Collèges de FORGES LES EAUX / GOURNAY et BUCHY session 1 les 4 et 5 JANVIER

Collèges de LOUVIERS, Session 1, les 4 et 5 janvier

Collèges du NEUBOURG, de BEAUMONT LE ROGER et de BRIONNE Session 1, le 5 janvier

Collèges du NEUBOURG, de BEAUMONT LE ROGER et de BRIONNE Session 2, le 6 janvier

collèges de LILLEBONNE, session 1, le 5 janvier

Collèges du HAVRE, 1er groupe, session 1, 7 janvier 2016

collèges des ANDELYS et de ST MARCEL, session 1, les 7 et 8 janvier

Collèges d’ÉVREUX et DAMVILLE session 1, le 8 janvier

Collèges d’AUMALE, de ST SAENS et de NEUFCHATEL, session 1, le 8 janvier

Collèges de VERNON - Session 1 - les 7 et 8 janvier

Collèges du HAVRE le 11 janvier

Collèges de GRAND-QUEVILLY et OISSEL - Session 1 le 11 janvier

Collèges d’ÉVREUX et DAMVILLE session 2, le 11 janvier

Collèges de CRIQUETOT L’ESNEVAL ; RONCHEROLLES - BOLBEC, session 2 le 12 janvier

Collèges de BERNAY, la BARRE EN OUCHE et BROGLIE – le 11 janvier

Formation réforme LILLEBONNE et NOTRE DAME DE GRAVENCHON, 3e groupe, lundi 11 janvier

Compte-rendu des deux journées de formation « Réforme du collège » des 29 février et 1er mars 2016 au CLG Pierre Mendès France de Val-de-Reuil

Collèges de FORGES LES EAUX / GOURNAY et BUCHY session 3 le 3 mars

- Collèges de FORGES LES EAUX / GOURNAY et BUCHY session 1 les 4 et 5 JANVIER

La formation sur la réforme s’est terminée si on peut considérer qu’une formation en quoi que ce soit ait eu lieu...
Difficile de résumer les échanges nombreux et parfois…vifs. Sinon, on peut retenir :

1er jour

- un comité d’accueil de 9 personnes (3 principaux, 2 IPR, 2 formatrices et 2 IEN).

- Présentation rapide du contexte de la mise en œuvre de la réforme. Intervention de la salle sur les modalités autoritaires de convocation, les probèmes posés par la réforme. Il y a alors un échange nourri et vif sur une foule de question pendant 1h1/2 venant des collègues de Buchy et de Forges. Tout y passe : situation des TZR, collègues d’Allemand, de latin, inégalités entre établissements… Très peu de réponses en face si ce n’est que « tout est possible avec les heures marges », « vous aurez le choix » etc. Rien quand on évoque la charge de travail, l’absence de temps de concertation, les intentions affichées complètement utopiques et inadaptées au fonctionnement des établissements sur le terrain… réponse de type langue de bois, esquive, circonvolutions pour ne pas répondre ; car en effet il n’y a rien de prévu en terme de moyens.

Intervention d’une principale qui insiste sur l’urgence de s’inscrire dans les projets en vue de la DHG et de s’associer aux chefs d’établissements.

Les collègues ont évidemment réagi et argumenté pour montrer que rien ne pressait… et insisté sur le « miroir aux alouettes » des heures marges, avec par exemple des simulations concrètes d’établissement qui le prouvaient.

L’IPR souligne que les professeurs sont des cadres A experts dans leur domaine. Le lendemain en fin de journée, il se contredit en affirmant qu’en tant que fonctionnaires, nous sommes des exécutants et que nous avons le devoir d’appliquer la réforme.

- Départ des « autorités » ; ne restent que les formatrices. Poursuite des questions : l’ambiance est assez tendue, les échanges vifs.
Et puis : travail par atelier.
Et là, vide intersidéral : consigne vague, 2 photocopies prétextes comme documents. Et allez-y, monter vos projets pour mettre en place la réforme.
Réaction variée des établissements : à Buchy les collègues sont révoltés et décident de ne rien faire. Quelques réactions bien appuyées de quelques collègues de Forges.
Finalement les autres semblent ne rein faire non plus et beaucoup tentent de comprendre les EPI, AP etc.

- Après-midi : aussi vide : aucune proposition préparée des formateurs ! RIEN. C’est le bazar, les collègues sont dégoûtés, le font savoir en exprimant leur indignation devant l’indigence du contenu. C’était tout simplement inadmissible et méprisant. En réalité, ce fiasco montre le bricolage de cette formation et de la réforme qui va avec.

Des collègues en fin de carrière disent qu’ils n’ont jamais vu de formation aussi vide et inefficace.

Haut de la page

2e jour :

- Présentation d’un projet d’EPI rapidement bricolé après le tollé de la veille. Rien de nouveau sous le soleil. Comme on se tue à le dire depuis la 1re heure de formation, les projets pluridisciplinaires, la diversité des pratiques pédagogiques, le travail en équipe… On connait ! Pas la peine de le brandir comme la nouveauté du siècle, ni d’infantiliser les enseignants avec l’intérêt des élèves. Atelier élaboration de projets. C’est-à-dire RIEN à nouveau.

Aucune réponse n’est apportée concernant l’évaluation des EPI, question pourtant concrète et cruciale quand on sait qu’il est prévu une épreuve orale au brevet !

- Après-midi : une formatrice présente des modalités d’évaluation alternatives, des propositions de travail dans sa matière et dans sa classe. Quelques idées, mais surtout le sentiment de se voir servir des modèles de pratiques pédagogiques telles que les réclament l’ institution et les courants de pensée qui l’irriguent. Et puis une superbe vidéo de 5mn d’une classe belge où de merveilleux enfants travaillent en parfaite symbiose, autonomie et coopération. Pourquoi pas ? En tout cas, cela ressemble à un clip publicitaire ! Sinon, le ton est péremptoire voire méprisant.

- Retour de l’IPR du BEF pour un mot de remerciement aux formatrices pour le travail délicat (sic) et… il dévoile le côté obscur de la réforme : sa conviction d’un changement de paradigme et de conception de notre métier (cf les cours ludiques, la classe inversée, les modes d’évaluation précédemment présentés) et l’évolution nécessaire de notre statut en terme d’horaire et de discipline. Puis retour des remarques appuyées de la part de collègues de Forges et… quelques unes de ceux de Gournay qui ont compris et découvert après ces 2 jours l’ampleur de ce qui les attendaient !!

Les échanges sont très virulents. A la remarque de collègues qui soulignent que la rentrée est dans 8 mois et que rien n’est abouti, l’IPR reporte la faute sur les syndicats et les accuse de ne pas avoir porté la parole des professeurs !

Tollé dans la salle, les collègues rappellent le refus du ministère de recevoir l’intersyndicale.

Les collègues de Buchy terminent pour dire leur exaspération sur l’absence de réponse : temps de concertation, rémunération, charge de travail qui s’accroît mécaniquement du fait des nouvelles prescriptions etc. Aucune réponse de l’IPR dépassé par les arguments et la tournure de la formation qui n’a plus qu’une hâte, c’est de clore la formation.

La journée se finit très mal, l’IPR ne peut plus répondre à aucune question, il est excédé et son attitude devient fuyante. A des collègues restés à la fin de la journée qui lui demandent si les questions et les protestations seront remontées, il affirme que oui et qu’il s’y attendait.

Les collègues qui étaient les plus modérés ressortent dégoûtés par l’amateurisme et le mépris qu’ils ont subi.

Résultat, du temps de perdu, beaucoup de colère, d’amertume, de désœuvrement. Par moments, la formation tournait presque en « heure d’information syndicale informelle ». Car les interventions critiques permettaient d’ouvrir les yeux au moins informés.

Haut de la page

Collèges de LOUVIERS, Session 1, les 4 et 5 janvier

A Louviers, les collègues sont sortis plus opposés encore à réforme !

Le premier jour, 3 IPR en comité d’accueil, dont 2 ne représentent des disciplines enseignées seulement en lycée.

Une déclaration est lue (écrite par les collègues des 3 collèges), des questions sont posées auxquelles il n’est apporté aucune réponse si ce n’est "on sait bien"

La journée est catastrophique et à peine préparée. les collègues sont très rapidement mis en groupes pour remplir des fiches et produire du travail. Ils refusent de participer : corrigent des copies, lisent des romans.

Ceux d’un des trois collèges finissent par quitter la formation alors qu’une des formatrices disparait.

La 2e journée est sur l’AP. Elle démarre par un discours du principal venant "disputer" les enseignants pas assez "sages".

En sortant, une collègue conclue la journée par "je ne sais toujours pas ce qu’est l’AP". Les réponses aux questions sont toujours "ca dépend", "je ne sais pas"... Un seul ilot travaille ! (celui de la formatrice). Les autres continuent les activités de la veille et les pauses se multiplient.

Les formateurs passent des petites videos avec des exemples de travail à produire parfois bien décalées : un exemple d’AP dans une classe de Terminale à 16, par exemple !

La feuille d’émargement devient une feuille de flicage puisqu’une ligne "fin d’après-midi" est ajoutée.

Haut de la page

Collèges du NEUBOURG, de BEAUMONT LE ROGER et de BRIONNE Session 1, le 5 janvier

Titre au tableau « L’interdisciplinarité et la démarche de projet – Quelques principes »

Les formateurs sont deux IPR et une chef d’établissement :

Propos inauguratifs :
« Que vous soyez pour ou contre, sachez que vous avez devant vous des formateurs. Ce que je vous demande c’est une neutralité bienveillante. Ils sont convaincus du bien-fondé de l’interdisciplinarité. Je vous demande de prendre du plaisir pendant ces journées de formation...et de réserver vos récriminations soit à mon égard soit au troisième trimestre lors des formations disciplinaires ».

Parmi les réponses aux questions des collègues :
« Cette réforme c’est la suite de 2005. L’objectif de la formation est de vous donner des clés et des outils pour mettre en place la réforme dans vos établissements pour vos élèves. Je pense que les EPI, l’AP se font déjà dans les établissements. »

« Pour les TZR, c’est sûr que ça va être difficile. Cette difficulté est inhérente au poste de TZR. »

« La réforme a été votée à l’assemblée nationale. Nous sommes des fonctionnaires de l’État. Si on se sent trop en désaccord avec les choix de l’État, il faut en tirer les conséquences et faire les choix qui s’imposent. Notre devoir c’est de la mettre en application au mieux pour nos élèves. »

[Au-delà du coté sont purement scandaleux de ces propos tenus par un chef d’établissement, notons que cette réforme n’a jamais été votée à l’AN et qu’un décret et une loi n’ont pas vraiment les mêmes statuts législatifs]

Remarque d’une collègue sur élèves sacrifiés (ceux qui vont voir la mise en place de la réforme).

Question : Pourquoi changement des quatre années ?
« C’est dans la logique du cycle. »
« Les programmes ne sont pas révolutionnaires. Pour les lettres par exemple, ce n’est pas le fond qui change mais l’entrée dans les programmes. »

Remarque sur charge de travail.
« Toute réforme demande du travail en plus. »

Remarque sur manque de moyen : 4 programmes, travail en interdisciplinarité, plus de compétences mais pas plus d’heures de cours !
« Le plus grand nombre de compétences s’explique par rapport au découpage par cycle. »

Question : Qu’en est-il d’un élève qui déménage ? Il va rencontrer des difficultés !
« C’est déjà le cas aujourd’hui. »
Oui, mais moins de décalage car programme par année actuellement !

Question : Qu’en est-il des élèves de SEGPA ?
« 6e = année de passage, la 6e SEGPA existe encore. Cela laisse la possibilité de repérer les élèves de 6e en très grande difficulté, de leur faire passer les tests, faire des stages de découverte en SEGPA, afin qu’ils intègrent éventuellement la 5e segpa. »
Mais si on a déjà 16 élèves en 6e, il n’y a plus de place ?
« Sans doute que vous aurez des moyens supplémentaires. »

Question : Que deviennent les bilangues 6e, 5e, 4e ?
« La bilangue n’existera plus. »
Donc les 6e bilangues actuels vont se retrouver avec les 5e débutants ?
« Oui, peut-être, j’en sais rien. On n’y a pas réfléchi. Au lycée, ça se passe déjà comme ça quand ils commencent une troisième langue. »
Un des IPR et la chef d’établissement partent à 10h30

Haut de la page

Présentation de l’interdisciplinarité

Enjeux : difficultés car concentration volatile des élèves, programme vaste, hétérogénéité.

Trois modalités :

– enseignement commun : « j’apprends »

– enseignement personnalisé disciplinaire : « je consolide »

– enseignement pratique interdisciplinaire : « je mobilise ».

« Sur la théorie, on est tous d’accord mais je suis consciente des difficultés de la mise en place qui ont été soulignées tout à l’heure. Cet après-midi, nous verrons comment mettre en place, au mieux, dans vos établissements la réforme. »

- Il faudra faire par exemple des groupes de niveaux.

Remarque : la marge n’est pas assez importante !

« Je sais, je sais. »

Question : « Je suis professeur documentaliste, je n’ai pas de programme, je n’apparais pas dans la DHG. Comment je m’inscris dans la réforme ? »

« Je ne réponds pas à votre question et j’en suis désolée. Je n’ai pas la réponse. »

Exemples d’interdisciplinarité

– Lettres/histoire-géo 5e : écriture d’un conte qui se déroule à Rouen (avec sortie à Rouen).
– LCA (dans un établissement qui n’a plus prof de latin depuis 2 ans) par collègues de français, histoire et arts plastiques : le Moyen-Age (Question : lien avec l’Antiquité ? Les élèves vont travailler sur le manuscrit en latin), l’image du comédien (acrobate : EPS).
– SVT/EPS : rythme cardiaque étudié en SVT/ course de demi-fond.

Il faut que l’élève ait un classeur (comme histoire des arts) avec les différents parcours d’EPI.

Remarque : On nous demande de travailler sur des idées d’enseignements interdisciplinaires mais l’équipe du collège n’est pas au complet

Question : exemple interdisciplinaire d’éducation à santé : donc CESC disparaît ?

« je ne sais pas. »

Remarques de collègues sur difficulté de mise en place : « on continue à avancer quand même » déclare la formatrice en continuant à faire défiler les exemples.

« Les thématiques (des E.P.I.) sont larges, on y met ce qu’on veut. »

Question : Comment va se passer l’évaluation des EPI au DNB ?

« On ne sait pas encore si seuls les EPI de 3e seront évalués ou les autres. Ce sera un oral, sur 50 points sans doute. » Réponse floue ! On n’a pas encore d’infos...

« L’histoire des arts alimente un E.P.I. ».

Questions : Que devient l’option DP3 ?
Recyclée en EPI.
Mais, pourtant, EPI sur une classe donc moins d’élèves seront touchés puisqu’il n’est pas question de rassembler dans une même classe les élèves DP3.

Réponse : « Je me sens impuissante à répondre à vos questions ».

Haut de la page

Bilan

On n’a pas eu de réponses claires à nos questions car ce n’était apparemment pas l’objectif de la journée ou que les formateurs n’avaient pas les réponses.

Les fois où on nous répondait, c’était pour nous rassurer : « vous savez faire », « vous le faites déjà »...

On a quand même eu droit à une réponse brutale qui finement nous incite à démissionner !
On nous a présenté l’interdisciplinarité et ses vertus. On en était déjà convaincu mais on ne nous a pas vraiment parlé de la mise en œuvre. Des exemples ont été présentés mais sur le fond (contenu, compétences visées), pas sur la forme (concrètement, quelle organisation ???).

Beaucoup de jargon pédagogique...

L’après-midi, on nous a proposé de réfléchir à des projets d’E.P.I. à partir de nos pratiques. Nous nous sommes réunis pour faire un bilan de la réforme.

Bilan de la première journée par collègues du Neubourg

Collèges du NEUBOURG, de BEAUMONT LE ROGER et de BRIONNE Session 2, le 6 janvier

La formation a démarré par une présentation d’IPR. Etaient présents deux IPR (une étant formatrice), deux chefs d’établissement et une IEN 1er degré en formatrice.

La déclaration liminaire a été lu au nom des collègues de Beaumont. Elle a été applaudie par la salle.

Il y a eu un échange pendant moins d’une heure sur des questions générales avec beaucoup de renvois à d’autres moments pour les réponses.

La formatrice a souvent voulu rappeler que la formation devait être pédagogique sur interdisciplinarité et pas sur la réforme. Mais les collègues ont réclamé des réponses concrètes aux problèmes que posent la mise en place de ces dispositifs et sur les conséquences pour les élèves, les disciplines et nos conditions de travail.

Nous avons donc appris aujourd’hui que travailler par projet et en interdisciplinarité, c’est bien. Et qu’il faut le généraliser. Les mises en place concrètes, c’est à voir plus tard.

