Quelques chiffres nationaux pour les LV :
91.4% des élèves français apprennent l’anglais en primaire
95.8% prennent anglais en LV1 dans le secondaire
15% sont en bilangue au collège
73.3% prennent espagnol en LV2
14% prennent allemand lv2
6.9% ont une LV3 : l’italien puis l’espagnol pour la majorité d’entre eux
16% sont en section euro (76% de filles)

Rapport de la Cour des Comptes : le lycée coûte trop cher : trop d’options, trop de langues, trop d’épreuves au bac, pas assez d’élèves par classe etc. Or, les dépenses allouées aux lycées représentent 1.2% du PIB et ce coût n’a cessé de diminuer (5% depuis 2010). Ce rapport explique bien le contenu des réformes mises en place.

Nouveau socle = nouveaux programmes

Les programmes parus à la rentrée instaurent une nouvelle définition des cycles pour favoriser une continuité entre le primaire et le collège et entre collège et le lycée. Le cycle 3 s’étendra donc des classes de CM1 à la 6e et le cycle 4 de la 5 ème à la 3e.
Ils sont un catalogue qui offre une grande liberté pédagogique mais qui par conséquent ne définissent pas de culture commune définie par classe.

Ils intègrent le PIODMED ou parcours avenir (qui remplace la découverte professionnelle de 3h en 3e) et met l’accent sur « l’employabilité ». Le SNES rappelle que les programmes doivent contribuer à établir une culture commune : le culturel doit être enseigné, les programmes doivent être définis nationalement et faire figurer des repères annuels forts.

Ces programmes seront inter-langues, comme au lycée, et on observe donc la disparition de la partie linguistique au profit de définitions évasives absurdes telles que : traiter le groupe verbal, le groupe nominal, ou encore la phrase, ainsi que l’insertion de quatre notions thématiques.
Chaque équipe, voire chaque collègue, sera donc amenée à définir son programme de son propre chef. Cette nouvelle responsabilité déléguée au niveau local pointe du doigt les limites de la réforme. En effet, cela représente un non-sens pour les élèves qui changeront d’établissement dans leur scolarité.

Problèmes du cycle 3 :
Evaluation : A la fin de la classe de 6e, les élèves doivent maîtriser le niveau A1 mais aussi A2 dans au moins 2 activités langagières. Le SNES a déposé un amendement à ce sujet et recommande que le niveau A1+ (niveau intermédiaire) soit requis en fin de 6e mais dans toutes les activités langagières afin d’éviter les disparités selon les élèves et de faciliter l’enseignement des collègues. Le deuxième problème qui se pose est celui de l’évaluation du niveau A1, co-évalué avec les professeurs des écoles lors de conseils école-collège.
Le SNES réaffirme la position des collègues professeurs des écoles à qui on impose l’enseignement d’une langue vivante en primaire : la certification en langue des professeurs des écoles garantit un niveau de langue et non une qualification en didactique des langues. Maîtriser et enseigner une langue sont des compétences complètement différentes.

Problèmes du cycle 4 :
Le Ministère parle de la création d’une forme de « DNL » en collège, qui serait enseignée par des collègues autres que ceux de LV et qui viserait à remplacer la section européenne. Cette DNL ne serait en fait qu’un EPI constitué d’un professeur de langue et un professeur ayant la certification DNL. Le SNES dénonce le manque de personnel qualifié en collège pour concevoir sa mise en place et demande donc sa suppression.
Evaluation : A2 doit être validé dans toutes les activités langagières à la fin du collège plus B1 dans au moins deux activités langagières.

Tous les exemples de situation donnés dans ces programmes sont liés au numérique. Voici l’un des exemples cités : un élève s’enregistre et dépose la trace écrite sur le cahier de texte. Cet exemple nous amène à nous demande si la maîtrise de la langue d’un élève est suffisante pour faire servir de leçon, de modèle, aux autres élèves ? Et est-ce que tous nos élèves ont accès au numérique à la maison ?

Les EPI sont un enseignement transdisciplinaire organisé sur 6 mois et qui combine deux disciplines à raison de 3h par semaine. Néanmoins, il ne faut pas perdre de vue que les dotations allouées aux disciplines enseignées en EPI seront retirés des horaires disciplinaires dans le tronc commun. Les horaires des EPI ne viennent pas en plus des horaires du tronc commun comme c’était le cas avec les IDD il y a quelques années (les élèves bénéficieront donc de 26h d’enseignement dont 3h d’EPI).

Le bulletin de note devient un livret sous forme de tableaux dans lequel il faudra cocher ce qu’on a fait pendant l’année. Il s’agit donc de se justifier de ce que l’on a fait ou pas sachant que tout doit être validé, pour CHAQUE élève, dans le cycle. Il faudra également justifier ce qui a été fait en AP et en EPI.

Les bilangues de continuité : la Ministre a affirmé le droit de demander une bilangue de continuité lorsque la langue autre que l’anglais enseignée en bilangue aura été enseignée en primaire. Néanmoins, le Ministère ne dit quant à la réponse à cette demande. Il n’existe donc aucune garantie que les élèves souhaitant rejoindre une bilangue de continuité y auront accès. Aucun horaire national n’a actuellement été défini pour la bilangue de continuité. Les heures pour la financer seront donc à prendre sur les heures marges de la DHG.

Continuités des sections euros et bilangues ? Le Ministère recommande de mettre ces élèves dans un EPI sauf que le contenu enseigné ne sera pas cantonné à l’enseignement d’une LV, que cela ne sera mis en place que la moitié de l’année, et que les horaires seront pris sur les horaires disciplinaires des collègues.

Les réformes laissent supposer que les professeurs de LV seront, sur le long-terme, amenés à disparaître. L’enseignement de toutes les autres langues que l’anglais est déjà sinistré dans le post-bac. On peut penser que le Ministère projette que tous les collègues soient à terme capables d’enseigner leur discipline en langue étrangère, rendant ainsi obsolète l’enseignement d’une langue vivante comme objet d’étude.

Le SNES-FSU invite les collègues à se rendre aux stages de présentation de la réforme afin d’y poser des questions pertinentes et sensibles.

Dans le 76, la FCPE, dissidente de la FCPE nationale, s’oppose à ce projet de réforme.