Le SNES avait condamné en 2007 l’obligation de lecture de la lettre de Guy Môquet avant son exécution par les Allemands le 22 octobre 1941. Nous rappelions alors la nécessité de contextualiser dans le cadre des programmes de collèges et de lycée un tel document. Nous signalions les dangers d’une instrumentalisation de l’histoire au service d’enjeux du présent. Les enseignants, notamment ceux d’histoire géographie, avaient très majoritairement refuser de se prêter à cette confusion. L’injonction de lecture, un temps oublié en 2008, est réaffirmée en 2009. Faut-il y voir chez M. Chatel une priorité accordée à la fonction de porte-parole du gouvernement sur celle de ministre de l’Education Nationale ? L’évocation du statut de fonctionnaire pour justifier une obligation est, par ailleurs, inappropriée. Le statut de la fonction publique, adopté en 1945, en réaction aux pratiques de Etat français, visait justement à conserver toute autonomie de pensée aux fonctionnaires de la République. Nous continuerons donc à ne pas lire cette lettre en dehors d’un contexte de cours scientifiquement délimité.