Il ne faut pas entrer par dispositif mais, ce que l’on fait actuellement, on le change que légèrement et c’est un EPI. Le nombre d’EPI par élèves, le nombre d’heures, on verra cela plus tard…

«  Il y a le décret et ses champs des possibles. Et il y a le terrain. »

Formatrice. EPI : "Vous ne l’acceptez ou ne l’acceptez pas, mais mon rôle est de vous montrer que le dispositif est souple."

"Le but n’est pas de faire des projets formidables, ambitieux…"

Beaucoup de question, beaucoup de tension, annonce précoce de refus de faire des ateliers mais de présentation claire et concrète d’EPI. Donc pendant le temps d’atelier, aucun travail sur les EPI n’est fait. La formatrice a exigé un travail de construction d’EPI en disant que sinon elle remontait son exemple de la plénière et qu’elle arrêtait là.

Du coup elle est allée chercher le proviseur pour répondre à des questions.

Les collègues des 3 établissements ont écrit cette déclaration finale :

Les enseignants présents le 07/01/16 à la formation sur la réforme du collège remercient les formateurs pour avoir tenté d’expliquer cette réforme. Nous regrettons que de nombreuses questions posées n’aient pas eu de réponses et soient trop souvent renvoyées dans d’autres lieux. Nous regrettons que les représentants IPR ou chefs d’établissement soient partis très tôt dans la matinée.
Cette journée nous conforte dans notre opposition à cette réforme.

Haut de la page

collèges de LILLEBONNE, session 1, le 5 janvier

La réunion débute par la présentation du chef d’établissement et de l’IPR chargé de la réforme pour notre secteur. Ils aborderont l’aspect institutionnel et laisseront le soin aux deux collègues formateurs de travailler avec nous sur l’AP.

Nos supérieurs hiérarchiques se lancent dans un jargon de haute envolée et qui respire les phrases passe-partout. Morceau choisi : « mettons en synergie tout ce qui peut être mené » ou encore « les programmes sont soclés » (participe passé du verbe socler je présume).

Une collègue dans l’assemblée précise que dans son établissement aucun IPR n’est venu présenter la réforme. Sans hésiter, l’IPR et le chef d’établissement se lancent dans une explication de la réforme. L’un dégaine une clé usb et l’autre s’en va chercher sa DHG fictive. Les questions fusent et font ressortir tous les aspects qui montrent que la réforme est bancale. Le chef d’établissement ne sait plus comment calculer la marge (2,45h ou 2,75h par division). Nous assistons un peu atterrés au fait qu’un CE puisse penser que 2h3/4 se traduisent par 2,45 h !!!!

On apprend que les collèges deviennent des lieux d’attraction qui doivent se vendre. A ce titre le CE nous explique qu’il va utiliser la marge pour financer une classe horaire aménagé, cela constitue une plus-value. Nous entendrons peut-être un jour des publicités à la radio dans le style : « Parents, votre enfant aime le sport ? N’hésitez plus, rejoignez notre collège » !!!).

Les dotations complémentaires seront supprimées, tout devra être pris sur la marge (visiblement, tous les CE n’ont pas la même vision des choses, ce qui laisse supposer en haut lieu une grande confusion).
Les EPI sont abordés et présentés comme un élément phare de la réforme. Les arguments de séduction sont difficiles à accepter. Par exemple, si tous les élèves font un EPI langues anciennes, cela déclenchera des envies pour devenir latiniste, davantage d’élèves seront concernés. Tu parles !

La réforme, grâce à la marge, permet de l’autonomie, d’adapter l’établissement à la réalité du terrain. L’éducation semble donc devenir de moins en moins nationale, c’est désormais une confirmation.

Moment exquis : l’enseignement scientifique en 6e.Le CE est favorable à ce que des professeurs de SVT puissent enseigner en techno par exemple. Mais l’IPR montre son désaccord.

La fantaisie est également à l’ordre du jour : les professeurs documentalistes pourront intervenir dans l’AP. On les place où dans les DHG ?
On nous annonce que les élèves auront 26 heures de cours par semaine. Une collègue demande quel est l’horaire actuel pour chaque niveau. Le CE et l’IPR ne savent plus !!!!!

Constatant que les questions se font de plus en plus précises et embarrassantes, on assiste à un concours d’arguments évasifs : « si vous êtes une équipe qui s’entend, cela marchera pour l’AP ».
Le temps de concertation est enfin abordé pour mettre en place l’AP et les EPI. L’IPR commence à nous parler de réforme globale et de réflexion sur l’évaluation mais on ne voit pas le rapport sur la concertation. Alors, le CE passe à l’action, un tantinet énervé. Il nous explique que la concertation est dans nos missions, c’est une obligation de service. Zut, on a échappé aux 1607 heures, on y était presque !

L’assemblée a failli sortir les mouchoirs lorsqu’on nous annonce que le collège doit être réformé puisque les enfants d’ouvriers ne réussissent pas. Il faut changer les choses. Nous en déduisons que les EPI et l’AP, que la perte de contenus disciplinaires conduiront 30% d’enfants d’ouvriers dans les grandes écoles.

Une phrase est à retenir pour symboliser le haut niveau d’échange : « Vous vous voyez comme des profs, pas comme des élèves ». FANTASTIQUE.

La question des moyens est abordée. Le CE nous explique que le CRED peut nous aider. Là, on commence à toucher le fond puisque confondre dotation du ministère et dotation départementale relève de la prouesse.

Un collègue, excédé, met fin au débat et souligne que tout cela est de la langue de bois, qu’il y a un manque de moyens et que l’on nous vend une réforme en faisant de l’enrobage.

Départ de l’IPR et du CE après 1h30 de débat peu convaincant.
Les formateurs entrent en jeu et nous répètent à l’envi de nous emparer du projet. Chaque établissement étant différent, aucune réponse ne sera abordée concernant les moyens alloués à l’AP. On ne sait pas grand-chose non plus sur le rôle des SEGPA.
Nous faisons un tour de table sur nos expériences en AP. Tout est bien écrit au tableau mais au final on ne se servira jamais de ce qui est marqué.

L’après-midi est consacrée à un travail en groupe par disciplines. Un ennui terrible. Nous refusons de participer. Les collègues qui se sont prêtés à l’exercice affichent leurs travaux mais il n’y a pas d’échange.
Au total, pas de réponses à nos questions sur la mise en place de la réforme, et une pauvreté dans le contenu pratique. Et dire qu’il faut remettre le couvert dans quelques jours…

Haut de la page

Collèges du HAVRE, 1er groupe, session 1, 7 janvier 2016

La réforme du collège BEF Le Havre, évolution des pratiques pédagogiques : AP, EPI…

Cette première journée de formation s’est déroulée en deux temps. Nous étions une quarantaine de stagiaires. Deux formateurs, de l’agglomération rouennaise, Un IPR (d’espagnol).
La matinée fut consacrée dans un premier temps à une présentation institutionnelle sommaire des grandes lignes de cette réforme et de sa nécessité, insistant notamment sur les EPI et la pluridisciplinarité, d’une durée d’à peine une heure. Puis, dans un second temps, ayant répondu à un questionnaire des formateurs sur les attentes des uns et des autres, les stagiaires ont été séparés en divers groupes afin de réfléchir essentiellement aux EPI, suivant deux axes : - des questionnements sur leur mise en place et leur fonctionnement ; - la création d’EPI et /ou l’observation d’exemples d’EPI (réalisés à Bordeaux). Dans cette section, l’un des formateurs, n’ayant même pas attendu que toutes les personnes concernées soient là, n’a fait que mettre sur la table des modèles d’EPI (en nombre insuffisant pour chacun, d’ailleurs) puis est parti rejoindre l’autre groupe !!?

Après le déjeuner, un bref bilan de la matinée, d’une vingtaine de minutes, nous a été proposé, à l’issue duquel (et pendant lequel) de nombreuses questions des professeurs stagiaires ont traduit leurs craintes et leurs inquiétudes voire leurs incompréhensions concernant notamment l’enseignement privé, (dont les formations leur ont été refusées !) la finalité des EPI (non réellement choisis par les élèves) et leur évaluation (par exemple EPI faits en cinquième et évalués en troisième ?)
L’atmosphère est devenue un peu plus houleuse concernant les heures d’AP, prises elles-aussi sur les heures matières, privant les élèves d’heures d’enseignement matières selon les alignements, ou non de ces AP, faites ou non sur des groupes de besoins ou de niveaux, en classe entière ou non ? Avec le professeur de la classe ou non ? etc.
Leur a été rétorqué que la souplesse et l’autonomie des établissements permettraient de ne pas tomber dans ces écueils et qu’il ne fallait donc pas considérer ces heures comme une perte mais comme « un plus » car construit autour de compétences transversales !!!
La conclusion des professeurs stagiaires, se résume en cela : « alors, les élèves d’un même niveau n’auront donc pas forcément tous le même nombre d’heures de français ou de mathématiques ou d’histoire-géographie, etc. selon que l’AP sera faite par les uns ou par les autres. La réponse d’un des formateurs à la question d’un professeur stagiaire a provoqué une sidération quasi générale :
« Mais ça ne te dérangerait pas de n’avoir que deux heures d’histoire- géo au lieu de trois avec tes élèves ? »
« Non, ça ne me dérangerait pas. »
Cette discussion n’aboutissant en définitive qu’à montrer que les arguments émanant d’inquiétudes pragmatiques des uns, ne se heurtaient qu’à la réponse en leit motiv des autres.

Une nouvelle répartition en six groupes cette fois-ci fut offerte aux professeurs stagiaires.
- A nouveau les EPI : 1. construire un EPI ;
2. Etudier des exemples d’EPI ;
3. L’évaluation des EPI
- Sur l’AP : 4. Comment évaluer les élèves de 6e pour mettre en place l’AP ;
5. Idem pour les 4e et 3e
6. Une question ouverte sur nos besoins et nos interrogations.

Évidemment la mise au travail souhaitée ne s’est pas faite, hormis pour quelques-uns (quatre professeurs poursuivant leur création d’EPI sur le thème : Interview d’un skipper) et l’après-midi s’est soldé par des conversations impromptues entre professeurs stagiaires sur leurs réelles inquiétudes et leur incompréhension de cette réforme.

Le sentiment qui en résulte est celui d’une impréparation des formateurs, et surtout celui d’une perte de temps et pour nous-mêmes et pour nos élèves.

Haut de la page

collèges des ANDELYS et de ST MARCEL, session 1, les 7 et 8 janvier

1re journée :

Sont présents : 1 IPR, 1 IEN, 1 enseignante formatrice et 1 conseillère pédagogique du premier degré

Lecture d’une déclaration contre la réforme applaudie par l’assemblée.

Présentation de la réforme par les formateurs : socle commun / programmes / livret unique du CP à la 3e.

Questions de la salle :

- Cadre pour temps de concertation ?
- Problème : travail interdisciplinaire sans moyen, sans concertation, en classe entière.
- Concertation pour les EPI / Multiplication des réunions avec le premier degré / Quatre nouveaux programmes : réponse dans la réforme, inscrite dans la loi de refondation de l’école de 2013.

Réponse de l’IPR :

Plus de travail pour le même salaire. Si on est bien organisé, le temps qu’on passe est utile et on a du plaisir à travailler ensemble.
Complexité : mettre en place cette réforme.
Mais c’est la première fois qu’une réforme est préparée par deux journées de formation.
Niveau implication dans la formation : moyens mobilisés pour cela.

Réponse d’un collègue : c’est une réforme où on demande au professeur de tout appliquer en même temps.

Quelle cohérence des programmes pour les élèves qui ont commencé un cycle ?

Réponse de l’IEN : la réforme ne va rien casser, mais : adaptation des démarches de pratiques pédagogiques, échangeons, mutualisons (voir le projet académique).

Réponse de l’IPR :
Tout ce qui est mis en place doit améliorer le niveau des élèves.
Mais si on ne réussit pas, il y aura peut-être des décisions qui nous seront moins favorables par la suite.

Pédagogie, mais aussi question d’enthousiasme, « la flamme doit être là ».

Problème : les 3e l’année prochaine auront une année de nouveaux programmes et un DNB avec aussi de nouveaux programmes.

Problème : les élèves démarrant la LV2 l’an prochain auront l’équivalent d’un trimestre en moins par trimestre à leurs aînés.

Réponse de l’IEN : pas de réponse concrète aujourd’hui.
Désaffection des familles pour l’Allemand et le Latin.

Quid des HVC ? 26H/semaine :
Réponse de l’IPR : c’est un aspect technique. Il est conscient des difficultés et respectueux de ce que sont les enseignants (sic !).

Problème : la réforme va générer des problèmes entre les collègues : manque de liberté, plus de travail, isolation.
Problème des collègues du premier degré qui ont des classes à 3 niveaux et une direction d’Établissement, qui doivent en plus faire le lien avec la 6e.

Problème : est-ce que les questions que nous posons aujourd’hui remontent ? Nous nous inquiétons car vous ne prenez pas de notes. « Mais Madaaaame, vous pensez que nous ne sommes pas capables de retenir vos remarques ? ».

Départ des IEN/IPR.

Emargement : on signe Marge Simpson, ou NVB. D’autres collègues signent NVB.

Vif du sujet : EPI

Ateliers :
Observation d’un projet de type EPI
La formatrice nous dit que quand même elle ne va pas se mettre à crier pour que nous arrêtions de bavarder.

2E Journée : l’AP

Faire des ateliers.
Implication des élèves.
Evaluer par l’observation.

Tableau à compléter : « les grandes composantes de l’AP ».
2 groupes font le travail sur 7

La formatrice n’a pas de réponse à une question sur l’AP et l’orientation en 3e.

Autre question : qui prend en charge le financement de l’AP en plus ?
Référence systématique aux heures marges.

Problème : les heures marges sont pour les groupes d’AP, les co-interventions EPI, les enseignements complémentaire comme le Latin.
Réponse : c’est à discuter dans les EPLE, de quoi a-t-on besoin ?

La formatrice ne peut pas nous montrer qqc parce qu’elle ne l’a pas préparé…

AP : Circulaire du 30/06/2015. Implication du prof doc (qui n’apparaît pas du tout dans la réforme).

AP pour tous les niveaux.
Différenciation qui concerne les élèves en difficultés comme les très bons, tous les enseignants peuvent y participer, les CPE et les profs docs.

Après-midi : Ateliers pour monter une séquence d’AP (ou rédaction de ce CR).

En AP, la participation des élèves est très importante (en classe entière, moins ?).
Présentation d’une grille d’évaluation de l’AP.

Haut de la page

Réaction des collègues : quel flicage !

Collèges d’ÉVREUX et DAMVILLE session 1, le 8 janvier

Nous arrivons à la formation arborant pour la plupart la carte postale « Abrogation – un autre projet » ainsi que nous en avions décidé en HIS. Un peu d’inquiétude dans le regard des représentants hiérarchiques (principaux et IPR, référant du BEF) et des formateurs (enseignants de maths et de Techno-SVT-Physique-Chimie), mais bon accueil de plusieurs collègues des autres établissements.

Intro de l’IPR (d’éco gestion - logique) pour présenter les deux premiers jours (après que les formateurs lui aient indiqué qu’il ne s’agissait pas de deux jours consécutifs), consacrés à l’AP et l’EPI : il revendique pour nous le socle disciplinaire ; est conscient des nombreuses inquiétudes suscitées par la réforme ; a bien vu et compris nos cartes et badges, mais il s’agit de voir comment la réforme peut se mettre en place malgré tout car il n’a pas de réponse à toutes nos inquiétudes ; il faut essayer de s’organiser pour que ce ne soit pas le foutoir ; les formateurs ne sont pas les responsables de la réforme et la formation doit être un temps d’échange bénéfique.

Une collègue considère qu’il aurait été plus logique de commencer par les formations sur les programmes disciplinaires et n’a pas de réponse ; nous relayons ce point de vue : « vous prétendez que les EPI sont une autre manière de traiter les programmes, comment peut-on envisager de travailler en interdisciplinarité avant de maîtriser le contenu des programmes disciplinaires ? Nous souhaitons une réponse car nous considérons que ce choix a du sens quant à ce que porte cette réforme ». L’IPR : « En tout honnêteté, je n’en ai pas ; de toutes façons les programmes changent mais ce n’est pas une révolution ». Un des principaux porte secours : il ne cache pas ses nombreuses inquiétudes, cette chronologie des formations a pour lui une explication administrative puisque les principaux (très inquiets évidemment) doivent faire remonter les TRM pour le 8 avril et que la réforme impacte les besoins.

Nombreuses questions, dans une ambiance de tutoiement généralisé, mais dans lesquelles on perçoit bien que les collègues partagent nos inquiétudes : beaucoup concernent le cycle 3 puisqu’on ne voit pas bien comment il sera possible de faire les progressions et inquiétudes pour les collègues de l’élémentaire. Aucune réponse autre que « je vous fais confiance, ça va bien se passer » (trois fois), « la réforme est fortement incitatoire à travailler ensemble », « la liaison existe depuis longtemps et beaucoup de choses ont déjà été faites », « AP et EPI confortent l’autonomie des enseignants ».

