Florence Robine, ancienne Recteur de l’Académie de Rouen et actuelle directrice générale de l’enseignement scolaire (Dgesco), revenait hier à Rouen pour une conférence à destination des chefs d’établissement sur la réforme du collège.

Des militants du SNES-FSU ont pu entendre une grande partie de l’intervention, avant d’être courtoisement expulsés de la salle. Vous pouvez retrouver l’essentiel de cette conférence par ce lien.

Nous voici prévenus. La réforme du collège doit donc être un électrochoc. Pour les personnels essentiellement.

Au cours de cette conférence, la Dgesco a rappelé les piliers qui sous-tendaient cette réforme 2016.
Hétérogénéité et différenciation pédagogique, évaluation dynamique des progrès, responsabilisation des acteurs locaux, avec une autonomisation des collèges sur le modèle des lycées !

Tous les leviers doivent être actionnés en même temps, pour la réussite des élèves. Tous ces bouleversements entrent bien entendu en cohérence avec la logique des cycles, avec les conseils mis en place dans les établissements, avec la nouvelle organisation du temps scolaire.

Le rôle des chefs d’établissement sort renforcé de cette conférence, à rebours des promesses “officielles” du respect de la liberté pédagogique des enseignants.
Ainsi, le schéma d’organisation des EPI et des AP doit être remonté pour décembre, avant même les discussions sur les DHG. Ainsi, les CE ont pour mission de définir les contenus et la forme de l’AP et des EPI. De plus, la formation des enseignants doit passer par les “premiers pédagogues” des établissements, c’est-à-dire les chefs !
Ces mêmes chefs vont devoir convaincre les collègues “suiveurs”, ceux qui ne sont pas “d’irréductibles” opposants à la réforme, ceux qui ne font pas de bruit et qui finiront par dire oui...

Florence Robine rappelle l’importance du dialogue inter-catégoriel : les enseignants de collège doivent se rapprocher de leurs collègues du premier degré et de l’enseignement professionnel. C’est donc bien d’une “primarisation” du collège qu’il s’agit : “une osmose” entre 1er et 2d degré. Pour la Dgesco, l’évaluation par compétence doit s’appliquer, et la réforme de l’évaluation y contribue.

Enfin, la vision de nos métiers par les cadres du MEN laisse pantois. Ainsi, il faut “reprofessionnaliser” les enseignants, qui se contentent trop souvent de tourner les pages des manuels et qui ne travaillent pas assez leur discipline. Cette présentation de notre travail est poussée jusqu’à la caricature, avec “ces profs qui parachutent des évaluations sans prévenir les élèves”. Pour Florence Robine, les enseignants ne se parlent pas et ne donnent pas de sens à leur enseignement !

D’après elle, les enseignants doivent se réunir sur leur temps de travail, mais pas sur le temps de cours. Evidemment, sans rémunération supplémentaire.

Tous les propos de Mme Robine aux chefs d’établissement de l’Académie confirment la nocivité de cette réforme, pour nos élèves, pour nos métiers, pour nos conditions de travail.

Tous à Paris samedi 10 !