1er février 2010

COLLÈGES/LYCÉES

Préparation de la rentrée en lycée : où en est-on ?

Les décrets concernant les enseignements de lycée et l’organisation des EPLE ont été publiés au JO du 27 janvier*.

Une circulaire ministérielle adressée aux Recteurs recommande aux chefs d’établissement de ne pas soumettre la répartition de la DHG au vote des CA dès janvier et de prolonger la phase d’« ajustement » jusqu’au mois de juin... Quelle que soit la modalité retenue, il importe de bien marquer dans les conseils d’administration notre refus d’entériner une répartition horaire qui dans tous les cas revient à une diminution des horaires disciplinaires et à une dénaturation des enseignements (notamment ceux qui apparaissent comme enseignements d’exploration) ; bien souvent l’offre d’enseignements mais aussi d’options facultatives est menacée, les décrets récemment publiés précisant que « à titre dérogatoire, un élève peut suivre une partie des enseignements dans un autre établissement que celui où il est inscrit ». De plus, une partie des enseignements ainsi que l’AP pourrait désormais être annualisée. Enfin, les nouvelles contraintes (notamment de mise en parallèle de groupes) risquent de peser sur les emplois du temps et de conduire à un allongement de fait du temps de présence dans les établissements.

L’accompagnement personnalisé ne représente pas un enseignement ; il ne sera pas personnalisé et dans de nombreux cas ce ne sera pas non plus un accompagnement, lorsqu’il sert à récupérer des heures (par exemple de DNL ou d’options facultatives qui ne seraient plus financées). La plupart des établissements envisagent d’utiliser l’AP comme variable d’ajustement purement comptable, sans tenir le moins du monde compte des besoins réels des élèves et des compétences ni même des souhaits des enseignants. La diversité des choix qui seront faits d’un établissement à un autre dans l’attribution des heures dédoublées et des heures d’AP introduisent des inégalités entre les lycées, et aussi entre les classes d’un même lycée, certaines bénéficiant d’un horaire renforcé dans certaines disciplines, d’autres non. Cette gestion « autonomisée » relève de dogmes du « management public » et n’a rien à voir avec les intérêts des élèves.
Si le dispositif d’heures dédoublées permet de maintenir dans un premier temps certains moyens en Seconde (souvent au détriment du cycle terminal, mais aussi du collège dont les dotations ont dramatiquement baissé cette année), rien ne garantit leur pérennité et tout conduit à une mise en concurrence des disciplines. Rappelons que les fourchettes horaires en collège ont été rapidement supprimées et les horaires ramenés à l’horaire plancher. Dans certains lycées il semble que l’AP soit d’ores et déjà fléché en heures supplémentaires ; il faut s’attendre également à des marchandages du type « si vous voulez des heures dédoublées, prenez-les en heures sup ».

Dans ce contexte, le conseil pédagogique ne peut apparaître que comme un alibi pseudo-démocratique, en fait un moyen d’impliquer les personnels dans les décisions du chef d’établissement pour les légitimer.
Les membres du conseil pédagogique sont en effet désignés par le chef d’établissement et la consultation des équipes n’a rien de formel. Désormais, et très explicitement, il s’agit de mettre en oeuvre l’autonomie des établissements en répartissant les 25% de la dotation qui sont gérés par les lycées eux-mêmes. Accessoirement, le CP aurait aussi pour tâche de donner son avis sur le recrutement des personnels en poste à profil.

Les nouveaux programmes de Seconde (notamment des enseignements d’exploration) ont été mis en ligne et soumis à consultation des équipes jusqu’au 5 mars. Dans la période, il est primordial d’agir dans les CA, dans les 1/2 journées banalisées de présentation de la réforme, et en organisant le plus possible un dialogue avec les collègues, les parents et les élèves, pour décoder la vraie nature de la réforme derrière l’habillage marketing.

Les programmes font déjà l’objet de vives réactions, des enseignants mais aussi des lycéens (UNL, FIDL), notamment en sciences économiques et sociales, en histoire-géographie, dans les disciplines technologiques... Si ces programmes devaient être adoptés en l’état ce serait une véritable dénaturation de nombre d’enseignements. La médiatisation de la dispartition de l’histoire-géo en TS ne doit pas occulter les nombreux autres aspects pernicieux de cette réforme. Les délais scandaleusement courts ne permettent aucune réelle consultation des collègues.
Saisissons tous les moyens pour attirer l’attention des parents et du grand public sur les mensonges du ministre.

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- Décret n° 2010-99 du 27 janvier 2010 relatif à l’organisation et au fonctionnement des établissements publics locaux d’enseignement

- Décret n° 2010-100 du 27 janvier 2010 relatif aux enseignements du second degré des voies générale et technologique et à l’information et l’orientation et modifiant le code de l’éducation (partie réglementaire - livre III)

- Arrêté du 27 janvier 2010 relatif à l’organisation et aux horaires de la classe de seconde des lycées d’enseignement général et technologique et des lycées d’enseignement général et technologique agricole

- Arrêté du 27 janvier 2010 relatif à l’organisation et aux horaires des enseignements du cycle terminal des lycées, sanctionnés par le baccalauréat général