IPR et principaux quittent la salle et la formation proprement dite peut commencer : un formateur a déjà assuré les formations sur le socle, c’est la première formation pour l’autre qui nous demande par conséquent d’être gentils. On garde nos affichettes quand même.
Les formateurs sont très sympathiques, mais la formation ne porte pas véritablement sur les EPI, puisqu’ils n’en sont pas experts et ne peuvent pas répondre aux questions portant sur le cadre dans lequel ils s’inscrivent, n’ayant aucune réponse quant à l’organisation (sans blague...).
Les jeux proposés me paraissent être effectivement une bonne préparation à ce que les enseignants feraient à la va vite (si la réforme n’était pas abrogée) après avoir passé des heures à construire une progression de 6e après avoir participé à des heures de réunions, établi une progression annuelle à partir de programmes cyclés pour les autres niveaux, choisi des manuels, essayer de comprendre le nouveau DNB et adapté leur enseignement, fait le lien avec les domaines du socle, préparé leurs cours en ignorant le nombre d’heures qu’ils auront dans la semaine pour les traiter, essayé de comprendre les différentes organisations et enseignements selon le collège pour les TZR… et préparé leurs cours (en lien avec le PEAC, le parcours avenir, le parcours citoyen, les programmes d’Histoire des Arts, d’éducation aux médias et à l’information, les programmes d’EMC après en avoir fait les progressions, et éventuellement révisé les SVT, la Physique-Chimie ou la Techno) : écrire trois mots sur un post-it qui donnera lieu à une impressionnante restitution informatique sur ce qu’évoque l’interdisciplinarité. Le 2e jeu consiste à critiquer des exemples d’EPI « glanés sur le net » (« Je suis un coach sportif » ; « dans la peau d’un expert » ; « Imaginer la ville de demain », « Une catastrophe à éviter » (qui ne porte même pas sur la réforme du collège), et bien sûr « créer un jeu vidéo » et « mini-entreprise ») pour aboutir à la conclusion qu’il vaut mieux « ne pas être ambitieux » et qu’il sera très difficile de transformer les projets existants en EPI, lesquels disparaitront faute de moyens. Nous refusons de jouer, comme nous en avions décidé collectivement, en rêvant parfois à des moyens de lutter pour une réforme ambitieuse.

Après le repas, la formatrice nous expose le projet expérimental d’EIST qu’elle a mené dans son collège, le second formateur s’empressant d’expliquer que cela n’a rien à voir avec les EPI mais est un exemple de travail en interdisciplinarité (ou trans ou pluri, je ne me souviens plus) : constitution de groupe de niveau dès l’entrée en 6e à partir des évaluations de CM2, objectif socle pour les uns et lien avec l’AP, ce qui permet d’aller plus loin avec d’autres...(dans le cadre de la réduction des inégalités scolaires, essence de cette réforme à n’en pas douter). Alors que certains tentent encore de comprendre un tableau excel comportant des dizaines de colonnes numérotées et de couleur correspondant aux compétences en fonction du nombre d’occurrences dans la progression spiralée, la collègue explique la détérioration de ses relations avec le collègue participant au projet et admet que la solution trouvée pour régler les problèmes du lien école – collège dans le cycle 3 a été un unique enseignant pour les 3 matières scientifiques et technologique.

L’après-midi se termine par un dernier jeu consistant en la construction d’un EPI : bien que tentés par « une catastrophe à éviter », nous refusons à nouveau de jouer et nous réfugions au bar au fond de la salle (que du thé et du café et même pas de lexomil). Un tour de table présentant les EPI clôt la formation : un groupe a trouvé un autre moyen de montrer le grotesque de cette réforme et expose son projet de construction d’un « pédalo-musical ».

L’ensemble des participants repart, sans réponse et avec un contenu nécessairement indigent (dire que nous n’avons pas assuré nos cours aujourd’hui !), mais avec le tract du 26, souvent bien accueilli (peut-être que la manif du 26 sera agrémentée de quelques pédalos musicaux).

Haut de la page

Collèges d’AUMALE, de ST SAENS et de NEUFCHATEL, session 1, le 8 janvier

Témoignage d’une professeure de français en "formation" sur la Réforme du collège (janvier 2016)

D’abord, l’habituelle propagande des inspecteurs présents qui étaient venus en force - trois IA-IPR et l’IEN de la circonscription, tous les quatre faisant bloc devant nous - épaulés par deux chefs d’établissement et par un principal adjoint (...)

Nous avons de nouveau entendu le discours habituel sur l’importance et le bienfondé de cette réforme, discours qui va dans le sens des premiers mots de Mme Robine dans son édifiant discours : "Il est absolument indispensable de remédier aux insuffisances caractérisées du collège". On se sent d’entrée valorisé !

Tout d’abord, la réforme a été préparée depuis quelques années (avec les réformes dans le premier cycle, avec le livret des compétences, avec la réforme du lycée...) donc en clair, de quoi on s’étonne ? Je vous le demande ?

La réforme ajoute une meilleure cohérence dans les disciplines, car notre enseignement n’est pas adapté pour les élèves qui ne peuvent pas faire le lien entre les différentes disciplines. Remarquez qu’en cela, je les rejoins, je ne vois moi-même aucun lien entre un cours de piscine et un cours sur l’accord des participes passés, si ce n’est que les élèves peuvent se noyer dans les deux ! La réforme permet donc - je n’utilise pas le conditionnel volontairement, car on nous présente tout cela comme une évidence - une meilleure rationalisation des contenus des disciplines.

La réforme permet aussi une meilleure progressivité dans nos cours (puisque les programmes sont cyclés, cqfd)

A ce moment, quelques collègues interviennent quant au contenu des programmes, en histoire notamment, mais on (enfin un des IPR, les autres ont bien essayé de parler mais ils se sont vite fait rabrouer, c’était comique !) nous dit que pour cela, nous aurons droit à une journée de formation disciplinaire supplémentaire. Quel bonheur !

Les EPI vont enfin permettre - comme si on attendait cela depuis toujours - de travailler en interdisciplinarité (à ne pas confondre avec la pluridisciplinarité, ou même l’inter-pluridisciplinarité, nous avons eu ensuite un cours de vocabulaire des formateurs sur le sens de ces termes, mais j’avoue n’avoir rien écouté, je corrigeais déjà des copies...) afin de tout mettre en œuvre pour une meilleure transversalité de nos disciplines.

Elle facilite aussi l’utilisation du livret de compétence, qui a été repensé : le soclage est indispensable. Il fonctionne bien en primaire, donc il fonctionnera au collège. Ben voyons ! On connaît tous le niveau des élèves qui arrivent en sixième... Que nos collègues de l’école primaire n’y voient aucune critique, ils font comme nous, de leur mieux avec les moyens du bord.

Et surtout, elle va permettre une vraie autonomie de l’élève car nous devons amener l’élève à devenir autonome grâce à l’AP et aux EPI, et grâce à nous, qui devons repenser notre enseignement, nos pratiques.

Et d’ailleurs, pour repenser notre enseignement et nos pratiques, pour avoir une démarche de projets croisés, cela aura un coût (là, je m’attends à ce que l’IPR nous annonce qu’on va nous octroyer des heures supplémentaires pour préparer les EPI, pour les temps de concertation). Déception, ledit coût est celui de notre temps ! Du temps que nous allons consacrer à mettre en place cette réforme, des heures de "trous" dans notre emploi du temps pour travailler ensemble. Finies les journées ou après-midi pour corriger les copies et préparer les cours, bienvenue aux temps de concertation, aux "heures en barrette", aux réunions, aux conseils pédagogiques, et j’en passe. Mme Robine l’avait bien souligné, nous devons 35 heures hebdomadaires à l’éducation nationale, méprisant ainsi tout le travail personnel que nous accomplissons lorsque nous ne sommes pas devant les élèves.

Comme la salle s’agite, nos inspecteurs laissent un peu leur jargon de côté pour revenir à une stratégie de communication bien plus efficace : mettre en confiance les profs récalcitrants. Et comment ? En les flattant un peu : une touche de "oui, c’est une réforme ambitieuse et nous comprenons vos inquiétudes, mais vous êtes capables de relever le défi", un doigt de "on vous fait confiance, vous avez toute liberté et toute latitude pour mettre en place une pédagogie innovante et différenciée" (oups ! ils ne peuvent pas s’empêcher de jargonner), un soupçon de "Vous avez la main ! Une grande marge de manœuvre vous est donnée", une pincée de " l’hétérogénéité, vous êtes habitués à la gérer, l’AP dans vos cours, vous la pratiquez déjà". Mais certains posent encore des questions, de la colère contenue dans la voix, ou de l’abattement. Une collègue demande comment on peut faire de l’AP dans nos cours, avec tous les élèves, dans des classes à 30, très hétérogènes, qui mêlent élèves dyslexiques, élèves en échec scolaire, et bientôt les segpa en 6e. Il faut changer vos pratiques ! Il faut innover ! Il faut travailler en groupes, lui répond-on. Elle insiste : Oui les profs veulent faire bien, mais on ne leur en donne pas les moyens ! Réponse de l’IPR à cette collègue qui voudrait des classes à effectifs réduits (oh ! rien de choquant, 22 élèves...), des heures pour travailler avec les élèves en difficulté : "Avez-vous une femme de ménage ?" Non bien sûr ! Elle n’en a pas les moyens ! Où veut-il en venir ? Et bien l’Etat non plus n’a pas les moyens de donner des heures et d’ouvrir de nouveaux postes... Enfin ! Ils ont consenti à ne plus employer la langue de bois et à nous dire la vérité : c’est une réforme budgétaire. Pourtant, Mme Robine avait bien insisté : "Cette réforme est d’abord et avant tout une réforme pédagogique".
C’est à y perdre son latin ! Et en effet, oui, nous l’avons perdu... Le latin n’a pas été évoqué. Alors qu’une professeure d’allemand s’inquiétait légitimement du devenir de sa matière, l’inspecteur lui a fait remarquer qu’il fallait s’adapter aux réalités économiques : ce n’est pas la faute du législateur si les familles inscrivent leurs enfants en espagnol et plus en allemand ! Le fait que l’allemand ne soit plus enseigné à l’école primaire n’est pas relevé. J’interviens alors pour faire remarquer que dans notre collège, nous n’avions aucun souci de recrutement pour l’option latin, et que les parents s’inquiètent eux aussi de cette disparition. Faux : les langues anciennes ne disparaissent pas, les enseignements de complément en permettent le maintien. Et la disparité entre les différents collèges qui n’auront pas fait les mêmes choix ? Pas grave ! Quelqu’un suggère que les familles préféreront mettre leurs enfants dans les collèges privés qui garderont le latin et les options euro. Encore faux : les collèges privés n’ont pas plus de moyens que les collèges publics et la loi sur la réforme s’applique aussi dans le privé. Doux rêves…

Passons maintenant à la formation proprement dite... J’ai sorti mes copies (boycottage oblige) et prêté néanmoins l’oreille à ce que les deux formateurs avaient à proposer. Après quelques incontournables diapos (ça doit faire plus sérieux, je suppose, ou c’est comme les élèves à l’oral HDA, ça les rassure !) qui étaient floues...ils ont proposé qu’on s’inscrive, sur de belles grandes fiches, à des ateliers de travail. Ce fut la goutte d’eau de trop, j’ai refusé poliment de m’inscrire. Qu’est-ce qu’on attend de nous ? Qu’on leur ponde quelques EPI et qu’on fasse croire que tout va bien en rendant notre copie ? Qu’on gobe leurs discours méprisants sur notre profession ? Je suis finalement allée courir et ça m’a calmée !

De retour dans la même salle le lendemain matin, toujours avec mes copies... Le formateur parlait si doucement, avec un débit si soporifique que la salle s’est bientôt transformée en hall de gare bruyant où chacun se levait pour prendre un café, riait bruyamment, discutait... Mais vaille que vaille, le pauvre prof formateur devant nous continuait sur le même débit, faisant défiler ses diapos floues ! Rien ne semblait le démonter. Il continuait sur sa lancée, d’un ton monocorde, sans se soucier du bruit. On n’entendait rien, on ne voyait rien du diaporama, mais il continuait... J’ai fini par lui demander s’il parvenait à gérer l’AP dans sa classe, surtout quand les élèves étaient aussi dissipés que nous ne l’étions... Eh bien oui, certes il y a un peu de bruit, mais ses élèves sont sages... et il travaille en formant des groupes, en "îlots", depuis plusieurs années. Je lui ai demandé s’il avait constaté des progrès, des bénéfices, de meilleures notes, une meilleure ambiance au moins... Là, air gêné. Non, non... il ne peut pas dire, c’est difficile d’avoir du recul, de mesurer les progrès, et patati et patata.

A 11h30, je suis partie avec un autre collègue, qui comme moi, n’en pouvait plus ! De toute façon, c’était impossible de corriger des rédactions dans un tel brouhaha ! Abattement, découragement, colère, dépit ? Ou tout à la fois...

L’élève est paraît-il au cœur de la réforme. Mais j’ai l’impression que le savoir, l’apprentissage, la transmission des connaissances, la notion d’effort sont les grands oubliés de cette réforme... En effet, les IPR n’ont pas prononcé ces mots pourtant simples et qui sont au cœur de notre métier...

Haut de la page

Collèges de VERNON - Session 1 - les 7 et 8 janvier

Alors que 4 personnes devaient être présentes pour animer cette formation (1 formateur, 1 IPR, 2 personnes ressources de proximité, source officielle), l’IPR n’était présent que la première demi-journée, et quant aux « personnes ressources de proximité », les formateurs ne savaient même pas de qui/quoi il s’agissait. Au final, il n’y avait qu’une formatrice en plus de l’IPR le premier jour et deux formateurs le 2e jour.
Le contenu même était d’un niveau lamentable : pas ou peu de réponses précises, pas de réponses concrètes malgré les demandes des collègues, un plaidoyer de la suppression des notes, une explication sur le cerveau reptilien des élèves qui les empêche de se concentrer quand ils ont besoin d’aller aux toilettes et surtout nombre des collègues présents ont eu le sentiment qu’on leur expliquait qu’ils font du mauvais travail alors que les deux super profs formateurs feraient tout bien comme il faut. De plus, l’impossibilité des formateurs de répondre à des questions précises autrement que par : « je ne sais pas », « de toute façon si on est pas d’accord, on peut aussi ne plus payer ses impôts », ou « il faut arrêter de poser des questions politiques » et autres formules du même genre, est inquiétante à 8 mois de la mise en place théorique de la réforme.
Déjà quelques mécontentements de la part des collègues qui attendaient des réponses précises.
Puis la collègue formatrice annonce que l’après midi sera consacrée à des travaux de groupes ...
Refus de la salle car ce n’est pas le principe d’une FORMATION. Et que nous ne sommes pas là pour proposer des EPI alors que nous sommes contre.
Des collègues ont aussi fait remarquer que de toute façon l’organisation de la journée ne le permet pas car tous les collègues d’un même établissement ne sont pas présents et ont donc interrogé sur le fait d’être convoqué avec des collègues d’autres établissements... De plus la discussion dans chaque établissement sur le sujet n’en est pas au même point.
Reprise par la collègue qui nous a parlé du cerveau reptilien des élèves qui fait que quand ils ont besoin d’aller aux toilettes ils ne sont pas concentrés sur le cours et autres banalités inintéressantes au plus haut point !
Au bout d’une grosse demi heure de ce traitement des collègues prennent la parole pour dire que ce n’est pas ce que l’on attend d’une formation. Une discussion s’engage sur les EPI alors que la collègue voulait parler de l’AP. Les collègues se font insistants pour avoir comme réponse des choses concrètes. Après quelques vaines tentatives à base de tableau Excel illisible la formatrice finit par rendre les armes et indique que si l’on veut on peut se répartir dans certaines salles pour travailler en groupe pour préparer des EPI... personne n’a obtempéré.

Ajoutons à cela les tentatives de faire croire que « finalement rien ne change vraiment », que les heures de marges sont pléthoriques et que non, la réforme n’entraînera pas de suppression de postes. Un des éléments les plus graves est qu’une majorité de collègues a fait part de son surmenage à cause de la mise en place de cette réforme dans des délais et des conditions catastrophiques et qu’aucune réponse n’a été apportée sur ce point précis.

Les collègues ont alors discuté entre eux pendant une heure (de tout et de rien) et quand il était manifeste qu’il n’y avait plus rien à attendre de la journée tout le monde est parti (à 16h15).

Haut de la page

Collèges du HAVRE le 11 janvier

Tous les collègues présents étaient demandeurs des papiers syndicaux : appel à la grève / questions / analyse du texte

Pour l’intro étaient présents 2 chefs d’établissement et 1 IPR : avant même que les collègues interviennent, l’IPR s’est emmêlé les pinceaux avec des propos tels que "si ça ne marche pas, dans 2-3 ans on va tout changer". Il y a eu de nombreuses interventions :

- pourquoi illico, tout d’un coup sur les 4 ans ?
- Inégalités entre les élèves déjà actuellement au collège et ceux qui vont rentrer ?
- Suite des options, sections commencées ?
- Forcément des choix entre les disciplines ?
- Quelle liberté pédagogique ?
- Et les TZR
- On n’est pas du tout entendu par la hiérarchie...

