1er septembre 2010

ACTUALITES

motion proposée par Ecole Emancipée à la CA académique du 13 septembre

-  Poursuivre pour gagner, c’est le moment !

Non à la politique sécuritaire !

Battu aux élections régionales, au plus bas dans les sondages, englué dans l’affaire « Woerth-Bettencourt », Sarkozy cherche à faire diversion en appliquant les vieilles recettes qui lui avaient donné la victoire en 2007. Pour masquer les effets catastrophiques de la crise sur les couches les plus fragiles de la société et reconquérir les voix du Front national, il veut mettre en place une politique sécuritaire basée sur la peur de tout (de l’autre, du chômage, de l’étranger…). Depuis le discours de Grenoble du 30 juillet dernier, ses fidèles lieutenants, les sinistres Hortefeux (pourtant condamné pour racisme en 1re instance) et Estrosi se déchaînent contre les jeunes et les immigrés ; en menaçant de déchéance de la nationalité française les délinquants, Sarkozy, non seulement remet en cause l’article I de la Constitution, mais il fait un amalgame honteux entre immigré et délinquant ! Malgré les condamnations quasi unanimes qui vont de l’ONU au…pape, en passant par l’UE, il continue de stigmatiser les jeunes (la chasse aux « bandes »), d’expulser les Roms par centaines (un millier) et de s’attaquer au code de la nationalité.
C’est pour dire non à cette politique xénophobe et de mise au pilori que nous avons manifesté avec des dizaines de milliers de citoyen-es les 3 et 4 septembre !

Non Chatel, la rentrée ne se passe pas bien !

La rentrée s’annonçait catastrophique et de ce point de vue malheureusement nous ne sommes pas déçus : des centaines de postes supprimés dans l’académie, avec comme conséquence pour les élèves et les collègues les classes surchargées, les TZR de plus en plus maltraités avec des affectations sur plusieurs postes, voire sur plusieurs départements, la désorganisation des classes de seconde avec la contre réforme du lycée, la dérèglementation totale dans les établissements désignés CLAIR avec entre autre la création de « préfet des études », la dénaturation du métier avec les livrets de compétences en collège et enfin les conditions scandaleuses d’entrée dans le métier pour les stagiaires, à qui le ministère refuse une formation digne de ce nom ! Le Snes a appelé à une grève dès le 6 et nous avons eu raison : cette rentrée a été une rentrée de lutte et dans certains collèges, un succès ! Nous devons continuer pour exiger l’arrêt des suppressions de postes prévues à la rentrée, l’abrogation des lois Darcos-Chatel dans les collèges et les lycées.
Le ministre ne peut plus parader dans les médias et il est même contredit par un rapport de 3 IG : personne, ni les collègues, ni les parents d’élèves, n’est dupe, on ne peut pas assister sans rien faire à la destruction méthodique et accélérée du service public d’éducation !
Il faut, à l’instar de ce qu’ont dit les collègues du collège du Hamelet à Louviers, « arrêter le bricolage ! ».

Mettre en échec la politique de casse sociale !

En matière d’emplois, les chiffres parlent d’eux-mêmes : en août, 80 % des contrats d’embauche ont été des CDD et parmi ceux-ci 75 % de moins d’un mois. Dans le même temps, 10 % des chômeurs ont été radiés de Pôle-emploi ! Les objectifs fixés par le Medef sont clairs : faire payer la crise aux seule-s salarié-es (avec ou sans emploi) et protéger les profits des entreprises, repartis à la hausse. L’attaque contre les retraites est le fer de lance de ce dispositif de guerre sociale. Le maintien à son poste de Woerth (corrompu mais ovationné à l’université d’été du Medef) montre que Sarkozy ne veut rien lâcher sur ce dossier.
Mais l’espoir change de camp. Car si le gouvernement ne veut pas plier, il doit faire face à une contestation de plus en plus importante qui le fragilise et qui est massivement soutenue par la majorité de la population !
Sur le dossier des retraites, malgré la mobilisation importante « d’experts » et d’une partie des média, les mensonges du gouvernement ont été déjoués notamment ceux sur les atteintes aux droits des femmes. C’est en partie le résultat des initiatives unitaires (dans lesquelles le Snes et la FSU ont pris toute leur place) qui ont eu lieu dans un certain nombre de villes de l’Académie, autour de l’appel « faire entendre les exigences citoyennes sur les retraites ».

Manifestations, grèves, reconductions … jusqu’au retrait du plan Sarkozy- Woerth !

60 000 manifestant-es à Rouen, 30 000 au Havre, 15000 à Evreux, la puissante journée de grève et de manifestations (dans lesquelles le privé a pris toute sa place, comme les salarié-es de Cooper à Bolbec qui refusent la fermeture de leur entreprise) marque la volonté de millions de salarié-es de refuser des nouveaux sacrifices pour sauvegarder les profits de quelques-un-es et montre que la combativité existe pour faire reculer le gouvernement. Mais pour gagner, cette journée ne doit être qu’une étape. C’est le moment d’engager le bras de fer avec un gouvernement qui ne comprend que le rapport de forces, bloquer le pays par une grève générale jusqu’au retrait du plan Woerth, engager la bataille pour le retour à 37.5 annuités de cotisation…

Réunies dès le 8 septembre, les directions syndicales avaient donc une lourde responsabilité, celle de répondre à la confiance et à l’attente des salariés, mais aussi de donner le signe fort au gouvernement qu’elles engageaient l’affrontement sur ce dossier. Ne nous cachons pas la réalité, les perspectives d’actions décidées par les directions ont déçu l’attente des grévistes réunis en AG le 7 et qui espéraient une nouvelle grève dès la semaine du 13… C’était d’ailleurs également le mandat de notre fédération !
Cependant, en décidant d’une nouvelle journée de grève le 23 (tardivement !), elles montrent tout de même qu’il n’est pas possible de reculer sur ce dossier ! Même si le calendrier choisi ne nous satisfait pas, nous allons nous emparer des dates proposées pour poursuivre et amplifier la mobilisation.
Dans ce contexte de lutte, il ne faut pas considérer le 29 septembre (« l’euro-manif » à l’initiative de la CES) comme une suite acceptable au 23, mais il faut néanmoins dès maintenant prendre les contacts unitaires pour assurer la réussite de cette mobilisation aux côtés des salarié-es européennes.

C’est pourquoi la CA décide de :
Faire de la journée du 15 , date du vote du texte à l’assemblée, une journée de très forte mobilisation localement, et de développer partout des actions et des manifestations
Engager toutes ses forces dans la réussite du 23 qui doit être plus fort encore que le 7 ! D’ici-là, il faudra mobiliser, convaincre nos collègues mais aussi la population (distribution de tracts, lettres aux parents…) de faire massivement grève ce jour-là…
Tout mettre en œuvre pour construire un véritable rapport de forces avec ce gouvernement, et cela prendra la forme d’une grève générale.
Proposer dans toutes les AG interpro du 23, comme le proposent déjà des organisations syndicales de la SNCF, la reconduction de la grève pour le retrait du plan Sarkozy-Woerth.