19 janvier 2011

ACTUALITES

Le collège Chartier contre les livrets de compétences !

Au collège Émile Chartier de Darnétal, les collègues se sont mobilisés de façon constructive et critique contre le Livret Personnel de Compétences, en menant une réflexion initiée dès l’annonce de ce nouveau dispositif, bien dans l’esprit des réformes en cours.

Les grèves massives de septembre-octobre 2010 et la prise de conscience croissante de la pression exercée pour faire appliquer ce LPC ont renforcé le besoin d’échanger sur la question, de façon informelle ou lors d’heures de vie syndicale en bonne et due forme.

Une consultation effectuée auprès de l’ensemble des collègues de façon très démocratique laisse apparaître que 2/3 des collègues ont refusé de remplir ce LPC, contre 1/3 qui se disaient prêts à d’éventuels aménagements sans pour autant aller jusqu’à entrer pleinement dans le dispositif tel qu’il est actuellement conçu (ne valider que certaines compétences, ne valider que dans certains cas spécifiques...).

Le principe d’une action collective unanime dictée par le choix majoritaire ayant été préalablement adopté, le LPC n’a donc pas été renseigné par l’ensemble des collègues du collège Émile Chartier.

Les collègues mettent en avant des arguments forts pour asseoir la légitimité de leur décision :

- absence d’expérimentation au niveau national,

- risques de confusion absolue dans la mise en œuvre (compétences/domaines/items ; qui valide quoi, comment et quand ? Avec quelle fréquence ? Sachant que la validation des compétences s’ajoute aux évaluations classiques)

- absence totale de garantie du bien-fondé d’un tel dispositif, tant pour l’élève et les parents que pour les enseignants. Le LPC ne répond à aucune demande sociale forte, ni à aucune urgence pédagogique.

- Surcharge inutile de travail alourdissant l’empilement des tâches déjà considérable (B2i, A2, ASSR, Histoire des Arts, PDMF pour les PP relayant les Co-psy « sacrifiés », etc) et tentations de validations à la chaîne vidant le LPC de tout son sens (s’il peut encore en avoir un !)

- risques de renforcement des inégalités scolaires par l’entérinement d’un niveau 3 de compétences de fin de collège cadenassant un parcours scolaire. Le LPC au service d’une école à 2 vitesses ? Non merci !

Ce dispositif nous est donc apparu assez artificiel et inutilement lourd, s’inscrivant dans le cadre des « réformes » en cours qui cassent le métier d’enseignant sans répondre à ses priorités les plus essentielles, à savoir :

- la mise en œuvre de moyens adaptés et substantiels (nombre de postes) pour une éducation plus juste

- la revalorisation de l’éducation nationale (et notamment des salaires !), seul vecteur porteur de l’avenir de la nation dans un contexte de renouveau démographique...