Les collègues exprimaient clairement tous leurs désaccords sur de nombreux aspects variés. L’IPR ne répondait pas, ne savait pas, essayait de monopoliser la parole pour éviter les questions. Juste quelques petites perles par IPR et/ou formateurs : "je partage beaucoup de vos doutes, mécontentements" ; "un TZR débarque et peut dire non à un EPI" ; "on peut refuser les EPI, aucune obligation" ; "je préférerais qu’il n’y ait pas de TZR"

Les formateurs se sont présentés comme non enthousiastes par rapport à la réforme, ayant beaucoup de doutes et disent que sur tous les flous de la réforme, ils donneront leurs propres interprétations. Au fur et à mesure de la journée, ils étaient de plus en plus clairement dans : "on est de votre côté (par exemple, on dit qu’ils ne nous demanderaient pas d’émarger l’après-midi, en opposition aux inspecteurs)" ; "on est là pour discuter, échanger, dire aussi ce qui ne va pas" ; "vous donner les outils pour s’opposer à ce que vos chefs veulent imposer" ; "en fait, la réforme ne change pas grand chose, les EPI, on en faisait déjà avant". Bref, c’est pas si grave, on est fonctionnaire faut l’appliquer, ça changera bientôt ...

Ils nous ont fait répondre à un mini questionnaire pour savoir ce qu’on voulait faire, pour nous diviser en 3 groupes en fonction de niveaux par rapport aux EPI. De nouveau pas mal de collègues sont intervenus sauf dans le groupe des "meilleurs".

Beaucoup sont partis en début d’après-midi

Haut de la page

Collèges de GRAND-QUEVILLY et OISSEL - Session 1 le 11 janvier

Compte rendu croisé par des collègues de 2 des 4 collèges

En plus des deux formateurs, accueil avec un IPR et un chef

1. Ouverture par l’IPR :

« On n’a pas forcément les moyens de répondre positivement à ce que vous souhaitez, mais on peut vous écouter. »
Il explique que nous avons été formés dans un contexte jacobin centralisateur très précis (respect à la lettre des programmes) alors que maintenant avec la décentralisation, le mouvement général est à l’autonomie… ce qui déstabilise. Le rôle de l’inspecteur en est également bouleversé : les IPR ne sont plus là pour vérifier que les programmes sont suivis mais pour aider les enseignants dans leurs pratiques, pas les contrôler. Il insiste sur l’effort important du ministère pour former les enseignants qui sont opposés à la réforme, c’est la première fois qu’une formation d’une telle ampleur a lieu et ça coûte cher !

2. Intervention du principal : « Mettre en place la réforme dans l’esprit de la réforme, pour le bien de nos élèves et le bien de tous. » On ne peut pas mettre la pression en disant que tout sera appliqué en septembre si on veut que la réforme aille au bout. Il s’agit de tendre à des objectifs, pas forcément de les atteindre, on a un an pour mettre la réforme en place. Il ne faut pas se dire à la fin de la formation que c’est compliqué et qu’on nous en demande beaucoup.

Ensuite nombreuses interventions de collègues, hostiles à la réforme mais dans la courtoisie et une relative bonne humeur.

L’IPR et le chef d’établissement partent après que nous sommes bien assurés que, malgré notre courtoisie, ils avaient bien compris la violence de notre opposition à la réforme et qu’ils la feraient remonter.

Notons que quand les enseignants pointent du doigt les conséquences de la réforme (suppression de postes, emplois du temps impossibles à gérer etc etc etc) les formateurs ne comprennent pas la critique, ou, mieux encore : ils sont super top calmes pour te dire que la façon dont ton principal a l’intention d’appliquer la réforme peut être revue pour que ça se passe super bien dans ton collège, mais que c’est à toi de proposer une autre organisation et pour ça, faut que tu acceptes de travailler avec tes collègues sur la réforme...

PAUSE puis reprise par les collègues formateurs :

Distribution de post‐it sur lequel chacun doit écrire 3 mots sur son ressenti des EPI / les grands principes de la réforme : diaporama degesco, le nouveau socle commun / Explication sur AP avec des exemples natatoires / Information sur le nouveau brevet puis sur les EPI. Les échanges sont plus vifs.
Information sur les EPI

L’après-midi, les ateliers sur les EPI ont été boycottés par tous les collègues de Grand-Quevilly... Seuls 6 enseignants ont participé.

Ressenti général :

a) Cette journée est INUTILE car toute réflexion est impossible quand bien même nous voudrions réfléchir sur la réforme :
- car on ignore ce que sera la DHG de nos collèges respectifs
- car d’après les formateurs il y a mille et une façons de s’organiser c’est à dire de mettre en place la réforme : or comme on n’a pas la DHG, on ne peut y réfléchir. Cercle vicieux
- car certains collègues constatent déjà que leurs principaux utilisent la réforme pour se débarrasser des profs qu’ils n’apprécient pas...
- car nous n’aurons jamais la moindre heure de concertation pour élaborer les EPI selon de vrais principes transdisciplinaires : si bien que nous travaillerons sur le même thème côte à côte au mieux mais pas en croisant nos pédagogies

b) Les formateurs ne parlent pas pédagogie mais modalités de mise en place de la réforme. Si tu veux c’est comme si d’un seul coup nous devenions tous chefs d’établissement et que nous devions oublier de réfléchir sur notre pédagogie pour réfléchir à l’aveugle à l’organisation générale de notre collège...

Durant cette journée pas un didacticien, pas un psychologue pour nous dire en quoi notre pédagogie allait être modifiée et en quoi elle allait être meilleure. Ben non : c’est à nous et à nous seuls de tout inventer tout tester...

Haut de la page

Collèges d’ÉVREUX et DAMVILLE session 2, le 11 janvier

Tous les collègues présents à l’heure d’info syndicale n’avaient pas oublié leur petite carte postale accrochée à leur veste « Abrogation de la Réforme, pour un autre projet ». Nous rentrons dans la salle et nos cartes ne passent pas inaperçues et sont souvent accompagnées d’un sourire.
Sont là pour nous accueillir un IPR, un Principal et les deux formateurs qui ont déjà formé nos collègues la semaine dernière.

Après une brève explication de la journée, une pseudo-introduction sur les EPI est faite par l’IPR. Les questions ne se font pas attendre et mon collègue d’EPS insiste sur la charge déjà importante de travail. Il montre que la surcharge de travail à venir, concertation, rédaction à nouveaux de tous les contenus d’enseignement ne permettront pas la réalisation du travail demandé. A partir de ce moment tout le monde y va de ses questions.

Exemples :
- un collègue a posé une question sur les moyens en manuels pour accompagner cette réforme. L’IPR répond qu’il faudra faire des choix. J’informe l’assistance que notre Principal nous a parlé de 150 millions d’euros et là IPR se paye ma tête en disant « Pour votre collège ?! ». L’assistance rigole. Je n’apprécie pas du tout la blague et je lui rétorque « vous pouvez vous amuser à détourner mes propos mais cela ne fait pas avancer le débat ! » Cela calme un peu et certains collègues sourient et acquiescent. Je poursuis en disant que notre Principal a évalué le financement à 2 manuels par élève ce qui est loin de couvrir l’ensemble des matières. L’IPR conclut que pour lui en Maths rien ne presse et qu’il faudra privilégier certaines matières comme Histoire-géo ;

- Un débat s’engage sur l’AP qui est bien de l’Aide Personnalisée et pas du cours. Je vous passe toutes les réflexions des collègues sur l’impossibilité de faire de l’AP en classe entière et à la place des cours. L’IPR a la malheureuse idée de dire qu’il faudra s’inspirer de l’AP en lycée. Pas de bol notre collègue de Français enseigne aussi au lycée. Il prend la parole et dit clairement qu’en AP on fait cours au lycée car on ne peut pas faire autrement à 35 élèves. L’IPR lui répond que l’on peut faire de l’AP à 35 élèves il suffit juste de réfléchir au projet et il en touchera deux mots au proviseur du dit lycée. Le ton très relevé passe mal dans l’assistance ;

- Une collègue de LCA amorce un débat sur l’EPI LCA qu’il sera difficile de mettre en place par manque de collègue de lettres classiques ce qui provoque la mort assurée du latin. L’explication de l’IPR comme quoi l’EPI LCA n’est pas forcément fait par un collègue de lettres classiques ne convainc pas du tout ;

- Un autre collègue trouve gros que l’on interdise jusqu’ici aux élèves d’abandonner le latin en fin de 4e car c’était une rupture de contrat. Le fait que les élèves de 4e euro passe de 5 heures à 3 voire 2,5 heures en LV l’année prochaine en 3e « classique » était bien une rupture de contrat. Bref le ministère s’arrange bien des règles qu’il avait établies ;

- Beaucoup de collègues interviennent pour dire que l’on doit se positionner sur les EPI et l’AP pour la DHG alors que nous avons la formation disciplinaire après celle des EPI ce qui est illogique. On voit que l’on est dans l’urgence et que cette Réforme est tout sauf préparée. L’IPR et le Principal réfutent en disant qu’il y a déjà de nombreuses réunions depuis octobre !

Le Principal et l’IPR s’en vont ensuite pour laisser la formation se poursuivre. En fait, on s’aperçoit qu’ils reviennent régulièrement dans le fond de la salle pour voir comment cela se passe.
Nous devons écrire trois mots sur un post-it au sujet des EPI. Certaines réponses sont volontairement farfelues.

Les questions sur l’EPI fussent très rapidement :
- les équipes qui feront ces EPI se feront souvent suivant la DHG cela ne va-t-il pas rendre la pertinence du projet artificiel. Réponse des formateurs, « cela relève de la structure de votre collège on ne peut pas vous dire » ;

- comment les TZR et les nouveaux arrivants seront informés des projets d’EPI auxquels ils devront s’intégrer ? Réponses de formateurs « on n’a pas la réponse » ;

- comment s’organise les EPI ? En barrette ? Dans la continuité entre les matières ? (ce qui pose un problème de progression en parallèle). Réponses des formateurs « on n’a pas entendu d’organisation en barrette. Il faudra une certaine continuité ce qui oblige une grosse réflexion dans le projet ». Donc un problème de temps repris par plusieurs collègues ;

- en mettant cette formation avant celle des programmes, on n’a aucune idée de nos besoins pour faire des EPI alors comment voulez-vous que l’on se positionne pour la DHG ? Réponse des formateurs « Oui, le calendrier pose un problème que l’on a déjà évoqué » ;

Commence une activité sur une analyse d’exemple d’EPI pris sur internet. On est quelques collègues à préférer prendre un café au fond de la salle. Avec la mise en commun des différentes analyses des collègues, les réactions se poursuivent :

- on voit un problème de temporalité avec des EPI sur 6 mois ce qui est beaucoup trop long pour les collègues, pour les notions énoncées, pour la concentration et l’intérêt des élèves ;

- à chaque fois on a l’impression que l’on plaque de manière artificielle les programmes dans ces EPI voire de trouver des notions qui ne sont pas dans les programmes ;

- les EPI qui parlent de faire des expos,... Est-ce que l’on est sûr d’avoir des crédits pour acheter le matériel ? Réponses des formateurs « Il faudra voir cela avec votre collège » ;

L’après-midi, on se retrouve dans une salle de standing bien inférieur mais bon on a du café. On voit le défilement de diapo sur la construction d’un EPI. La formatrice prend un exemple d’EPI de course d’orientation en Anglais. Eclat de rire général.

Je perds le fil des explications car je m’ennuie fermement et j’entends une phrase de la formatrice dont je n’ai pas entendu le contexte mais quand même : « Moi dans les mini-entreprises, je joue le rôle du méchant patron de droite qui vire les gens qui ne travaillent pas ».

Vient le temps tant attendu de la mise en groupe pour réfléchir à la construction d’un EPI. A part mon groupe, tout le monde s’y met (même les collègues qui jusqu’ici corrigeaient des copies).
Présentation des EPI :
- trois groupes proposent des EPI « sérieux ».
- un groupe de Damville propose un EPI a priori « sérieux » qui nécessite 10 ans de travail ;
- un autre groupe propose un EPI intitulé « Where is the phoque ? » C’est une histoire de danse contemporaine sur les faux amis avec une construction de costume de phoque en latex. Je dois dire que je n’ai pas tout compris car on a bien rigolé sur le côté hyper intellectuel du projet. Besoin en temps = 200 heures.

Bilan de la formation : plusieurs collègues discutent avec les formateurs pour leur dire que l’on n’a rien contre eux mais que cette formation est d’un inutile et que cela nous inquiète encore plus. Ils ont un peu de mal à défendre leur position.

Haut de la page

Collèges de CRIQUETOT L’ESNEVAL ; RONCHEROLLES - BOLBEC, session 2 le 12 janvier

IPR annonce d’emblée qu’elle ne parlera pas longtemps de la réforme qu’on doit déjà connaître.
Elle en donne les objectifs et la philosophie
« Les IPR ont aussi besoin de nous pour mettre cette réforme en place, c’est une réforme de terrain qu’il faut appliquer en fonction de son établissement.
Réforme qui s’envisage sur la durée.
Chaque élève va bénéficier de cette démarche interdisciplinaire
Pas de hiérarchie des savoirs, aucun élève au bord du chemin : on doit penser aux élèves qui ont des intelligences multiples
C’est notre dernière chance de changer le système éducatif !
On ne doit pas parler de l’organisation de la réforme mais de la pédagogie ! Les formateurs ne sont pas là pour ça. »
Beaucoup de précautions prises pour « protéger » les formateurs !

Débat :

Questions :
Plus que péda c’est une réforme organisationnelle : quels moyens vont nous être donnés pour mettre en œuvre cette réforme ? 28 30 élèves par classe ! IDD au moins on avait du temps de concertation
AP et EPI pris sur temps de cours : programme pas plus léger qu’avant…
Quelle concertation ? Voyage : va-t-on continuer à en faire ?
Tout est à faire l’an prochain : programme, EPI, AP…
On ne peut rester dans la théorie
Quand l’IPR est venu nous présenter la réforme, il nous a dit qu’on aurait des réponses en formation mais là on n’en a pas…

Réponses :
Pas de temps de concertation, une circulaire considère que les temps de concertation font partie de nos temps de service… A long terme ce ne sera pas plus long pour préparer avec nos collègues.
Bcp de travail, pas de rémunération supplémentaire : les heures de marge sont considérables ; on peut choisir de les réserver à l ’AP, le latin, la concertation aussi même si ce n’est pas dit officiellement.
Tout dépend des politiques d’établissement.

Q : Pourquoi changer les programmes des 4 niveaux à la fois ?
R : Les programmes changent mais on retrouve pas mal de choses. À vous d’alléger vos programmes, les IPR vous demanderont quelles sont vos manières d’enseigner et pas où on en est de nos programmes.

Q : Pourquoi supprimer l’aide individualisée si on veut aider les élèves en difficulté ?
R : Vous enseignerez autrement. L’AP ce n’est pas facile il faut mettre en œuvre des stratégies… ce n’est pas de l’aide individualisée. Mettre tutorat en place, s’aider des élèves experts…

Q : TZR et complément de service ?
R :Pb mais ce n’est pas pire qu’avant. La réforme n’accroit pas le problème. Il faut s’adapter.

TZR d’histoire géo : ça va être très compliqué. L’epi, l’ap : ça va être mission impossible sur des remplacements courts.
Collègue en complément de service : confirme ce qu’a dit la TZR.

Q : Comment gérer son programme sur les heures de cours qui nous restent ? La réforme ne fait que diminuer nos heures de cours.

Q : les élèves vont fuir dans le privé ?
R : Impossible, il n’y a plus de place !

L’IPR entend tout ce qu’on dit et fera tout remonter.

Q : On veut nous faire faire de l’AP alors qu’en lycée ça ne marche pas.
Réponse : L’AP en lycée ça marche dans certains établissements… L’idée est bonne mais pas toujours la mise en œuvre…

10h30 : IPR cesse de répondre ! « Il faut que vous vous mettiez au travail… »
Vous mesurerez les effets de la réforme grâce à l’évaluation par compétences…
Remarque de notre part : On ne sent pas nos sixièmes meilleurs parce qu’ils ont été évalués par compétences à l’école primaire.
On continue :
Ras le bol de toujours travailler plus pour gagner moins.

Q, LV2 : comment faire pour les 4è cette année qui vont perdre un an ? Faut-il faire en deux ans le programme prévu en trois ?
R : Je ne peux pas répondre, ça a évolué depuis la première mouture, je ne peux répondre.

Q : Le collège creuse les inégalités, comment le fait de nous donner tant de liberté va les combler ? Dans les bons bahuts, on fera du latin, dans les autres on donnera des heures aux collègues pour s’organiser.
R : attention, je l’ai dit mais ce n’est pas dans les textes. Oui, il y aura des choix d’établissement…
Q : donc le haut vers lequel il faut emmener les élèves n’est pas le même partout…
R : on ne va pas gommer toutes les inégalités bien sûr… on voudrait que les choses soient meilleures. La réforme peut aussi aider les bons élèves.

