Cette année, le Rectorat de Rouen s’est entêté à maintenir les postes des établissements ECLAIR dans un mouvement spécifique académique alors que ces postes avaient été retirés du mouvement spécifique national par le ministère et que d’autres académies (Marseille, Créteil…) avaient aussi fait le choix de les traiter comme tous les autres postes.

Ce mouvement spécifique implique qu’une affectation sur un poste ECLAIR se fait en dehors de toutes les autres affectations (le collègue candidat doit prendre contact avec le chef d’établissement) et en-dehors de tout critère transparent. On peut se demander, en effet, quels critères sont pris en compte par les chefs d’établissement, quelles sont les différences de recrutement d’un chef d’établissement à l’autre…

L’absence de transparence pour les règles d’affectation des ECLAIR est finalement devenue la règle jusque dans la communication du Rectorat !

Ainsi après avoir annoncé devant les organisations syndicales que le candidat à mutation verrait un vœu sur un poste ECLAIR être prioritaire sur tous les autres vœux, comme c’est la règle pour tous les mouvements spécifiques, il annonce le 28 mai en groupe de travail aux mêmes organisations syndicales que la règle qui doit être suivie pour les ECLAIR est finalement celle de l’ordre des vœux. La circulaire académique sur laquelle il s’appuie n’évoque à aucun moment quelle règle d’affectation sera retenue.

Cette opacité volontaire nuit d’abord aux candidats à mutation qui ont dû organiser leurs vœux en fonction d’une règle mouvante, ce qui peut être déterminant pour leur affectation. Cette opacité volontaire en dit long aussi sur la conception du dialogue social du Rectorat de Rouen qui tient des discours différents selon les interlocuteurs et selon les situations.

Cette opacité volontaire témoigne enfin de tous les problèmes posés par le système ECLAIR : déréglementations des recrutements, déréglementation de l’organisation des cours.

Respecter l’ordre des vœux de chaque candidat en respectant un barème est la règle statutaire, règle revendiquée par le SNES FSU.

En décidant finalement de respecter une partie de cette règle, le Rectorat renonce à une partie de la logique du mouvement spécifique. Il maintient paradoxalement le choix du recrutement en dehors de tout barème et en dehors de toute instance paritaire. Cet atermoiement témoigne d’une incapacité à reconnaître l’échec du système ECLAIR qui achève de déstabiliser des établissements déjà fragilisés.

En effet, pour l’instant, les candidats à des postes ECLAIR ont postulé seulement sur 49 des 89 postes offerts au mouvement, en laissant ainsi 40 vacants. A ces postes vacants, s’ajouteront ceux qui seront libérés au mouvement par les collègues déjà dans ces établissements qui obtiendront une mutation. En faisant le choix de respecter l’ordre des vœux des collègues, certain des 49 postes ne seront pas pourvus. Et ce faisant, il y a fort à parier que le rectorat se trouve après le mouvement face à un bilan d’affectations en ECLAIR calamiteux…

Le programme ECLAIR a été mis en place pour stabiliser les équipes : force est de constater qu’en laissant la moitié des postes à pourvoir vacants, l’objectif est loin d’être atteint.

A tout point de vue, il est grand temps d’arrêter la mascarade ECLAIR !

Les commissaires paritaires du SNES FSU siègeront dans les CAPA et FPMA de mutation en juin, ils seront attentifs à chaque candidat en veillant au respect du barème.