’ont plus grand-chose à voir avec le texte initial (absence de choix pour les élèves notamment).
Beaucoup de collègues, notamment en français, histoire-géographie, mathématiques, qui ne disposent plus que d’horaires amputés à l’occasion de la mise en place des IDD (sans modification des programmes) craignent de ne pas retrouver leurs horaires antérieurs si les IDD venaient à disparaître.

Cette rentrée est également difficile sur le terrain en raison du manque criant de jeunes adultes qui, ces dernières années, avaient apporté une contribution importante à la bonne marche des établissements. Avec le départ des emplois-jeunes, très souvent non remplacés par des assistants d’éducation, ce sont de nombreux foyers qui ne fonctionnent plus, de nombreux CDI et salles informatiques qui n’offrent plus aux élèves un accès aussi souple aux ordinateurs pour leurs recherches.
Comment un Ministre peut-il sérieusement prétendre s’attaquer aux incivilités et à la violence, et dans le même temps diminuer de plusieurs milliers le nombre de jeunes adultes qui contribuent justement à la qualité de la vie scolaire dans les établissements ?
Par ailleurs, les personnels ont été partout choqués de l’attitude de l’administration, qui a reconvoqué les CA depuis juin jusqu’à obtenir un vote positif pour le recrutement d’assistants d’éducation. Quelle admirable leçon de démocratie !
Et maintenant, c’est ce statut d’assistant d’éducation, que nous avions fermement combattu au printemps dernier, qui dévoile ses ressorts pervers : avec le recrutement par le seul chef d’établissement, des enfants de personnels de direction ont été bizarrement engagés (quid de la priorité aux étudiants sous conditions de ressources ?) ; avec la clause de période d’essai, on a commencé à observer des tentatives de licenciement abusif… Sans parler des formations toujours pas mises en place par le Rectorat…

Le budget de l’Education Nationale qui vient d’être voté est réellement inquiétant : un affichage de hausse, qui ne trompe personne, cache mal une réelle baisse, telle qu’on n’en avait pas vu depuis fort longtemps. La rentrée prochaine ne pourra pas se dérouler de façon satisfaisante.
Le SNES est en particulier très inquiet de la volonté affichée par le Ministère de supprimer les TZR et de ne plus se donner les moyens d’assurer des remplacements de qualité par des personnels titulaires qualifiés. Le SNES condamne cette politique, qui traite les problèmes sous un angle uniquement budgétaire.
A l’heure où toutes les études prospectives affichent comme résultats convergents la nécessité d’une nette hausse des qualifications à l’horizon 2010, et où la pénurie de candidats aux concours de recrutement de l’Education Nationale se fait de plus en plus sentir, une toute autre politique avec un investissement éducatif à la hauteur des enjeux serait nécessaire pour le pays.

Le grand débat annoncé par le Ministre, quant à lui, semble fort mal engagé puisque sans attendre les conclusions des nombreux échanges qui doivent avoir lieu, MM. Ferry et Darcos viennent de faire adopter un budget qui supprime encore des milliers de postes dans le second degré et qui ne crée aucun poste d’infirmière, d’assistante sociale ou de médecin scolaire, dressent auprès des médias un portrait caricatural du système scolaire en occultant certains difficultés réelles ou au contraire certaines réussites, livrent en pâture à la population des projets comme la bivalence ou le port de la blouse, le développement de l’apprentissage et de l’alternance , de nouvelles mesures de décentralisation pouvant aller jusqu’au recrutement des professeurs par les régions et une autonomie accrue des établissements qui renforcerait encore les inégalités scolaires……