IPR : « Essayez de ne pas parler d’organisation avec vos formateurs. Vous serez avec vos inspecteurs lors des journées sur le programme. »

Retour de pause ; les formateurs qu’il ne faut pas appeler formateurs se présentent. Ils partagent nos remarques de la matinée…
Ils vont refaire la liste d’émargement car certains ont émargé pour l’après-midi et ils veulent mesurer le taux de déperdition (sic)

Qu’est-ce qu’un EPI ?

Il faut les prévoir avant la DHG : on dit qu’on n’a rien prévu…
Formatrice : il faut proposer pour ne pas subir…

C’est vrai qu’il va falloir qu’on ait du temps de concertation…

Q : Pourquoi faut-il systématiquement une réalisation concrète des élèves ?
R : Source de motivation pour les élèves.

On nous présente un projet : « Le monde arabo-musulman », tel qu’il nous est présenté, chacun fait sa discipline sans nouveauté… pas de réalisation finale prévue encore. Vu le projet présenté, il semble que chacun travaille dans son coin avec ses élèves.

On se met à parler entre nous : epi français eps : « basset » français-basket : les élèves ne peuvent se déplacer avec le ballon que s’ils récitent un bout de leur leçon.
Epi français espagnol eps : corrida… qui fait le taureau ?

Reprise vers 14h00 (le taux de déperdition est relativement faible mais quand même)

Fin une heure après : certains collègues ont dit aux formateurs ne pas vouloir faire part de leur travail. Finalement on ne met rien en commun.
Distribution d’un questionnaire bilan de la journée.
Regret des organisateurs de ne pas avoir pu avancer comme c’était prévu.
Explication aux formateurs de ma position : on a posé des questions à l’IPR sans obtenir de réponse…Il est difficile de mettre en œuvre une réforme quand on sait qu’on n’aura pas de moyen (temps) pour les préparer, ni se concerter.
Ils reconnaissent l’incohérence de la mise en application de cette réforme. Ils répondent à une commande.

Haut de la page

Collèges de BERNAY, la BARRE EN OUCHE et BROGLIE – le 11 janvier

TEMPS 1 : QUESTIONS ET RÉPONSES … OU PAS :

1°) Établissements publics, établissements privés :

Prof : Les collègues des établissements privés sont-ils aussi convoqués à une formation obligatoire ?

IPR : Pas encore, mais une structure parallèle se met en place pour qu’eux aussi aient droit à une formation. Les établissements privés sous contrat devront appliquer intégralement la réforme.

Prof : Intégralement ? Le texte a donc été amendé puisque la circulaire du 30 juin 2015 prévoit qu’ils ne sont pas soumis au quota horaire quotidien ni à la pause méridienne de 1,5 h.

IPR : Ah bon ? Mais je parlais de pédagogie et non pas d’organisation du temps scolaire.

Prof : C’est important : avec plus de souplesse dans l’organisation, il est plus facile de maintenir par exemple une classe bilangue.

IPR : Mais les établissements sous contrat n’auront pas plus de moyens que les collèges publics.

Prof : Exact. Les parents paieront pour obtenir ce que l’école publique ne propose plus !

IPR : Nous ferons remonter le problème.

2°) La réforme et l’enseignement des langues :

Prof : Que vont devenir les profs d’allemand qui craignent de voir partout leur service diminuer et qui pourront difficilement trouver des compléments de Service ?

IPR : C’est le GROS PROBLÈME DE LA REFORME ! Mais le ministère se penche en ce moment sur la question pour trouver une solution.

Prof (d’anglais) : Nous n’y croyons pas : la réforme est une machine à éliminer les profs d’allemands.

IPR : Je vous assure que le ministère se penche sur la question. (Professeur d’allemand présente, pas l’air vraiment rassurée. Étrange !)

Prof : A combien d’heures de LV2 auront droit les élèves actuellement en 5e ? 5h ? 6h ? 7,5h ?

IPR : Nous ne pouvons pas répondre à cette question.

Prof : 5 h ? Je suis parent, je me plains. Mon enfant n’a pas le droit à autant d’heures de LV2 que les autres.

IPR : Le ministère se penche sur la question pour la résoudre. (Chœur sceptique des enseignants.) Je suis allé au ministère, je sais des choses.

Prof : Vous voulez dire que la réforme peut être amendée ?

IPR : Je ne peux rien vous dire pour le moment.

CE : Le fait que la réforme s’applique à tous les niveaux en même temps pose problème. Nous en sommes conscients.

3°) Éventuelles dérogations aux 26h hebdomadaires par élève :

Prof : Peut-on déroger aux 26h ?

IPR : Non, sauf pour l’enseignement de complément qui ne doit pas être confondu avec l’enseignement complémentaire, donc dérogation uniquement pour le latin.

Prof : On a entendu parler d’une dérogation académique pour que les élèves actuellement en 4e euro puissent finir le cycle : qu’en est-il ?

IPR : Je ne sais plus. (Étonnement des enseignants) La réponse a varié plusieurs fois. Je préfère vous dire « je ne sais pas » plutôt que de vous donner une réponse erronée.

Prof : Qu’en est-il alors des Sections Sportives ?

IPR : Je ne sais pas.

C.E : Elles se font en dehors des 26 h.

Prof : Est-ce un enseignement de complément ?

IPR : Oui.

Prof : Non prévu par la circulaire ?

C.E : C’est une dérogation académique, ce n’est pas un enseignement de complément.

Prof : Faut-il financer les sections sportives sur les heures marge ?

IPR : Oui.

Prof Le Hameau : Nous avons un écrit de l’IPR d’EPS qui dit qu’il reste des heures fléchées.

IPR : Dans ce cas, il doit y en avoir. L’IPR EPS est mieux placé que moi pour répondre à cette question.

Prof : Mais comme vous l’avez fait remarquer pour la classe euro, les réponses varient avec le temps.

IPR : Je ne peux pas vous en dire plus.

Prof : Pourquoi Classes Bilangue et Euro disparaissent-elles alors que les CHA sont conservées ?

Prof (Musique) : Le texte régissant les classes CHAM n’est pas abrogé mais les moyens attribués à ces structures disparaissent. Les CHA doivent être financées sur les heures marges. Elles sont gourmandes en heures. Il faut choisir entre leur maintien et celui des postes. D’ailleurs, les chefs d’établissement s’inquiètent de l’ambiance dans la salle des professeurs. L’application de la réforme met les collègues en concurrence.

C.E : Exact. Nous avons fait remonter le problème.

4°) Calcul de la DHG :

Prof : Les DHG anticipées par les principaux font ressortir un déficit d’heures par rapport à cette année.

Prof : Le nouveau mode de calcul pose problème. Si vous avez 92 élèves sur un niveau, vous obtenez 4 classes à 23 élèves et 11 h marges. Si par malheur, vous avez 85 élèves, vous obtenez 3 classes à 28-29 élèves et 8,25 h marges. Plus les classes sont chargées, moins les moyens pour les groupes réduits sont importants.

CE : Nous en sommes conscients ; nous avons fait remonter ce problème.

Prof : La circulaire du 28 octobre 2015 prévoit, si nous avons bien compris, l’inclusion des élèves de SEGPA dans les autres classes, notamment pour l’AP et les EPI. Comment intègre-t-on 16 élèves de SEGPA dans les autres classes du collège qui peuvent atteindre 29 élèves ?

CE : C’est impossible. Nous en sommes conscients, nous avons fait remonter le problème. On ne peut pas vous en dire plus pour le moment.

5°) Réforme et concertation :

Prof : Comment va s’organiser la concertation avec les PE pour le cycle 3, sachant que lieux et horaires diffèrent ?

IPR : La concertation devra se faire à distance. Aucun budget n’est prévu pour les frais de déplacement.

Prof : Enseignant dans plusieurs établissements, comment vais-je pouvoir me concerter avec mes collègues ? Vais-je devoir par exemple préparer deux progressions en 6e parce que les conseils Ecole / Collège auront fait des choix différents ? Comment vais-je faire face à la charge de travail ?

Chœur des formateurs : Nous sommes conscients de la charge de travail que représente la réforme. Le fait qu’elle s’applique en même temps sur tous les niveaux pose problème.

Prof : La concertation va-t-elle être payée ? L’ISO augmentée ?

C.E : Non.

Haut de la page

6°) Réforme et encadrement des élèves :

CPE : Dans notre collège, nous avons une grande amplitude d’horaires d’accueil : 7h55-16h55 : Pour des raisons de ramassage scolaire, nous ne pouvons pas la réduire. Nous avons déjà une pause méridienne de 1,5h. Comment allons-nous pouvoir encadrer des élèves dont le nombre d’heures de cours se réduit ?

CE : C’est un problème auquel de nombreux établissements sont confrontés. Nous l’avons fait remonter.

7°) AP et EPI : généralités.

IPR : Pour l’AP, mon conseil est de rester en classe entière. L’esprit de la réforme, c’est l’hétérogénéité. Former des groupes de besoin ne répond pas à cet esprit.

Prof : L’objectif d’une moyenne de 29 élèves par classe est toujours d’actualité ?

IPR : Oui. Personnalisé ne veut pas dire individualisé. Faire des groupes en AP mange la marge horaire. Je conseille la co-animation en EPI. Il faut apprendre des gestes professionnels pour gérer une classe entière en groupes.

Prof : AP et EPI étant compris dans les 26h, faut-il les désigner dans les EDT élèves ?

IPR : Non.

CE : Oui.

Prof : Vous n’êtes donc pas d’accord ?

CE : Il faut que les élèves sachent qu’ils ont eu leur compte d’AP et d’EPI : il faut donc pouvoir identifier les heures.

Prof : Ne suffirait-il pas d’écrire AP ou EPI dans le cahier de texte ?

CE : Non, ce serait insuffisant pour que les parents puissent vérifier le nombre d’heures.

Prof : Les EPI sont-ils à prévoir en classe entière ?

Formatrice : C’est le choix que j’ai fait : pour que l’EPI s’intègre dans ma progression, il est plus simple que je garde ma classe.

IPR : Oui et je conseille la co-animation sur une classe.

Prof : Lorsqu’on a conservé des groupes dans certaines disciplines pour sauver les postes et prévu des groupes en AP, il n’y a plus d’heures pour la co-animation.

IPR : Ce sont des choix faits par les établissements, la réforme prévoit une marge d’autonomie.

Prof : Un EPI peut-il être imposé à un professeur qui n’est pas volontaire ?

CE : Nous espérons ne pas avoir à en venir là.

IPR : Mais les élèves doivent avoir AP et EPI.

Prof : Mais les disciplines peuvent et non pas doivent participer.

IPR : Les élèves doivent avoir AP et EPI.

Prof : On les imposera donc aux collègues ?

CE : En dernier recours, oui.

Prof : Pour les projets concrets des Epi, y aura-t-il des moyens supplémentaires ?

IPR : Non, il ne faudra pas que les projets soient trop ambitieux.

Prof : Vous êtes conscients que les choix pédagogiques vont passer après le souci de sauver les postes ?

IPR : Oui.

CE : C’est l’une de nos préoccupations.

Prof : Etes-vous conscients qu’avoir lu et étudié les circulaires, avoir autant de questions et si peu de réponses ne peut que renforcer notre inquiétude, à nous, qui serons en première ligne ?

IPR : Oui.

(Le « petit » temps questions-réponses » a duré la matinée.)

TEMPS 2 : FORMATION AUX EPIS :

1. Présentation par les formateurs professeurs de leurs projets.
Exemple : Acro sport et bruits du corps, dans le brouhaha.

2. Demande aux collègues de se regrouper par établissement pour ébaucher des projets à partir de « l’existant ». Refus des enseignants qui ont poursuivi des conversations autres.

3. Remplacement du temps de mise en commun initialement prévu par des paroles de remerciement des profs formateurs qui estiment que nous ne les avons pas trop mal reçus !

Formation réforme LILLEBONNE et NOTRE DAME DE GRAVENCHON, 3e groupe, lundi 11 janvier

La 3e journée de formation a commencé par une séance de questions très nombreuses à l’IPR et à la principale présents qui ont voulu présenter, « rapidement » la réforme aux professeurs de Gravenchon qui n’ont pas eu cette formation dans leur établissement. Voici l’ensemble des questions posées, ainsi que les « réponses » obtenues :

Q : Sur la formation à la réforme, qui s’inscrit dans une « refonte globale de l’enseignement », puisque la réforme, notamment sur le cycle 3, intègre aussi les collègues de primaire, pourquoi n’y a-t-il aucun professeur des écoles aux formations ?
R : Grand blanc de l’IPR et la principale qui nous évoquent une éventuelle ½ journée de rencontre là-dessus ou que cela sera évoqué en conseil école-collège. Bref, cela n’a pas été prévu !

Q : Comme on nous répète que les AP, le travail interdisciplinaire, les projets on fait déjà, quel est alors l’intérêt de faire une réforme qui n’est que du recyclage ?
R : Très floue.

Q : Face à l’autonomie grandissante des établissements, « mieux adaptée » à la réalité de terrain, comment prendre en compte les difficultés pour les élèves qui déménagent, difficulté qui sera accrue avec le risque de voir des élèves ne jamais faire certaines parties du programme ?
R : les difficultés existent déjà, mais pour le risque de ne jamais faire certaines parties du programme, pas de réponse.

Q : La marge d’autonomie devant répondre aux priorités d’enseignement de chaque collège « définies par le conseil pédagogique », quand se fait cette analyse ? Sur quelle base ?
R : C’est à nous de voir, c’est pour ça que la réforme est très souple !

Q : Le PSC1 peut-il être maintenu ? Sur quelle dotation, dans quelles conditions, avec ou sans groupe ? Les formateurs PSC1 ont dit récemment que cela ne pourrait se continuer que sous forme d’EPI SVT / EPS (quid donc des formateurs qui ne sont dans aucune de ces 2 matières ?) Enfin, si on choisit dans l’établissement de destiner la marge à cet enseignement complémentaire, les élèves peuvent-ils avoir plus de 26 heures de cours ?
R : Il faudra prendre sur la marge, car pour les EPI, l’IPR et la principale « ne voient pas comment faire ». Pour la possibilité de faire plus de 26 heures de cours « c’est probable », mais pas sûr.

Q : Comme on nous précise que l’EPI langue et culture de l’Antiquité permet de « déclencher le choix de faire l’enseignement complémentaire en latin en 4e et 3e », il y aura donc une perte de programme d’un an par rapport à la situation actuelle.
R : Ce n’est pas grave, cela touche si peu d’élèves !

Q : Comment faire un EPI sur langues et cultures de l’Antiquité qui associe Histoire et Latin puisque l’Antiquité en Histoire se fait en 6e ?
R : Il faut « ajuster » le projet avec d’autres matières, mais concrètement l’EPI associant histoire et Latin qui est « ajusté » cela veut dire « annulé » ? Là oui.

Q : Peut-on maintenir le latin dès la 5e, en prenant sur la marge, selon les besoins de l’établissement (autonomie !) ?
R : Non

Q : Comme l’AP doit se faire par groupes de besoins, comment les évaluer ?
R : C’est à vous de voir dans chaque matière, puisque c’est souple

Q : Peut-on faire des AP dans une autre matière, selon les besoins de la DHG, qui peuvent entrer en conflit avec les besoins pédagogiques ?
R : Non, on ne peut faire de l’AP que dans sa matière, mais il faut donc insister sur les liens entre les matières si ce n’est pas ce qui est retenu. Pas de réponse précise sur le comment ou le fait que cela ne tienne pas l’année.

Q : Vous alignez les groupes de besoins d’AP en 6e pour les sciences, pourtant, les besoins ne sont pas les mêmes en SVT, Physique et Techno ?
R : Aucune réponse

Q : Qu’en est-il de l’intégration des SEGPA et des ULIS dont on nous a parlé, comment intégrer aussi l’« expérience de la difficulté » des profs de SEGPA ?
R : Voyez la circulaire du 29 février 2015, celle qui a été faite AVANT la réforme donc…

Q : Que feront l’année prochaine les élèves de 6e actuellement en bilangue, ainsi que ceux de 4e actuellement en Euro ?
R : C’est encore en arbitrage !!!!

Q : Faites-vous remonter notre mécontentement, nos questions et réflexions à la hiérarchie ?
R : Comme fonctionnaires vous devrez appliquer… mais oui, on le fait. Tant mieux, c’est ce que l’on souhaite.

