17 septembre 2013

COLLÈGES/LYCÉES

L’Accompagnement personnalisé : tout est-il permis ?

En cette rentrée, les dispositifs les plus farfelus se multiplient dans les établissements. Les heures d’AP peuvent disparaître des emplois du temps des enseignants, condamnés à des interventions ponctuelles rémunérées en HSE ;
Elles peuvent être confiées à la vie scolaire et transformées en études surveillées ; elles peuvent même disparaître des emplois du temps des élèves transformées en travaux supplémentaires à faire à la maison ! Tout cela est en totale contradiction, dans le fond comme dans la forme avec le décret Chatel de la réforme de 2010.

En effet, la réforme Chatel du lycée a mis en place pour tous les élèves de lycée l’accompagnement personnalisé. Son organisation étant renvoyée au niveau local, les pratiques diffèrent souvent d’un établissement à l’autre. Cependant, comme il est mentionné dans l’article 7 de l’arrêté du 27 janvier 2010, nous rappelons que :

⁃ chaque élève doit en bénéficier 2 h par semaine (ou éventuellement 72h annuellement) ;

⁃ l’AP est placé sous la responsabilité des professeurs, même si d’autres personnels (CO-Psy, etc...) peuvent intervenir sur le créneau d’AP ;

⁃ l’AP doit être inclus dans le service des professeurs ou être
rémunéré en HSA. les heures sont comprises dans les DHG. Elles ne peuvent en aucun cas être rétribuées en HSE car il s’agit d’un enseignement et non d’une activité ponctuelle.

⁃ Les heures d’AP doivent être prises en compte dans le calcul de l’heure de Première Chaire.

En général, l’AP regroupe des élèves bien trop nombreux pour être réellement efficace et consomme des heures dans la DHG qui pourraient être utilisées pour faire des dédoublements disciplinaires, dont les enseignements se réduisent comme peau de chagrin. Présenté comme le coeur de la réforme du lycée et un outil majeur des changements des pratiques pédagogiques, il ne constitue ni plus ni moins qu’une variable d’ajustement des moyens dans un contexte de pénurie budgétaire. Considéré comme une panacée, l’AP avait pris la place des modules et enseignements disciplinaires, des aides individualisées... Il est en danger de disparition !
Le SNES continue à réclamer une remise à plat de la réforme Chatel et de l’accompagnement personnalisé.