24 octobre 2010

ACTUALITES

Le collège George Politzer d’Evreux ne veut pas être CLAIR.

Les personnels du collège ont écrit une lettre à Mme le Recteur pour signifier leur refus de participer au programme CLAIR.

Cette lettre est accompagnée d’une pétition de 42 signatures.

Madame le Recteur,
Monsieur l’Inspecteur d’Académie,

Lors de la pré-rentrée, l’ensemble des Personnels du collège George Politzer d’Evreux a été informé du classement de leur établissement dans le dispositif d’expérimentations « Collèges et Lycées pour l’Ambition, l’Innovation et la Réussite (C.L.A.I.R.). » Nous tenons à préciser que cette nouvelle classification n’a nullement été choisie par les équipes et qu’aucune concertation ou présentation du présent projet n’a été effectuée.

Or, ce dispositif suscite nos plus vives inquiétudes. En effet, sous couvert d’expérimentations, il permettra de déroger aux programmes nationaux, aux horaires nationaux et met donc en cause le caractère égalitaire de l’éducation pour tous, principe fondamental de la République. Il autorise des « innovations dans le champ de la pédagogie, de la vie scolaire et des ressources humaines. » (B.O. n°29 du 22 juillet 2010). Cette déréglementation générale nous semble inacceptable.

De plus, ce dispositif met en cause nos statuts. Les recrutements seront faits sur profil et tous les personnels devront signer une lettre de mission individualisée.
Ainsi, « les personnels enseignants, d’éducation, administratifs, sociaux et de santé qui n’adhèrent pas au nouveau projet seront encouragés à rechercher une nouvelle affectation plus conforme à leurs souhaits. » (B.O. n°29 du 22 juillet 2010). Est-ce à dire que ceux d’entre nous qui ne voudront pas signer leur lettre de mission se verront évincer de leur poste ?

Nous refusons ce chantage. Nous sommes titulaires de nos postes et ce sont nos statuts qui définissent nos services, pas un projet d’établissement, ni le conseil d’administration. Par ailleurs, la perspective de la contractualisation nous paraît augurer d’un recours encore plus large à des personnels non titulaires, que le Chef d’Établissement pourrait rendre corvéables selon son bon vouloir, voire remercier encore plus facilement.

Ensuite, la nomination de « préfets des études » - intervenant tant au niveau de la vie scolaire que sur le plan pédagogique - n’est pas sans nous inquiéter également. Nous ne voyons pas l‘intérêt pour les élèves et nous n’avons d’ailleurs pas attendu la mise en place d’un tel projet pour travailler en interdisciplinarité.

Les équipes de notre établissement sont soudées et l’esprit d’équipe qui y règne nous a déjà permis de multiplier les projets. Ces derniers sont nourris dans le souci constant de promouvoir la réussite de nos élèves tout en favorisant leur épanouissement. Nous comptons bien poursuivre ces projets et innover encore davantage sans être sous la tutelle d’un préfet des études dont l’intervention risque de museler fortement notre liberté pédagogique. Des chantiers sont déjà bien amorcés et impulsés par notre nouvelle direction. Et nous leur faisons d’ailleurs entière confiance pour fédérer les équipes et les motivations de chacun.

En outre, les missions inhérentes aux préfets des études empièteraient sur celles de différents personnels : que devient la charge de professeur principal ? Que devient le Conseiller Principal d’Éducation (CPE) ? Que devient le Conseiller d’Orientation Psychologue (C.O.P.) ?

Nous ignorons totalement quels seraient les moyens supplémentaires attribués à l’établissement pour mettre en place ce dispositif. Or, que deviendront les assistants pédagogiques ? Que deviendront également les classes S.E.G.P.A. et l’U.L.I.S. de notre collège ?

Face à cette situation et à l’opacité de ce dispositif, nous restons fermement attachés à nos statuts qui garantissent le caractère républicain de l’éducation et, par conséquent, nous refusons de nous conformer à ce programme et nous demandons à en sortir expressément.

De plus, nous aimerions avoir la garantie que notre équipe de direction n’ait pas à pâtir de notre volonté de sortir du programme CLAIR.

Afin de vous préciser notre positionnement, nous souhaiterions vivement vous rencontrer et nous restons à votre entière disposition.

Veuillez agréer, Madame le Recteur, Monsieur l’Inspecteur d’Académie, l’expression de notre dévouement au Service Public de l’Education Nationale.

Les personnels du collège Politzer syndiqués (sections syndicales SNES et SN-FO-LC) et non-syndiqués.