16 novembre 2009

ACTUALITES

Déclaration FSU au Comité Technique Paritaire 76 du 17 nov. 2009

Extrait de la déclaration (partie collèges).

Dans les collèges, la rentrée s’est déroulée comme nous l’avions prévu : de nombreux élèves ont dû se passer, ici de professeur d’anglais, là de professeur de technologie. Il a fallu attendre le CTPA du 21 octobre pour entendre Madame le Recteur reconnaître qu’à la hâte, le Rectorat recrutait de nouveaux contractuels par dizaines pour compenser les suppressions de postes de remplaçants. Les syndicalistes n’avaient donc pas eu tout à fait la berlue.

Au sujet de l’assouplissement de la carte scolaire, nous vous avons toujours mis en garde, Monsieur l’Inspecteur d’Académie, quant à un risque d’accentuation des disparités entre établissements. Nous vous avons, à de multiples reprises, demandé un bilan précis des flux, établissement par établissement, afin d’examiner de près les données, pour les confronter à nos informations certes partielles. Toujours rien sur ce sujet dans les documents préparatoires à ce CTPD. Ne pas communiquer ces données aux représentants des personnels, démocratiquement élus, n’honore pas la Centrale et ses services. Quel intérêt d’ailleurs, puisque la presse nationale s’est largement fait l’écho du récent rapport de la Cour des Comptes sur le sujet, tout simplement accablant. Selon ce rapport, l’assouplissement de la carte scolaire a accentué la ghettoïsation des établissements et les phénomènes d’évitements, notamment dans les réseaux ambition réussite, bien mal nommés. Selon la Cour, sur les 254 collèges ambition réussite, 186 ont perdu des élèves, à la suite de cette mesure. L’académie de Rouen et le département de la Seine-Maritime seraient-elles les uniques exceptions à ce bilan ?

Lorsque même le nombre d’élèves par classe selon les établissements devient une statistique à ne pas divulguer, il est permis de s’interroger sur la santé du système éducatif et sur son pilotage.

La réalité, Monsieur l’Inspecteur d’Académie, est que dans de nombreux collèges, les collègues sont de plus en plus découragés. Désormais, plus aucun cours, excepté parfois en SVT/Sciences Physiques/Technologie, n’a lieu autrement qu’en classe entière. Parallèlement, la disparition complète des redoublements et l’absence d’autres solutions place les enseignants en grande difficulté pour contrer l’inexorable effondrement des élèves les plus fragiles. L’impossibilité manifeste, dans les conditions actuelles, de satisfaire l’injonction sociétale de faire réussir tous les élèves, place les personnels dans un état de stress qui devient alarmant.

En ZEP et parfois ailleurs, les enseignants peuvent être quotidiennement insultés par des élèves. Les chefs d’établissements, relais plus ou moins volontaires de pressions rectorales, tentent avec un zèle variable de mettre en place l’avalanche de réformes mal pensées. Afin d’atteindre les objectifs qui leur sont assignés, certains croient que la solution consiste à multiplier les réunions le soir, épuisant les équipes. Dans les conseils pédagogiques, les enseignants constatent que tout est décidé d’avance. Pour avoir un emploi du temps acceptable, conserver un projet, compléter un salaire qui n’en finit pas de décrocher le pouvoir d’achat ou encore éviter une suppression de poste, certains professeurs finissent par céder et accepter des HSA. L’obsession de l’absolue continuité du service public conduit certains principaux à des choix aberrants, comme des limitations de sorties scolaires, des remplacements à l’interne pédagogiquement incohérents. Les tensions qui en résultent dans les équipes peuvent être destructrices. Comment les élèves pourraient-ils ne pas en pâtir in fine ?

Ces informations, Monsieur l’Inspecteur d’Académie, échappent bien entendu à vos indicateurs de pilotage. Ils ne peuvent non plus vous être transmis par les personnels de direction, ultime maillon hiérarchique chargé de mettre en œuvre les réformes ministérielles. La culture obsessionnelle de l’évaluation chiffrée revient à nier le facteur humain, suprême erreur quand on parle d’Education, c’est-à-dire de travail de l’humain sur de l’humain…

Il faut cesser de jouer avec le feu, avec la santé des personnels, l’avenir des élèves. L’Education n’est pas un coût mais un investissement.

Monsieur l’Inspecteur d’Académie, nous vous prions instamment de communiquer ces constats à la Centrale. Comme nous l’avons vu plus haut, nos analyses du système éducatif s’avèrent parfois justes…