28 septembre 2009

ACTUALITES

Histoire des Arts : pas d’évaluation au DNB 2010 !

Sur injonction du président de la République, un nouvel enseignement d’Histoire des arts, obligatoire pour tous les élèves depuis l’école primaire jusqu’au lycée, s’est mis en place à la rentrée, dans la plus grande précipitation, au collège et au lycée.

Cet enseignement est transversal et concerne donc toutes les disciplines. Au collège, les arts plastiques, l’éducation musicale et l’Histoire-géographie sont plus particulièrement sollicités, alors que le volume d’enseignement dans ces disciplines n’a pas été augmenté… Le ministère impose une épreuve au brevet dont la forme définitive n’est pas encore tranchée ; pour la session 2010, l’épreuve doit seulement être expérimentée sous forme d’option facultative.

Cette évaluation pose en effet de nombreux problèmes :

 Cette épreuve n’est pas cadrée. Il s’agit d’une évaluation « maison » puisque les élèves sont évalués par leurs enseignants : on s’éloigne encore un peu plus de la notion de diplôme national et le DNB est encore dévalorisé. L’introduction du niveau A2 en langues, ainsi que celle du B2I ont déjà montré les dangers des évaluations instaurées à la hâte et sans cadre national : disparités des modalités de validation entre collèges et inégalités des élèves, alors que l’oral d’Histoire des arts serait affecté d’un coefficient 2 à la session 2011 du DNB …

 Cet enseignement fait peser de nouvelles menaces sur l’identité même des disciplines artistiques : ces disciplines doivent consacrer à présent la moitié de leur enseignement à l’Histoire des arts, au détriment de la pratique artistique qui, elle, est transférée à l’accompagnement éducatif, et reléguée au « périscolaire ».

 Tous les programmes de 3e en vigueur n’intègrent pas encore explicitement cet enseignement d’Histoire des arts. En Histoire géographie, les nouveaux programmes de 3e ne seront en vigueur qu’à la rentrée 2012. Quel sera donc le contenu de cet enseignement, et a fortiori, de son évaluation ?

 Aucun horaire n’est formalisé dans les emplois du temps des élèves. Le temps d’enseignement est pris sur le temps de cours de l’ensemble des disciplines, en cohérence avec les volets « Histoire des arts » de leur programme. Comment les enseignants vont-ils pouvoir préparer les élèves à cette épreuve sur le temps de cours ? Comment pourront-ils, à terme, évaluer l’ensemble des élèves de 3e durant l’année et pendant les cours ?

 Aucun temps de concertation n’est prévu pour les équipes pédagogiques. Qui prendra en charge l’enseignement de l’Histoire des arts, puisqu’il est transversal et concerne donc a priori de nombreuses disciplines ? Qui aura la responsabilité de l’évaluation de cette option ?

Nous contestons donc la mise en place de cette épreuve d’Histoire des arts. L’enseignement n’est pas du « bricolage », l’évaluation de nos élèves est chose sérieuse. Ne bradons pas les diplômes, et exigeons du temps pour la mise en place des nouvelles épreuves, et un peu de respect pour le travail des collègues comme des élèves.
Le SNES appelle les collègues à ne pas s’y engager en l’état.