Depuis l’annonce de l’implantation des médiateurs de réussite scolaire, le Rectorat peine à fournir aux organisations syndicales un bilan précis de l’état du recrutement. Le SNES a réclamé à plusieurs reprises ces informations, mais elles restent vagues.

218 médiateurs devaient au départ être recrutés, avec 72 établissements concernés. Une liste avait été établie, qui a dû être modifiée par la suite, suite au refus de certains conseils d’administration. Les médiateurs ont alors été proposés à d’autres établissements ! Aucune liste actualisée ne nous a été fournie à ce jour, mais le Rectorat annonce que ces refus se sont produits à la marge.

Selon les informations officielles, actuellement, seuls environ 160 médiateurs sont en poste, avec, pour 70% d’entre eux, un niveau IV ou V. Une formation a eu lieu les 15 et 16 juin dernier : qu’en est-il des médiateurs recrutés après cette date ? Souvenons-nous des missions initiales prévues dans la fiche de poste du Ministère : comment exercer de telles responsabilités avec 2 jours de formation ?

Le plus inquiétant est précisément le flou concernant les missions attribuées aux médiateurs. Dès le mois de mars, les deux Inspections académiques accordaient officieusement aux chefs d’établissement le droit d’adapter les missions aux besoins des établissements, tout en démentant ce fait lors des CTP. Lors du dernier CTPA du mois d’octobre, nos responsables académiques ont alerté le Rectorat sur la disparité et l’ambiguïté des missions dévolues aux médiateurs : pas de réponse…

L’enquête de rentrée, menée par les responsables académiques du secteur CPE du SNES, a permis de relever les missions suivantes : secrétariat vie scolaire, pouvant aller jusqu’à la rédaction de courriers aux familles d’élèves absentéistes, encadrement des élèves en difficultés, encadrement d’une classe de DP6 (prise en charge en étude, tutorat,…), relevés des carnet avec bilans hebdomadaires pour les PP, tâches équivalentes aux AED, avec en plus gestion du foyer…

Cela montre bien, sans surprise, que l’implantation des médiateurs venaient compenser des besoins réels des établissements, non réévalués lors du groupe de travail de 2009 concernant la répartition des AED. Pour la plupart, les missions confiées correspondent à celles que peuvent remplir des assistants d’éducation ou des assistants pédagogiques, voire empiètent sur celles des CPE ! Pourquoi, alors, créer encore un nouveau statut dans les vies scolaires, compliquant encore la tâche de gestion des personnels par les CPE, au détriment du suivi des élèves ? Peut-on considérer que les moyens accordés en matière de « lutte contre l’absentéisme » (n’était-ce pas le but officiel de l’implantation des médiateurs ?) sont adaptés aux besoins ?

Le SNES national a multiplié les interventions pour dénoncer la baisse du recrutement des CPE. Voir les informations sur le site dans la rubrique CPE : http://www.snes.edu/-CPE-.html

Une pétition est par ailleurs en ligne pour lutter contre la transformation de nos métiers : http://www.snes.edu/-Responsable-des-etudes-PETITION-.html

Le SNES de Rouen continuera de réclamer un véritable état des lieux de la situation des médiateurs dans l’académie.