20 novembre 2013

COLLÈGES/LYCÉES

Loi d’orientation : mise en place des conseils école-collège

Après le vote de la loi d’orientation, l’année 2013-14 est une année de transition pour le collège, comme l’indique la circulaire de rentrée. Parmi les nouvelles mesures annoncées, un conseil école/collège doit être mis en place « progressivement au cours de l’année ».

Cette nouvelle instance, présidée conjointement par le principal et l’inspecteur de l’Éducation nationale de circonscription pour le premier degré, devrait se réunir au moins deux fois par an pour établir un « programme d’actions » qui peut proposer « des enseignements et des projets communs », et même « des échanges de pratiques et d’enseignants » entre le collège et les écoles de son secteur. Les personnels représentant le collège sont désignés par le chef d’établissement via le conseil pédagogique – dont les membres sont désignés eux aussi par le principal.

Le fonctionnement se fait ainsi en dehors de toute logique démocratique et en fait plutôt une nouvelle hiérarchie intermédiaire. Les missions de ce conseil sont de déterminer des actions communes entre les deux degrés sur un bassin. Le décret ne détermine pas la nature de ces actions communes : simples projets ou expérimentations ? Ce conseil est ainsi un pas de plus vers un collège tourné vers le premier degré. Il ne répond pas aux problèmes posés par la liaison entre le primaire et le secondaire. On peut se demander quelle est la pertinence de l’échange de service entre enseignants des premier et second degrés ? De telles mesures laissent ouvert le risque d’une mise en place progressive de l’École du Socle fondant dans une même entité premier degré et collège.

Par ailleurs, l’essentiel de son fonctionnement n’est pas défini et est renvoyé à chaque secteur. En renvoyant ainsi au local un certain nombre de décisions, on peut craindre d’accroître encore l’autonomie des établissements, de renforcer les pouvoirs des chefs d’établissements et les inégalités entre les secteurs.

Le collège doit être affirmé comme la première étape d’un second degré
qui amène toute une génération dans une des trois voies du lycée (professionnelle, générale ou technologique) qui reste le grand oublié
de ce projet. Au collège comme au lycée, le SNES-FSU continue de réclamer
du temps de concertation, sur le temps de travail, pour permettre
des projets pédagogiques organisés par des équipes volontaires et non
imposés par en haut.

Le SNES-FSU appelle donc les collègues à refuser toute précipitation dans la mise en place de ce conseil, et à exiger qu’une réflexion préalable soit menée dans les établissements. Ils appellent à rester vigilant afin que ce conseil ne puisse imposer des actions contre la volonté des enseignants.