2 juin 2010

ACTUALITES

Le 24 juin, je manifeste, tu manifestes, nous manifestons…

Le 24 juin, je manifeste, tu manifestes, nous manifestons… En tout cas, je suis présent.

Le gouvernement a rendu public sa réforme des retraites le mercredi 16 juin. Il s’agit bien de sa réforme. Les organisations syndicales ont reçu les derniers « arbitrages » au matin du 16 juin à 7h30. A aucun moment, les organisations syndicales n’ont été écoutées. C’est une démonstration supplémentaire du « dialogue social » version Sarkozy systématiquement unilatéral. Au bout du compte, cette réforme qui concerne des dizaines des millions de salariés, des millions de chômeurs, des millions de jeunes et de retraités c’est-à-dire l’ensemble de la Nation est une réforme au service de l’ UMP et du MEDEF. Rarement, les choix opérés n’auront été aussi clairement en faveur des possédants.

Tout est injuste.

Le déplacement de l’âge légal à 62 et celui de l’application de la décôte à 67 ans pénalise les salariés du privé comme du public et particulièrement les femmes dont les carrières sont amputées par le chômage subi, les temps partiels imposés. Rien n’est prévu pour favoriser l’emploi des plus de 50 ans et pour aménager les fins de carrières. Rien n’est prévu pour prendre en compte l’allongement de la scolarité et les années d’étude. Cette mesure, de toute évidence conduira à augmenter le chômage de masse pour les plus âgés comme pour les plus jeunes empêchés d’entrer sur le marché du travail. L’augmentation des cotisations des fonctionnaires de 7,85 à 10,55% est inacceptable en période de gel des salaires et surtout en l’absence de toute augmentation des cotisations patronales dont celles de l’Etat employeur. 85% des recettes dégagées sont supportées par les salariés, les prélèvements sur les revenus du capital restent anecdotiques. On ne peut dire plus nettement que les déficits engendrés par la crise des financiers seront supportés par les salariés. La simple décence aurait dû amener à des prélèvements sur les profits bancaires qui ont si grassement bénéficié de la solidarité nationale et internationale.

Tout est brutal

En adoptant un rythme de 4 mois supplémentaires par an à compter de juillet 2011, le gouvernement choisit la brutalité. C’est de fait tous les salariés nés après 1956 qui viennent d’apprendre en un jour qu’il devrait travailler 2 ans de plus et cette disposition est particulièrement sensible pour les fonctionnaires qui ne peuvent échapper à ces 2 ans de carrières en l’absence de dispositif de Cessation Progressive d’Activité digne de ce nom. La prise en compte de la pénibilité du travail est inique. Voilà les salariés sommés de faire la preuve au cas par cas de leur difficulté à rester au travail. Le refus de prendre en compte des critères collectifs pourtant objectifs rend illégitime et infériorisée par avance la parole et le vécu des salariés. Que dire de l’incapacité structurelle à prendre en compte une pénibilité des métiers d’éducation !

Tout est à refaire

Cette réforme aussi régressive soit elle ne consolide pas le régime par répartition. 29 milliards d’euros de recettes supplémentaires, 45 milliards nécessaires à l’horizon 2020. La différence est pour l’instant supportée par le pillage des 34 milliards du fond de réserve pour les retraites dont l’abondement a été arrêté en 2002 et qui devait servir pour financer la « bosse » démographique de 2020. Rien n’est dit sur l’avenir des retraites au-delà de 2018. Nos dirigeants, si prompts à lancer des appels à la rigueur, sont décidément bien incapables de se les appliquer à eux mêmes. Faute d’entendre les solutions alternatives et crédibles proposées tant par les organisations syndicales que par le monde associatif et politique, cette réforme brutale et injuste ne réussira pas à répondre à la question. Gageons que les mêmes, s’ils étaient au pouvoir en 2018, reviendraient, la face contrite, nous proposer d’avaler de nouvelles potions amères.

Rien n’est joué

L’UMP, le MEDEF et donc le gouvernement comprennent très bien le rapport de force. Ils ont été capables de reculer lors du CPE en 2006. Ils ont peur des mobilisations populaires. Les manœuvres dilatoires pour préserver temporairement les « régimes spéciaux » le montrent parfaitement. Les salariés refusent très majoritairement cette mauvaise réforme. Cela doit se voir. Le24 juin prochain, les manifestations doivent montrer l’ampleur de notre désaccord. Nous devons impérativement être plus nombreux que le 23 mars et le 27 mai qui montraient déjà une montée significative de la mobilisation. Nous devons retrouver confiance en notre capacité à agir collectivement avec l’ensemble des salariés du privé et du public. Des rendez vous seront affichés durant l’été notamment le 13 juillet au moment où le projet de lois sera présenté au conseil des ministres mais bien sur dans les premiers jours de septembre avant le débat parlementaire.

A nous de répondre « présents » !