Finalement, il y a eu 1h40 d’échanges très vifs où, en dehors des réponses, au mieux évasives, nous avons eu le désormais traditionnel : il faut vous l’approprier. Nous avons tout de même entendu des explications magnifiques : « vous raisonnez par discipline, vous ne voyez pas ce que l’élève gagne », non, c’est sûr ; « de la bouche même du doyen des IPR de Lettres, ce n’est pas en mettant plus d’heures de français que les élèves savent mieux lire et écrire » !!!!!! ; ou encore la multiplication de la référence à la « co-animation » comme remède à tous les maux. Ce à quoi un collègue a fini par demander qu’on change de vocabulaire pour « co-enseignement » à la limite car nous étions enseignants, et pas GO au club Mèd !

Les discussions avec les 2 formatrices sur l’AP sont forcément moins tendues, même si elles ont pris la précaution de nous rappeler qu’elles sont collègues, n’ont pas de réponses institutionnelles à donner, subissent aussi la réforme comme nous et n’ont pas de remèdes-miracles à nous proposer.

Q : Qu’est-ce que l’AP en fait ? Demande d’un collègue qui n’en a jamais fait.
R : Finalement, à part des exemples de leurs propres pratiques, qui peuvent être intéressants, mais pas forcément transposables (elles sont en REP+, les moyens et les effectifs ne sont pas les mêmes), on n’aura pas de réponse. On saura juste qu’il faut établir une progression, se concerter, travailler par projet, sur des temps courts, pour éviter la démotivation des élèves. (Tiens, pourtant, la réforme, c’est quand même pour la faire disparaître, non ?).

Q : Alors quelle est la différence entre l’AP et les EPI, puisqu’il y a aussi des projets, alors qu’on voyait plutôt l’AP comme une aide personnalisée, selon les besoins des élèves ?
R : En fait non, l’AP, c’est pour faire des choses plus compliquées qui lassent en classe, et les faire autrement, l’AP c’est dans sa matière uniquement, alors que les EPI sont inter-disciplinaires.

Elles nous proposent surtout un temps d’échange de pratiques. Finalement, nous les avons prises au mot puisque seuls 3 groupes sur 7 ont produit quelque chose, les autres échangeant sur leurs pratiques mais aussi, et surtout, sur les questions et réflexions à propos de la réforme.

Les formatrices ont pointé le doigt sur le fait que nous nous focalisons sur les points négatifs de la réforme, que nous faisons avant tout ressortir notre mal-être en tant qu’enseignants, qu’elles n’en sont pas responsables. C’est vrai, mais au final nous ne voyons pas de points positifs à cette réforme. En tant qu’enseignants, dans nos classes, en général tout se passe au mieux, les relations avec nos élèves et beaucoup de parents sont cordiales et s’appuient sur une confiance mutuelle, et nous cherchons tous à faire progresser nos élèves. Mais cette réforme, qui n’a jamais voulu partir de nos constations de terrain, de nos propositions, qui n’a jamais voulu entendre nos objections et ne trouve pas de réponses à nos questions matérielles et légitimes nous provoque effectivement un énorme mal-être. Et il est dommage que les institutions demandent à des professeurs, formateurs ou non, de trouver des solutions aux problèmes qu’elles ne se sont pas posées. Pour cela un des groupes a rédigé et signé une déclaration que les formatrices se sont engagées à transmettre. Si l’esprit de cette déclaration était partagé par tous, certains arguments ne l’étaient pas, ce qui explique que tous ne l’ont pas signé.

L’une des formatrices a demandé si nous comptions faire le même refus de travail pour la 2e journée sur les EPI puisque nous obéissions à un mot d’ordre syndical. Une collègue a répondu qu’elle n’était pas syndiquée (comme beaucoup en fait) mais ne voyait pas l’intérêt de cette journée, quant aux autres nous avons répondu que franchement, on n’en savait rien. Par contre, il semble que l’IPR ne doive pas revenir la prochaine fois, nous avons demandé sa présence puisque les formatrices, qui ne sont pas plus au point que nous sur les EPI, ne nous paraissent pas devoir justifier seules des choix des autres et des problèmes ainsi soulevés. Nous n’aurons sans doute pas plus de réponse que ce matin…

Haut de la page

Collèges de SAINT-AUBIN LES ELBEUF, SAINT-PIERRE LES ELBEUF, CAUDEBEC LES ELBEUF et ELBEUF

Formations Réforme du collège 12/01/2016 et 14/01/2016 (Elbeuf, St Pierre Les Elbeuf, Caudebec Les Elbeuf)

Organisation de la journée 1 :

Le matin : discussion avec les représentants de l’institution (Questions/ Réponses)
L’après-midi : présentation de l’AP par les formatrices, discussion sur le livret scolaire…

Inspecteur : « Ce n’est pas une présentation de la réforme, le but n’est pas d’imposer la façon de faire mais de réfléchir...essayer de limiter vos inquiétudes »
« Changer les programmes sur tous les niveaux est anxiogène » (mot répété de nombreuses fois...)
« Pourquoi on fait cela ? : des choses fonctionnent, d’autres moins bien, et d’autres pas du tout...Le but donner la chance d’une véritable réussite ».
« Cette année demandera un travail de réflexion, un surcroît de travail, mais pas plus de travail sur les années suivantes ». Mais au fil des réponses, ils ont avoué que la charge de travail allait être alourdie pendant plusieurs années,
« Changement sur les 4 niveaux pour qu’il n’y ait pas 2 systèmes qui cohabitent. En comparaison avec la réforme des bacs pros...On n’a pas eu ce temps-là et cette formation qui vous est proposée ».

Question « Pourquoi les élèves changent de système en plein cours ? »
Inspecteur « Le changement se fait entre CM2-6e, pas au sein du collège. Il y aura des compléments sur les nouveaux programmes. Oui, il y aura une différence en 5e et en 4e en fonction de ce que vous mettrez en œuvre ».
Question (prof de SVT) « Pour les contenus, on va faire en 3e des choses que les élèves n’auront pas vu »
Inspecteur « Il y aura un lissage, une adaptation des professeurs des manques de programmes des cycles. Pour le DNB, prise en compte il y aura un temps d’adaptation »
Question « Pourquoi cette mise en place sur les 4 niveaux ? »
Inspecteur « Arrêté dérogatoire pour la 1re année pour les EPI (et sur les 3e prépa pros)

Remarque « On travaille sans avoir les arrêtés ! »
Inspecteur « Les programmes ont été débattus longuement » « EPI et AP sont la traduction de ce qui existe déjà »

Remarque « Les éditeurs n’ont pas assez de temps pour éditer les manuels »
Inspecteur « Ce temps qui peut vous sembler court est déjà très bien utilisé. Pour les manuels, cela pose question. Je fais confiance à la réactivité des éditeurs. »

Remarque (professeur de langue) « Cette réforme est dictée par un calendrier électoral » Le collègue fait référence à la suppression des bilangues, classe euro et suppression de la mixité sociale.
Inspecteur « Avec la 2nde langue dès la 5e, on amène tous les élèves vers la bilangue » « On propose à tous les mêmes stratégies pédagogiques, on offre à l’élève des activités qui lui permettent d’aller le plus loin possible ».
Proviseur « Moi, je récupère les élèves, parfois bien cabossés. Comment fait-on pour qu’ils ne décrochent pas ? Est-ce qu’on essaye d’inventer autre chose ? ; la réforme ne fonctionnera que si vous vous en emparez. »
Principale « Il va falloir avoir une vision globale sur ce que l’on fait auprès des élèves, et sur les postes »
Inspecteur « Votre travail n’est pas de répartir des heures, mais vous êtes au coeur de la stratégie, vous serez force de proposition ».

Question « Le C.A. va voter les 27 heures ? Les parents d’élèves, ceux qui votent au C.A. auront leur mot à dire ? »
Principale de collège « Comme chaque année, c’est une concertation multiple ! »

Question « Le C.A. n’a pas plus de moyens ? Il faudra faire des choix à cause des manques de moyens ! »
Principale « Comme d’habitude ! »
Question « Il est où le changement ? »
Principale « Comme d’habitude ! »

Question (professeur en ULIS) « Pour la segpa, quel changement ? On risque d’aller vers plus d’inclusion ? Va t-on mettre en concurrence les ULIS/Segpa ? »
Proviseur « j’ai fait une demande d’ouverture d’ULIS lycée »
Inspecteur « La problématique des élèves en situation de handicap est importante. On a du mal à maîtriser. On a un manque d’accompagnement et de formation pour ce public spécifique ; la circulaire spécifique pour l’enseignement adapté dévolue aux segpa est maintenue. L’inclusion des Segpa doit être effectuée autant que possible. »

Remarque (professeur d’anglais) « La section euro, chez nous, élite du Puchot disparaît, dommage de retirer cette possibilité. Les professeurs du primaire auront-ils du temps de concertation ? »
Inspectrice 1er degré « c’est prévu dans leurs 108h statutaires de formation »

Question « Y aura t-il des temps de concertation pour les projets pluridisciplinaires ? »
Inspecteur « Cela fait partie du statut des enseignants, cela va se payer en terme d’emploi du temps... »
Principale « L’enjeu est de trouver un équilibre pour les élèves et pour les personnels »

Question « Quid du TZR ? Collègue qui arrive dans un établissement ?
Inspecteur « Je n’ai pas de réponse. Ces états de fait existent déjà. Je n’ai pas les moyens de répondre à votre demande. La réforme n’amènera pas de complexité. En matière de moyen, je ne prendrai aucun engagement. »
Question « Et l’AP ? »
Inspecteur « On ne souhaite pas que vous fassiez de l’AP à 30. On envisage des stratégies pour arriver à 18 ou 20 » « Avec 2h75, on peut utiliser 1 h...Donc classes en barrettes. »
« Le nouveau socle commun de compétences et de culture doit clarifier les choses : on vous propose un socle commun sur lequel on cale les disciplines. »
« EPI fait par toutes les classes sur un niveau »
Réaction des professeurs « Cela va créer des contraintes dans les équipes pédagogiques ! »

Question « Quid du professeur documentaliste ? »
Inspecteur « Je ne peux pas vous répondre, je ne sais pas...C’est vrai que vous n’apparaissez pas beaucoup dans les programmes. »

Question « Y aura-t-il des modifications du CFG ? »
Inspecteur « Bonne question ! Je ne peux pas vous répondre ! »

Question « Quels sont les facteurs qui font que le niveau se dégrade ? »
Inspecteur « Je vous fais une réponse personnelle...Est-ce que le collège des années 70 fonctionnerait maintenant ? Inadaptation qui a trouvé ses limites auprès des publics auxquels il avait à faire. »
Principale « Quand l’AP est arrivée avec la réforme du lycée, les professeurs ne savaient pas faire, ils se l’ont approprié »
Inspecteur « Faites-vous confiance ! Cela peut être des formations négociées sur site. A vous de déceler vos limites. »
Remarque professeur « Il nous manque des objectifs clairs ! »
Les enseignants ont demandé si les questions seraient remontées…
Constat : l’inspecteur s’est livré au jeu des questions/réponses sans prise de notes

Le proviseur est resté les 3/4 du temps debout

La principale beaucoup sur son portable…

Seule l’inspectrice du 1er degré à pris des notes, mais à dû partir en réunion…

Avis de collègue sur la formation de mardi jugée « assez édifiante », quelques morceaux choisis :

"on sait que vous le faites déjà !" (Alors pourquoi appeler ça une réforme ?), "on vous fait confiance pour faire au mieux" (en clair :"débrouillez-vous !"), "on a connu pire mise en œuvre avec la réforme des lycées pro" -dixit l’IPR présent- (en clair : on vous coupe la mais on pourrait faire pire et vous couper le bras !) ou enfin "Il faut faire la différence entre l’Aide Personnalisée et l’Aide Individualisée !" (Subtil !!)

Le tout "dans l’intérêt des élèves".

Après-midi totalement ubuesque entre une formatrice agressive et l’autre complètement effacée face à des collègues qui bavardaient, jouaient sur leur PC ou leur tél, corrigeaient des copies...... Le mo-ment le plus utile était la plénière du matin car il y avait un CE et un IEN du second degré qui n’a pas arrêté de répondre aux questions en nous faisant des leçons de sémantique....

1er question : avec les nouveaux programmes qui vont s’appliquer sur les 4 niveaux d’un seul coup, quid des éditeurs de manuels ? Quid des élèves en cours de scolarité collège et donc quid du conte-nu des épreuves du DNB ? Réponse de l’IEN : les éditeurs feront au mieux, les sujets des épreuves seront adaptés (on se demande comment !!!!!) et je compte sur les enseignants pour qu’ils se concer-tent d’une année sur l’autre afin de veiller à ce que les élèves acquièrent toutes les notions prévues dans les nouveaux programmes.

Question 2 : Pourquoi supprimer les classes euros ? Réponse : les classes accentuaient trop les diffé-rences entre les élèves. Il aurait fallu que ce soit géré en section euro et non pas classe euro.

Question 3 : Comment vont faire les collègues travaillant sur plusieurs collèges pour se concerter avec les équipes péda, puisque sur un même niveau, le programme ne sera pas forcément le même d’un bahut à l’autre et on leur aura peut-être prévu un EPI. Ces collègues ont des conditions de tra-vail pénibles et la réforme ne va pas a priori améliorer leur quotidien. Réponse : Ils ont toujours fait au mieux et ils le feront de même.

Question 4 : En dessous de quel seuil de nombre d’élèves d’un groupe d’AP estimez-vous que l’AP est efficace car personnalisée ? Réponse : (encore une leçon de vocabulaire) il ne faut pas confondre personnalisée et individualisée. L’AP à 22 élèves est tout à fait personnalisée.

Question 5 (collègue d’Elbeuf) : Quid des SEGPA ? Réponse : le maintien des élèves à profil SEG-PA dans des classes au profil "classique" permettra de diminuer les inégalités...

Impressions des collègues sur la présentation de l’AP le mardi après-midi :

« Comment faire de l’eau chaude avec de l’eau tiède ? « 
« Je n’ai pas compris grand-chose sur ce qu’on attendait de nous en AP. Un vrai casse-tête. Pour le contenu de l’AP, au secours !! Il faut que ça rentre dans le projet d’établissement, dans le socle commun, il faut faire de la pédagogie différenciée en classe entière (ou presque !) et en plus c’est évalué !! Je ne comprends pas le rapport entre l’intitulé ("Aide personnalisée") et le contenu »

Un EPI anti-réforme a été présenté : applaudissements de la salle !

Journée 2 :

Le jeudi matin, tous les collègues sont repartis à la formation très déçus de la journée du mardi. Les collègues qui jusque-là avaient réservé leur avis ont exprimé leurs vives inquiétudes le mercredi… Personne n’avait envie de se mettre au travail… Diffusion par des stagiaires d’un morceau choisi de la chanson de Grand Corps malade L’éducation Nationale : applaudissements.
L’EPI présenté par les formatrices (travail en techno sur la création des voitures en partenariat avec des entreprises) n’a pas convaincu les collègues qui disent avoir perdu leur temps.
L’après-midi, diffusion de billet de Nicole Ferroni… Nouveaux applaudissements…
Cette demi-journée consacrée au travail sur des logiciels a été jugée plus intéressante, mais sans rapport avec la mise en place de la réforme !

Constat : Les collègues sont rentrés de ces 2 jours de formation confortés dans leur opposition à la Réforme, plus inquiets encore...et ceux qui étaient venus avec un avis modéré portent à présent un discours négatif...

Haut de la page

Collèges du HAVRE - 11 janvier

Les personnes présentes au début étaient les formateurs (une documentaliste et un prof de lycée, une inspectrice de gestion, un proviseur, une principale de collège). On nous explique que nous avons beaucoup de chance, car pour une fois, une réforme est accompagnée par de la formation.
On nous demande si on a des remarques préalables ou des questions type DHG, car ce ne sera pas l’objet de la réunion, consacrée en principe aux EPI. Les remarques et questions durent une heure environ.

Ex :
- pourquoi attribuer 4h à 3 matières : svt, physique, techno, ce qui d’emblée divise les équipes et créé des problèmes ?
- comment faire de l’AP classe entière ? (Réponse à la formation suivante car pour l’instant ils ne savent pas !) on nous répond juste que « personnalisé » ne veut pas dire « individualisé », donc on trouve des besoins communs à tous les élèves et on y remédie.
- changement de programme sur 4 niveaux en une fois, ...
...
Puis on reste avec les 2 formateurs, qui très vite proposent qu’on aille dans une salle faire des groupes et travailler sur des EPI, avec des collègues d’autres collèges puisqu’on est très peu du même collège, donc fort peu utiles. On a 2 exemples sur papier à critiquer et commenter, mais c’est juste une vague trame et on n’a pas le contenu des séances.
On a passé du temps aussi à parler des idd, et on devait dire pourquoi ça n’avait pas marché, or nous on en a jamais fait, et on n’était pas les seuls, et on nous a montré une vidéo d’un EPI dans un collège expérimental, mais juste une minute d’élèves encadrés par 2 profs.

Idem l’après-midi, petit groupe pour "travailler" ensemble, donc la formation ne nous a rien apporté.

