PPMS, faisons preuve de sagesse…

Les PPMS (Plan Particulier de Mise en Sûreté) sont devenus un rendez-vous annuel. Que ce soit la simulation d’un accident toxique ou d’une inondation, ils sont l’occasion de discuter avec nos élèves des risques présents dans notre département et d’acquérir des gestes, des réflexes pour se protéger au mieux. Comme pour les exercices incendies, ce sont des exercices de sensibilisation et de préparation aux risques.

Dans le contexte sécuritaire qui ne cesse de peser depuis plusieurs mois dans notre pays, dans nos établissements, et particulièrement en cette rentrée 2016, l’académie de Rouen a décidé d’organiser le jeudi 13 octobre à 10h un exercice bien différent, un exercice « attentat : alerte intrusion ». Ce choix interroge : pourquoi sommes-nous la seule académie à mener un exercice PPMS de type attentat ? Pourquoi cet exercice est-il conduit dans tous les établissements en même temps ? Pourquoi est-il autant médiatisé ? C’est à croire qu’on tend le bâton pour se faire battre. Mais surtout, il faut nous interroger sur les conséquences d’un tel exercice.

Quel message l’école envoie-t-elle aux élèves qui la fréquentent ? Les scenarii proposés sont tous plus anxiogènes les uns que les autres : fusillade ou prise d’otage aux abords de l’établissement, voire au sein de ce dernier ! Les consignes de sécurité mal définies et dérisoires : il faudrait s’adapter à la situation de chaque établissement et estimer s’il est mieux de fuir les lieux avec ses élèves, dans le silence complet, ou bien alors de se barricader dans sa salle, derrière des tables, allongés au sol… On aura beau dire que c’est un exercice, la peur sera omniprésente en ce jour du 13 octobre mais surtout les jours suivants. Faut-il vraiment exposer nos élèves à cela ? Ne peut-on pas faire de l’école un lieu ouvert et malgré tout où l’on se sent protégé, un lieu de partage et d’échange, bref, un lieu où l’on peut grandir sans peur du lendemain, sans craindre son voisin ?

Pour toutes ces raisons, le SNES-FSU estime qu’en l’état cet exercice n’est pas adapté. Les lieux d’enseignements ne doivent pas devenir autant de « forteresses assiégées » où l’on apprendrait aux élèves à vivre dans la peur. L’annonce de l’exercice PPMS « alerte intrusion » n’est pas une réponse adaptée. Une réflexion doit être menée d’abord avec les adultes de façon à limiter l’implication concrète des élèves lors de cette journée. Des moyens doivent être donnés pour former les personnels à ces questions et aux premiers secours.