21 septembre 2012

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Le SNES aux Assises Locales de l’Enseignement Supérieur : il faut maintenir le SUIO !

Le SNES était représenté lors de ces assises, et y a porté l’intervention qui suit.

La réussite des étudiants pose d’abord la question de l’orientation et du lien entre le second degré et de l’enseignement supérieur. Les aides à l’orientation sont trop peu nombreuses, aussi bien du côté du lycée que de l’enseignement supérieur. C’est pourtant une priorité affichée par le Ministère de l’Education Nationale au titre de la prévention du décrochage, de l’orientation « active », du plan réussir en licence etc... De très nombreux rapports rappellent que l’entrée dans le supérieur reste une barrière difficile à franchir pour beaucoup d’élèves, particulièrement celles et ceux des milieux populaires.

Après avoir supprimé les Journées Portes Ouvertes une initiative née d’une collaboration exemplaire entre les CIO et l’enseignement supérieur, l’université de Rouen lance une opération hasardeuse « Université en Seine » avec un budget disproportionné si on le rapporte au nombre de lycéens concernés. La décision de restructurer le SUIO est incompréhensible. L’économie réalisée est minime (1,5 ETP) sur des postes très qualifiés. Cette économie est sans commune mesure avec la forte valeur ajoutée du service public rendu. En même temps que des moyens humains, c’est aussi des moyens matériels qu’on retire à la liaison second degré/ enseignement supérieur.

Dans le même temps, le projet du Rectorat de Rouen 2010-2013 cite l’articulation second degré/enseignement supérieur comme un point sensible et affiche un objectif fort « Élever le niveau de qualification dans les parcours de formation vers l’enseignement supérieur » (axe 2) et plus particulièrement dans le 2.3 « du lycée à l’enseignement supérieur, permettre un parcours de réussite à chacun ». Dans le même temps, le Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche ne cesse de rappeler la nécessité d’améliorer l’accueil des étudiants pour assurer leur réussite.

L’accompagnement des étudiants ne peut se résumer à un simple accueil. Il faut proposer un conseil approfondi qui ne peut être assuré que par un personnel formé à l’écoute et à l’analyse des problématiques de formation. Par leur formation de haut niveau, les conseillers d’orientation psychologues sont des personnels particulièrement adaptés à assurer ce service.

La diversification des parcours universitaires, la multiplication des intitulés rendent les choix d’orientation plus complexes et moins accessibles, notamment pour les étudiants d’origine modeste. La veille documentaire est devenue avec le développement des TICE une fonction incontournable de l’orientation. Cette veille ne peut être assurée que par des spécialistes qui assurent la diffusion de l’information et son adaptation aux besoins du public, des étudiants, mais aussi des familles et des enseignants.

Préconisations.

• maintenir l’intégralité des moyens actuellement mobilisés au SUIO.

• garantir les missions du SUIO au sein du service public de l’orientation et ne pas les réduire à de simples missions de communication.

• empêcher leur dérivation vers des opérateurs privés.

• conclure rapidement une convention de partenariat entre le Rectorat et l’Université.

Jean-Pierre Menuge, directeur de CIO, représentant SNES-FSU