On vous l’avait annoncé, ça n’est qu’un début : la lutte des classes en collège !

On nous avait promis une vraie proximité vis-à-vis de nos élèves : avec les Ap et les EPI, vous serez au plus proche des besoins des vos élèves !

Eh bien, à Courbet, les profs ne connaissent pas forcément les élèves en face d’eux.

Eh bien, à Courbet, les profs ne peuvent voir les élèves seulement que 5 heures sur l’année pour les accompagner personnellement.

Eh bien, à Courbet, la prof d’Allemand doit mener un EPI avec des non-germanistes.

Eh bien, à Courbet, les profs ne peuvent voir des élèves qu’une fois par mois (sans compter les jours fériés !).

Eh bien, à Courbet, des profs du pôle scientifique vont tenter de faire un peu de Français, parce que leur classe a moins d’AP Français.

On nous avait vanté l’autonomie des établissements : la réforme permet de lutter contre les inégalités !

Eh bien, à Courbet, toutes les classes d’un même niveau n’ont pas forcément le même nombre d’heures de Français, d’arts plastiques ou autre.

Eh bien, à Courbet, les élèves ne savent pas dans quelle salle ils doivent se rendre, à quelle heure et avec quel prof.

Eh bien, à Courbet, les élèves d’une même classe n’ont pas le même nombre d’heures d’enseignement sur l’année.

Eh bien, à Courbet, les profs passent des heures (en dehors du temps de travail, évidemment) à organiser des groupes, gérer des calendriers au lieu de préparer leurs cours.

Les profs de Courbet ne comprennent pas toujours quand ils discutent avec les collègues d’autres établissements : les élèves n’ont pas d’EPI sur leurs emplois du temps ? Ils n’ont que deux heures d’AP, et avec les élèves de leur propre classe et avec leur prof habituel ? Ils ont le même nombre d’heures disciplinaires que les années précédentes ?

C’est ça l’autonomie des établissements : l’omnipotence du chef d’établissement, qui a tous les pouvoirs sur les personnels et la scolarité des élèves.

Ça se passe à Courbet, mais ça peut être n’importe où : selon les chefs d’établissement (qui changent régulièrement), selon les associations de parents d’élèves (impliqués et maîtrisant les rouages de l’EN ou non), selon le turn-over des profs … Bref, les plus fragiles vont trinquer ! Eh ça, ça a été pensé et élaboré : la fin d’un système public d’éducation, national et égalitaire, pour ouvrir le marché d’une éducation de luxe dans le privé et tenir à la matraque les pauvres dans le socle commun. Quant aux autres, les décrocheurs, service national obligatoire !