Haut de la page

Collèges de GRAVIGNY / CONCHES EN OUCHE / RUGLES session 1 le 12 janvier

Tractage sous une pluie battante, un déluge, à tel point que les feuilles déjà humides se chiffonnaient... les collègues se précipitaient à l’intérieur pour être accueillis par 2 proviseurs, 1 principal et 1 IPR.
La formation a commencé par la longue présentation de l’IPR qui n’a rien dit de plus que ce qu’il avait dit lors de "l’AG" ou du conseil pédagogique élargi... Le principal a tenté de placer quelques mots entre les réponses de l’IPR qui cherchait toujours à avoir le dernier mot. Les formateurs (une prof d’EPS et un prof de Techno) faisaient potiche. Mais durant ce temps, je me suis aperçu que les collègues d’un des collègues étaient motivés et impliqués alors que ceux des deux autres sont restés silencieux.
Quelques interventions pour signaler l’absence de prise en compte du temps de concertation nécessaire ou le fait qu’il aurait fallu maîtriser les programmes avant de se lancer dans les EPI.
Vers 10h45, les formateurs nous ont distribué des papiers pour qu’on écrive 3 synonymes d’interdisciplinarité. Au moment de la restitution, étrangement alors qu’environ 60 coupons ont été distribués à une moyenne de 3 mots par coupon, il n’y avait que 22 mots (tous positifs) qui ont été retenus. Puis les formateurs ont présenté 7 projets d’EPI en nous disant qu’ils n’étaient pas parfaits et qu’on allait travailler en groupe pour les améliorer ou les critiquer.
Seul les collègues d’un des 3 collèges ont participé à l’activité.
Certains ne voulant pas rendre copie blanche ont fait remonter les problèmes liés à l’évaluation, le temps consacré dans et hors la classe pour les EPI.
Comme personne ne parlait, c’est donc à 16h que nous avons terminé et le formateur a donc meublé pendant 25 min en nous lisant un diaporama qui présentait ce qu’était un EPI pendant que la salle n’écoutait plus... C’est là où j’ai eu une pensée pour le malaise de nos collègues formateurs... qui ont cherché à positiver malgré tout.
Ceux qui espéraient des solutions où des réponses en ont été pour leurs frais... Le summum du découragement étant atteint par cette feuille diagnostic, où il y avait 3 questions : Vos problèmes, vos solutions et vos questions.

Haut de la page

Formations des collèges de Bourgtheroulde, la Saussaye et Routot (11 / 12 / 14 janvier)

Intervenants : 2 formateurs, 1 principal et 1 IPR

Présentation de l’esprit de la Réforme par l’IPR

PROF – Croyez-vous à l’esprit de la réforme ?

IPR – je crois au changement de pratiques pédagogiques. L’élève n’a plus le goût de l’effort. Il faut changer sa représentation sur ce que c’est d’être un élève au collège. La Réforme est une révolution sur les pratiques pédagogiques qui n’ont pas évolué depuis 20 ans. Il faut donner du sens, il faut s’appuyer sur les EPI, mettre en place la différenciation pédagogique par de nouvelles pratiques. L’AP doit permettre de travailler autour de groupes de besoins. Vous le faîtes déjà.

PROF – pour l’AP, personnaliser ce n’est pas possible avec des groupes de 24 élèves.

IPR – C’est quelque chose que vous faîtes déjà. Il faut s’appuyer sur votre expertise, votre discipline, votre programme. L’AP est une modalité d’enseignement différente. Le but de la mise en place de l’AP est de l’imposer aux enseignants qui ne le font pas encore. Le socle commun n’a pas vraiment marché.

PROF – On supprime ce qui donne le goût de l’effort (euro, bilangue…). C’est une réforme qui ne donne pas d’égalité sur le travail à la maison, il faudrait donner une heure dans l’emploi du temps des élèves pour faire au collège le travail à faire à la maison.

IPR – c’est ce qui se fait dans l’enseignement prioritaire, mais ils ont des moyens plus importants.

PROF - que pensez-vous de la suppression des classes euro ?

IPR - Joker

PROF : la Réforme risque d’entraîner une fuite vers l’enseignement privé et une perte de mixité sociale dans de nombreux établissements. Certains établissements privés ont prévu des dispositifs pour maintenir les classes euros et bilangues.

IPR – le privé n’a pas la capacité d’accueillir plus d’élèves.

PROF – ils vont faire une sélection à l’entrée.

IPR – pas de réponse

PRINCIPALE – tous les chefs d’établissement du privé étaient présents aux réunions sur la Réforme. Ils sont sous contrat, ils vont appliquer la réforme.

ANIMATRICE – M. Fatras (DASEN) s’est engagé à faire respecter la réforme dans le privé.

PROF : un établissement privé du secteur propose 3 langues en 4e.

IPR – ils peuvent en rajouter en plus du contrat.

PROF – disparition des clubs et ateliers par manque de moyens.

ANIMATRICE – dans certains collèges, cela se fait sur la base du bénévolat des enseignants, bien que ce ne soit pas l’idéal.

PRINCIPALE – Vous ne pouvez pas dire que vous ne ferez plus de clubs. Vous ne connaissez pas vos moyens (DHG)

PROF – pour aligner les classes en AP, on a mis en place des programmations annuelles dans certaines disciplines, alors que les classes n’avancent pas à la même vitesse.

IPR – pourquoi avoir choisi cette organisation ? Ca ne tient pas la route !

PROF – Manque de moyens pour les élèves en grande difficulté (autistes, dys-…). Pas assez d’AVS. Comment prendre ces élèves en compte ?

IPR – il faut faire des groupes en AP, mettre en place des formations, des dispositifs pédagogiques.

PROF – On manque de temps de réflexion, de temps de concertation ; il faut donner des réponses trop vite (calendrier des conseils pédagogiques, des CA…)

IPR – C’est vrai, le calendrier est trop court.

PROF – il y a une contradiction entre volonté de personnaliser et disparition des euros/bilangues/latin

IPR : on se focalise trop le débat sur 10-15% d’élèves. C’est vrai que les bilangues fonctionnent
bien. Mais la Réforme propose à tous une 2nde langue dès la 5e.

PROF - temps d’exposition en LV2 trop court avec la réforme.

IPR – on ne sait pas si ça va marcher.

PROF – la réforme augmente les tensions dans les collèges. La réforme est un choix budgétaire.

IPR – il y a des contraintes...

PROF – l’enseignement supérieur se plaint du niveau des étudiants suite à la réforme du lycée. Et dans quelques années après la réforme du collège ?

IPR – l’enseignement supérieur doit s’informer et s’adapter sur ce qui se fait au lycée.

PROF – préparer des nouveaux programmes, des EPI, de l’AP, s’approprier le nouveau socle commun, se concerter avec les enseignants du primaire, préparer le nouveau DNB : ça fait beaucoup d’un coup. Comment produire un travail de qualité ?

IPR – 4 programmes d’un coup, c’est… (sic)
ANIMATRICE – en septembre, la conscience professionnelle l’emportera. Il est préférable de se préparer tout de suite.

PRINCIPALE – La priorité pour le moment c’est le CA, la répartition de la DHG, sauver des postes… La préparation pédagogique se fera après.

11h : pause

Départ de l’IPR et de la Principale

11h30 : PowerPoint « comment construire un EPI ? »

12h : pause repas

13h45 : reprise. Diaporamas de docs officiels disponibles sur éduscol

14h50 : répartition par collège dans différentes salles pour réfléchir aux EPI. Aucun travail n’a été fait.

16h : personne ne rend rien.

Les 3 collèges se mettent d’accord sur le texte d’une déclaration commune qui doit être transmise aux animatrices. Les collègues de Routot veulent rajouter des précisions qu’ils communiqueront demain.

A l’issue des 3 journées de travail (lundi 11, mardi 12 et jeudi 14) auxquelles ils ont assisté, la grande majorité des enseignants des collèges Le Roumois de Routot, André Maurois de La Saussaye et Jean de La Fontaine de Bourgtheroulde remercient les animateurs de s’être déplacés pour tenter de nous expliquer la réforme du collège et sa mise en œuvre.

Cependant, ils regrettent :
- que leurs questions n’aient pas eu de réponses précises et qu’elles n’aient pas mis fin à leurs inquiétudes,

- que la formation se soit limitée à une information et à des ateliers pour mettre en place la réforme, alors que la mise en œuvre de celle-ci n’est toujours pas claire,

- d’avoir le sentiment d’avoir perdu une journée

Au terme de ces journées, les professeurs présents expriment leur opposition à cette réforme qui ne répond ni à leurs attentes, ni aux besoins des élèves.

Ils demandent donc :

- le retrait de la réforme,

- l’annulation des autres journées de formation et la possibilité de prendre leurs classes pour faire cours.

Haut de la page

Collèges DU HAVRE le 15/01/2016

Intervenants : 2 CE, 2 IA, 1 CPE
36 participants venant de 17 établissements et de 15 disciplines

**Présentation d’un CE.

1 IA rappelle les grosses difficultés du collège, l’enquête PISA, le nombre d’élèves en difficultés en augmentation depuis 15 ans, l’ennui des élèves, les résultats très différents suivant l’origine sociale, les profs qui ne s’intéressent pas aux élèves.
Il faut du changement.

Renforcer les fondamentaux, développer de nouvelles compétences, faire évoluer les modalités de l’enseignement.
Il parle de la refondation, des cycles, du conseil école/collège, des nouveaux programmes.

L’autre IA flatte en disant « vous savez faire plein de choses "(nous voilà rassurés !!). Elle ajoute "il faut qu’on avance avec vous ".

Parole est donnée à la salle qui s’en est emparée plus longuement qu’il était prévu.

*Intervention pour demander à quand la formation sur les programmes (réponse : plus tard).

*Réaction sur la présentation de la réforme avec rappel d’une démocratisation jusqu’en 1995, arrêt depuis avec un investissement insuffisant du pays pour l’éducation. Réaction aussi sur la description exagérée des difficultés du collège (ennui par exemple). D’autres raisons sont ignorées (effectifs par classe, disparition des groupes réduits, assouplissement carte scolaire). Vincent Peillon était un peu à notre écoute, NVB pas du tout ce qui explique la situation de blocage depuis le printemps. Il va être compliqué dans ces conditions d’avancer avec vous. Les parents aussi s’inquiètent (voir l’appel de la FCPE 76 demandant la suspension de la réforme). (réponse : « vous déformez les propos sur les difficultés du collège » et contestation sur les effectifs en augmentation).

*Un collège s’inquiète de la disparition des classe euro, de la DP3. Du coup les parents veulent mettre leurs enfants dans le privé.

*Une autre collègue souligne les difficultés rencontrées dans le primaire (le collège n’est pas coupable de tout), n’est pas convaincue que la disparition des bilangues ou du latin sera compensée par les nouveaux dispositifs et se demande bien quand rencontrer les PE pour le cycle 3.

*Une question sur IDD et EPI avec comme réponse le caractère obligatoire des EPI (c’est bien le problème).

*Est souligné aussi le caractère anormal de la communication des DHG, tant au niveau académique qu’au niveau national, avant la réunion des instances : curieuse conception du dialogue social.

**Pour résumer chacun a pu développer ses arguments sans réellement convaincre le camp d’en face.

Les collègues sans intervenir beaucoup semblaient plutôt partager la parole de la salle.

**1 IA et 1 CE partent.

**Diaporama.

**Répartition en 3 groupes sur les EPI.
*Dans un groupe la discussion se débride (aucun retour en plénière ensuite sur les 2 autres groupes).
*On va enlever des heures matières. (réponse : "mais non les EPI sont des heures d’enseignement").
*Pb des collègues qui arrivent dans un établissement, ou des TZR, ou des élèves qui changent d’établissement. ( réponse : "c’est vrai il y a un problème").
*EPI imposé à tout un niveau, atteinte à la liberté pédagogique. (pas de réponse).
*Il faut des projets.
*Il va falloir appliquer car vous êtes fonctionnaires dit par un CE qui se dit pas vraiment satisfait par la réforme mais la fait appliquer quand même !
*Une collègue dit "je vais subir à la rentrée".
*Dans un établissement plus d’allemand à la rentrée.
*Dans le privé ils vont continuer de faire comme avant.
*Problème de la concertation (une proposition est faite par le CE de résoudre la question en prenant des HIS).
*Dans un autre collège suppression de 3 classes avec fuite vers le privé.

**Retour en plénière avec un diapo sur interdisciplinarité.

**L’après midi reconstitution des groupes du matin pour travailler sur les EPI.

*En fait deux groupes ont fusionné. La proposition de travail s’est traduite par : la moitié a gentiment bavardé et refusé de faire la tâche demandée et l’autre moitié a vaguement lu les documents. Au final rien n’est ressorti de concret. En préalable quelques échanges "Il faut s’y mettre, on est tous dans le même bateau" suivi de "peut-être dans le même bateau mais on ne rame pas dans la même direction" "Vous ne pouvez pas dire cela" "Je vous le confirme et arrêtez de faire croire que nous sommes là de notre plein gré. Nous sommes là contraints et si on ne vient pas, on nous retire 1/30 ème".

*Le dernier groupe a produit deux petits compte rendus concernant en tout 6 personnes ( sur 36 au départ !!! ).

**La journée s’est terminée en avance sur un dernier diapo vantant bien sur les EPI.

L’assemblée n’a pas paru convaincue et a regretté d’avoir été dispersée à ce point sans pouvoir échanger avec les collègues d’un même collège.

*Des propositions de stages sur site pour 2016-2017 ont été suggérées pour finir.

Haut de la page

Collèges d’Elbeuf, Caudebec-lès-Elbeuf et Saint-Pierre-lès-Elbeuf ( + quelques collègues de Oissel) les 4 et 5 février 2016

Comité d’accueil : un CE de collège, le CE du lycée d’accueil, l’IA-IPR du BEF, l’IEN de la circonscription + 2 formatrices, professeurs de technologie et d’histoire-géo.

Ceux-ci savaient d’emblée qu’ils rencontreraient une opposition puisque certains d’entre eux se sont vus proposer des badges « Non à la réforme » à l’entrée du lycée. Ils se sont retrouvés face à une assemblée d’enseignants qui, pour la plupart, arboraient des T-shirts contre la réforme ou des badges (ou les 2 !) et avaient déposé un carton rouge sur la table.

Mis à part une des formatrices qui s’est montrée méprisante, cherchant à avoir réponse à tout quitte à affirmer des choses dont on aimerait vérifier la véracité (ex : certains collèges auraient 4h de marge par classe ???), le comité d’accueil s’est montré plutôt embarrassé, avouant ne pouvoir répondre aux questions posées par les collègues des 4 établissements... Nous avons senti qu’ils n’étaient pas convaincus eux-mêmes mais là par obligation...

Quelques exemples :

Prof : « Qu’en est-il des collègues sur plusieurs collèges ? »

IA-IPR : « Je n’ai pas de réponse ». Devant la levée des cartons rouges : « je veux bien prendre un carton rouge mais je ne pourrais vous dire ce que je ne sais pas ».
+ « On se retrouve, comme Pascal, devant un infiniment grand. La rentrée 2016 nous donne un sacré vertige ».
+ « On a besoin de temps en plus »

Prof : « comment diviser les 4h entre les 3 matières de sciences en 6e ? »

IA-IPR : « Je ne suis pas compétente ... »
+ « On fera comme aujourd’hui, en essayant de faire au mieux ».
+ « On peut espérer que le livret numérique va aider ».

CE : « Je ne veux pas discuter du bien-fondé de la Réforme. Elle a été votée. »
+ « Je ne sais pas si c’est la bonne réforme ; en tous cas, elle s’impose. »
+ « Il faut que tout le monde se rassure. »
+ « On s’est battu pour les bilangues. Je ne devrais peut-être pas le dire ».

Prof : « Pensez-vous que la marge soit égalitaire ? »

CE : « J’avoue que je n’ai pas la réponse. »

Prof : « Si vous avez la réponse... »

Prof : « En quoi l’AP et les EPI vont-ils être la réponse ? »

CE : « On vous propose »

Prof : « Non, on nous l’impose. »

Prof : « On a l’impression d’une improvisation »

CE : « Je ne dis pas que tout est merveilleux. On verra où on va dans 3 ans »

Prof : « Droit dans le mur ! ». Les collègues montrent alors leurs T-shirt...

CE : « A vous de choisir le mur pour qu’il soit le plus confortable possible ! ».

Prof : « Au moment de la répartition, on fait des choix par rapport aux postes à sauver et non des choix pédagogiques ».

CE : « Sans les élèves, on ne serait pas là ! »

Prof : « Sans cette réforme, on ne serait pas là ! »...

Avant leur départ, nous leur avons rappelé que nous ne cessions de rédiger des motions, d’écrire des courriers, que certains inspecteurs avaient eux aussi écrit des courriers et leur avons demandé si de leur côté, ils pouvaient entreprendre le même type d’actions. Ils ont promis de faire remonter...


Nous sommes ensuite restés avec les 2 formatrices. L’une d’elle avait déjà agacé beaucoup de monde avec son histoire de marge de 4h dans certains collèges...+ quelques réflexions inappropriées pour répondre à la suppression des bilangues et euros « Nos élèves trouveront de quoi compenser et approfondir à la maison » (oser dire cela alors que nous sommes en REP + ou en en ZEP pour 3 collèges...) + « si les élèves sont aussi mauvais en langue en France, c’est à cause de l’audiovisuel qui ne diffuse pas les films en VO ».

Annoncé au programme le matin pour les 3 demi-journées :

- mise en œuvre des EPI

- AP : organisation

- l’évaluation

En réalité, on nous a projeté une vidéo sur un projet (course en cours) où les filles étaient toutes vêtues de rose avec des chouchous et les garçons en bleu puis balancé quelques photocopies...et laissé en plan pour travailler. Comme la quasi-totalité des collègues n’avaient pas envisagé les choses de la sorte, certains corrigeaient, d’autres lisaient ou discutaient...La journée fut longue.

Des collègues avaient convoqué la presse au sortir de la formation pour dénoncer le mépris du gouvernement et de l’institution à notre égard. Nous avons pu répondre aux questions du journaliste et une photo des enseignants brandissant un carton rouge a été prise.

Le lendemain, rebelotte...et visionnage de vidéos. Ex : une expérience menée au sein d’une classe où aucun élève ne bouge, aucun ne pose de questions, tous appliquent les consignes à la lettre, très concentrés et comprennent du premier coup, prennent la parole uniquement lorsqu’on les interroge et s’écoutent les uns les autres...Ca existe ?

Alors que nous avions noté la veille qu’on parlerait de l’organisation de l’AP, la formatrice nous répond :
« Je parle de pédagogie, pas d’organisationnel ! ».

On parle ensuite de classe inversée qui n’est pas une martingale pédagogique, de pédagogie du smartphone et de la tablette. (Quand on pense qu’au collège Mandela, il n’y a pas eu de papier pendant 2 mois pour faire des photocopies, et que la période s’est achevée sans PQ, ça laisse perplexe...).

Comme les collègues du 1er groupe, nous sommes repartis sans avoir compris ce qu’on attendait de nous pour l’AP...qui n’aurait pas dû s’appeler comme ça d’ailleurs (mais comment ? ). On a juste retenu que les EPI et l’AP n’étaient pas nécessairement fléchés dans l’EDT puisque ceux-ci font partie intégrante de l’enseignement. Ce sont 2 des 3 modalités de l’enseignement.

Alors dans ce cas, pourquoi cette pression dans certains collèges s’ils sont intégrés aux cours ? Et comment comptabiliser les heures ? Bref, beaucoup de contradictions...et un flou artistique qui demeure...
On a aussi compris que la formatrice avec ses « moi, je, personnellement », le tout dans la même phrase, était surtout là pour s’écouter parler...

Pour conclure, formation = zéro...normal, on nous avait prévenu qu’elles n’étaient pas des formatrices mais des animatrices...alors, animation = double zéro... Les formatrices n’avaient manifestement pas préparé de quoi « animer » 2 journées : 1 seule aurait largement suffi...Si on faisait pareil avec nos élèves, ils monteraient sur les tables ! Nous avons été plutôt disciplinés ... même si cela avait des allures de garderie !

Bref, nous sommes repartis au choix...dégoûtés, écoeurés, scandalisés, inquiets, énervés, atterrés, dépités...mais heureusement, contents d’être en vacances pour essayer d’éloigner tout cela...

Haut de la page

 Réforme du collège » des 29 février et 1er mars 2016 au CLG Pierre Mendès France de Val-de-Reuil">

Compte-rendu des deux journées de formation « Réforme du collège » des 29 février et 1er mars 2016 au CLG Pierre Mendès France de Val-de-Reuil

Collègues présents : équipes des CLG Pierre Mendes France et CLG Alphonse Allais de Val-de-Reuil et du CLG Michel de Montaigne du Vaudreuil. 30 professeurs à peu près.
Le Principal accueille brièvement les collègues : « Les choses se feront parfois dans la douleur […] mais en douceur » ce qui résume assez bien l’ambiance de cette session de formation.
Sont mobilisés pour nous former en douceur mais dans la douleur (ou l’inverse) : deux IPR et une collègue enseignante. Les échanges se feront constamment d’une manière courtoise, ni agressive de la part des collègues formés, ni désagréable du côté des formateurs. Ce fait mérite d’être souligné, tant les impressions de la première cohorte passée devant les mêmes intervenants avait été négative (les collègues s’étaient plaints du manque d’écoute des formateurs vis-à-vis de leurs inquiétudes et de l’attitude de la formatrice).
Journée 1 :
Matinée 1 : Le premier IPR fait un discours d’ouverture où domine l’idée que rien ne change pour que tout change, puisqu’on ne fera que systématiser ce que nous faisons déjà, mais que nous n’exploitons pas « au mieux ». Interdisciplinarité, individualisation, enseignements pratiques, les 5 domaines du nouveau socle, le numérique. Il reconnaît notre opposition qu’il interprète comme une « peur » face aux changements. Il présente la réforme comme un « essai » sur lequel on reviendra si l’efficacité escomptée n’est pas obtenue.
Les questions des collègues fusent :
-Dans un environnement mouvant (collège qui change, collègues qui mutent (turn-over de plus en plus important dans les établissements classés REP ou REP+, dû aux conditions de travail), élèvent qui déménagent en cours d’année, hétérogénéité de plus en plus marquée etc…, comment faire ? Est-ce la fin du collège unique quand on voit la diversité des organisations imaginées par les CE pour satisfaire aux exigences de la réforme ? Pas de réponse ou confuse, « Il faut s’emparer des Conseils pédagogiques pour tout mettre sur la table », « Le Conseil Pédagogique arbitre…euh, enfin, c’est le CE… »
- On nous a déjà demandé de bâtir les IDD, qui ont été abandonnés. Quelle est l’efficacité prouvée des dispositifs d’EPI ? Les élèves sont-ils des cobayes ? Réponse : « les IDD existent encore… » La réponse escamote la question.
- On nous demande tout et trop à la fois : EPI, AP, tous les programmes modifiés en même temps, nouveau socle, etc. Réponse de l’IPR de Mathématiques : « C’est plus lisible ainsi, et plus efficace. »
- Des matières sont sacrifiées : langues anciennes, allemand, et des dispositifs très pertinents supprimés (DP3, bilangue, option euro espagnol). Réponse : « La DP3 existe encore » et « Il faut voir les bons côtés, on a une LV2 en 5e ».
- Cette réforme se fait sans heures et sans moyens. Le travail individualisé prôné par la réforme est un leurre : on ne peut fonctionner en petits groupes, ni dédoubler. Cette standardisation pseudo-égalitaire ne répond pas à nos attentes. Réponse : « Les effectifs par classe de l’éducation prioritaire (la collègue qui a posé la question enseigne dans un collège REP) sont moins lourds, on peut y pratiquer la différenciation pédagogique ». Bon, et les autres ?
Petite conclusion : « Vous êtes de vrais professeurs impliqués et convaincus ».
Impliqués, certes. Convaincus ?
Ensuite : présentation des origines de la réforme (Appel de Bobigny, loi de refondation de l’Ecole et son socle commun), présentation du nouveau bulletin. On nous incite assez fortement à ne plus noter, en tout cas pas sur 20.
Des collègues interviennent :
- Problème de l’info-doc qui va se retrouver marginalisée et diffuse dans le bulletin, alors qu’actuellement elle figure comme une matière dans les bulletins de certains collèges. Réponse : « Elle sera partout » … et nulle part en effet !
- Problème du redoublement : que faire si l’élève a « insuffisant » dans certaines matières, puisque les matières ne se compensent pas et qu’il n’y a pas d’arithmétisation des résultats ? Pas de réponse.
Puis : présentation du nouveau Brevet.
Des collègues interviennent :
- Dans le décompte des points de l’examen du DNB, une matière comme les Mathématiques, par exemple, comptera moins (50 points) que l’oral de présentation d’un EPI (100 points). Pas de réponse donnée à cette remarque.
- Le contrôle continu prendra-t-il en compte la seule année de 3e ou bien 4e-3e ? Blanc. Pas de réponse, on ne sait pas. Cette mouture est la dernière mais… les choses peuvent changer, elles changent sans cesse !
Après-midi 1 : les EPI.
Présentation des EPI. Les formateurs insistent (et insisteront tout au long des ces deux journées) sur la liberté totale d’organisation qui est laissée… « Pas de barrière, pas de contrainte », « Pas grave si ça déborde », mais on nous rappelle qu’il faut y consacrer 36h/élève par EPI X 2 EPI par an au minimum…Mais on peut les organiser « sur une semaine (un exemple nous est montré, une semaine sur le ballon ovale), dix semaines, un trimestre, un semestre… peu importe ». On nous donne seulement deux exemples d’EPI aboutis : l’Ovalie (déjà cité) et « Construire une mini-entreprise ».
Des collègues posent des questions :
- Comment travailler en commun sur des projets parfois très lourds sans temps de concertation prévu ni rémunération ? Quelques-uns font la comparaison avec les IDD, qui prévoyaient des plages assez importantes de concertation, de correction, de réflexion. Réponse : « Demander au CE de prévoir dans l’emploi du temps une heure libre pour tout le monde, en M4 par exemple ». Non rémunérée, bien entendu.
- Les équipes sont mouvantes : comment s’impliquer dans des projets décidés par d’autres ? Et comment faire si on enseigne sur plusieurs établissements ? Pas de réponse.
- Problème des matières sur lesquelles sont prises les heures nécessaires aux EPI : diminution des horaires-matières au profit de projets interdisciplinaires.
- Problème de l’instrumentalisation de certaines matières, qui « disparaissent » en servant juste d’outil technique au service d’un projet (Ex. : les Arts plastiques qui, comme le rappelle un collègue ne sont pas des Arts appliqués, ou le latin qui se trouve réduit à l’étude de l’étymologie ou à de la civilisation sans lien avec les textes ni la langue).
- De très nombreux collègues craignent une fusion de leur vie professionnelle et de leur vie privée, à cause de l’invasion de mails, de tâches informatiques (nouveau bulletin, grilles de compétences).
- Tous demandent des journées banalisées pour mettre en place la réforme. L’IPR de Mathématiques esquisse un sourire poli et manifeste ses doutes sur l’octroi d’une telle faveur. Comme l’exprime une collègue « On croirait que « journée banalisée » devient un gros mot. »
- Cette pseudo-liberté qui est affirmée (« On met le pédagogique d’abord, le pédagogique impose le reste ») se heurte à la réalité : les DHG sont bouclées, les CE ont déjà tout verrouillé, tout prédéterminé. Ca coince ! La souplesse proposée se heurte au cadre rigide de l‘administration des établissements. Réponse de l’IPR : « Je ne suis pas le supérieur hiérarchique des CE. Seul les DASEN peuvent dire quelque chose… » Mais… et « le pédagogique d’abord » alors ?
- Tous les professeurs soulignent le manque de moyens face à la taille d’un tel projet.
Journée 2 :
Matinée 2 : L’AP
On nous présente ce que n’est pas l’AP (pas du soutien, pas de l’aide personnalisée, pas un moment déconnecté du cours), ce qu’il est : une aide pour tous qui vise à la fois à sublimer l’excellence (« Porter le plus brillant à son plus haut niveau de maîtrise ») et à favoriser l’acquisition des compétences du socle pour les autres. Attention : ce n’est pas du « sur mesure », pas de l’individualisation. Le groupe a un peu de mal à saisir la subtilité du dispositif.
Une collègue utilise une métaphore culinaire pour exprimer son ressenti : « Je dois donc préparer dix menus différents sans disposer de plus de temps pour faire le repas, ni des ingrédients nécessaires ».
La formatrice présente ensuite un dispositif pédagogique très ancien (cf. Freinet, cf. Fernand Oury), qui est la classe coopérative, mais version numérique. « Capsules » vidéo, questionnaires en ligne, utilisation des ressources informatiques comme par ex. le blog du professeur, disposition en îlots bonifiés, travail en autonomie, « classe inversée », « ceintures » de compétences, etc. L’intérêt de telles démarches d’apprentissage est certain mais n’a aucun rapport avec la réforme si ce n’est l’utilisation du numérique (une collègue enseignant en établissement REP+ affirme procéder de cette manière depuis des années et se demande ce qu’elle fait là et le sens, pour elle, de cette formation). Puis on nous présente l’application « Plickers », utile pour des évaluations ponctuelles de connaissances.
Des questions sont aussitôt posées :
- Nos élèves ont déjà beaucoup de difficultés avec la gestion du travail à la maison. Comment peut-on être sûr qu’ils feront la démarche de lire les capsules et de remplir les questionnaires en ligne ? Comment le leur faire faire en classe, avec si peu de matériel ? Il faut une dotation bien plus importante en matériel pour pratiquer une telle démarche. A cette occasion, la question est posée des tablettes en classe de 5e : le projet a-t-il été abandonné ? Pas de réponse.
- Les collègues se heurtent au problème du temps : fabriquer une capsule prend une journée pour un non-expert, pour deux minutes de vidéo.
- Nous pratiquons déjà tous la différenciation, obligés par le caractère très hétérogène de nos classes, et des profils variés d’élèves : des niveaux scolaires, mais aussi des dys, des élèves souffrant de TDAH, des autistes, des handicapés moteurs, visuels, etc. L’Ecole prend tout en charge.
- Ce travail implique une grande concertation par équipes qui prend beaucoup de temps : une fois de plus ! Réponse : il faut se concerter sur le temps de midi ; se concerter sur les réseaux sociaux ; mutualiser son travail pour gagner du temps.
On nous annonce la parution prochaine de documents ressources par matières.
Après-midi 2 : l’évaluation
On nous retrace l’historique des réflexions récentes sur l’évaluation avec tout de même un petit « focus » (comme dirait l’autre) sur la circulaire Edgar Faure de 1969 (réforme de la notation par A,B,C,D,E). La note chiffrée ne disparaît pas, mais a vocation à être remplacée à terme par une évaluation par compétences non chiffrée. Sont abordés les problèmes d’harmonisation avec les classes à examen, avec le lycée, les progressions « spiralaires », la gestion de l’erreur, etc. La disparition du livret de compétences est actée.
Conclusion :
La formation s’est déroulée dans un climat courtois. L’IPR a pris note de façon visible de nos remarques, qu’il a promis de remonter. La formatrice s’est montrée à l’écoute et a circulé, pendant les temps de pause, pour débattre avec de petits groupes, entendre nos objections et tenter d’y répondre. Elle a fourni lors de ces échanges une information importante, qui a permis de rectifier une DHG et d’ajouter 1 heure d’enseignement de complément en latin pour une collègue présente.
Mais aucune réponse précise n’a pu être fournie sur les enjeux de la réforme, et les problèmes posés n’ont pas connu un semblant de solution ; les injonctions nous ont paru souvent contradictoires, et les paroles rassurantes illustrées de documents séduisants ne pouvaient masquer le danger évident que constitue cette réforme. La quasi-totalité des professeurs présents a manifesté son opposition à la réforme lors de cette journée.

Haut de la page

Collèges de FORGES LES EAUX / GOURNAY et BUCHY session 3 le 3 mars

« La réforme n’est pas là pour effacer ce qui fonctionne » Ah bon ? Et la bilangue, le latin…
« Il faut s’appuyer sur le « déjà-là » » Changer tout mais ne rien changer... C’est clair, non ?
« Vous êtes des cadres A » On attend le salaire qui va avec !
« C’est une chance de pouvoir échanger aujourd’hui ! » Une chance pour qui ?
« Il faut porter un intérêt aux élèves les plus fragiles » C’est vrai que jusqu’à présent, on s’en balançait…
« Il faut systématiser les pratiques qui fonctionnent, comme l’AP » La preuve au lycée ?
« La réforme va permettre à tous les élèves de bénéficier d’un minimum… » (phrase inachevée ou… ?)
« Pas de concertation sur le temps de service, mais possibilité de réserver des heures communes dans les EDT. » Aux frais de la princesse !
« Il faut s’emparer des instances existantes (conseil péda, conseil d’enseignement…) » Réunionite aigüe !
A propos du latin et de la concurrence avec les autres disciplines : « C’est un arbitrage de l’établissement. » La loi du plus fort ?
« L’EPI LCA n’est pas forcément fait par le prof de LC. » Vives protestations dans la salle.
« Il faut argumenter en conseil pédagogique, mais à la fin c’est le chef d’établissement qui décide. » Comme ça au moins c’est clair…

A propos des collègues partagés entre plusieurs établissements, avec plusieurs EPI différents : « Ce n’est pas plus difficile que de préparer des cours différents. » Traduction : on s’en fiche.

« La réforme est une chance » Avec tout ce qu’on vient d’entendre, c’est difficile à croire.

« Il faut être optimiste » ’La positive attitude’.

« Vous avez le droit de penser, mais pas d’interférer… » Comme ça aussi c’est clair...

« Vous aurez pleins de réponses lors de vos formations disciplinaires » On trépigne d’impatience !

Haut de la page