Le SNES regrette vivement que le prétexte de la baisse démographique soit une nouvelle fois repris pour diminuer les moyens octroyés aux établissements, alors que notre académie continue d’accumuler les statistiques préoccupantes : depuis les taux de réussite aux évaluations d’entrée en 6e jusqu’aux résultats au baccalauréat en passant par les résultats au Brevet des collèges et les taux de passage en seconde, tout indique que c’est au contraire des moyens nouveaux qu’il faudrait prévoir, notamment pour travailler en groupe, ce qui n’est presque plus jamais le cas en collège. Et si les moyens ne constituent pas l’unique paramètre intervenant dans la lutte contre l’échec scolaire, ils y participent grandement.

Les personnels de l’Education Nationale étaient en grève le 18 mars et continuent leurs actions pour demander que l’Education reste une priorité, que l’investissement dans l’Education soit à la hauteur des besoins, que les personnels restent sous statut de la Fonction Publique d’Etat et que des équipes pluri-professionnelles puissent continuer à exister et à avoir les moyens de travailler pour prévenir la difficulté scolaire. La logique comptable de DHG resserrées au maximum entraîne une multiplication de BMP et de collègues nommés sur plusieurs établissements. Le SNES n’est pas favorable au développement de ce type de postes, qui rendent difficile l’intégration des enseignants dans la vie des établissements et que les collègues ont par conséquent tendance à fuir. Le renforcement de la stabilité des équipes pédagogiques par la création de ce type de postes risque d’être un leurre. En tout état de cause, doivent être nommés sur ces postes des personnels titulaires, tout en prévoyant le nombre suffisant de collègues pour assurer les remplacements, ce qui est loin d’être le cas. Concernant les stagiaires IUFM, le SNES continue à demander qu’ils soient nommés sur les emplois du temps de tuteurs volontaires, au lieu d’être simplement affectés au gré des aléas des répartitions des dotations horaires. Avec le système actuel, nombreux sont les collègues à qui le tutorat d’un stagiaire est quasiment imposé. Par ailleurs, la situation de l’allemand est réellement préoccupante : cinq postes sont à nouveau supprimés à la rentrée prochaine, des blocs horaires sont revus à la baisse, et dans de nombreux établissements le maintien de l’allemand est très précaire. Il est évident que cette situation va perdurer voire s’aggraver si comme actuellement rien n’est fait pour soutenir et encourager l’enseignement de l’allemand dès le primaire. Plus généralement, le SNES réaffirme son attachement à la pluralité des langues enseignées et demande que des mesures d’urgence soient prises concernant l’allemand. De même, cinq postes de lettres classiques doivent disparaître, ce qui traduit bien que les langues anciennes sont en voie d’extinction dans de nombreux établissements. La demande est peut-être en baisse, mais l’offre l’est également : étant données les dotations horaires à la disposition des établissements, créer ou maintenir une section de latin ou de grec pour quelques élèves volontaires est une entreprise dans laquelle les professeurs de lettres classiques ne sont pas encouragés. Le SNES regrette que l’extension des IDD à la classe de 4e se fasse sans qu’un bilan rigoureux de leur mise en place cette année en 5e ait été effectué. Les problèmes soulevés depuis le début restent entiers : baisse définitive des horaires disciplinaires des matières « de base », impact réel pour les élèves les plus en difficulté, problème de l’évaluation... Et si l’intérêt de l’administration rejoint toujours celui des élèves, comment justifier les nombreux arrangements qui ont lieu dans les établissements, certains principaux sollicitant tel ou tel collègue pour participer à un IDD, dans le seul but d’ajuster la répartition d’heures en postes ? Et si l’intérêt des personnels ne rejoint pas celui des élèves, comment justifier la suppression de milliers de postes de surveillants et d’aides éducateurs au niveau national, alors que cette présence adulte est évidemment nécessaire à la qualité de la vie scolaire et à la prévention des actes de violence dans les établissements. Le SNES exige que le projet de création des assistants d’éducation soit retiré, car outre la disparition de postes de personnels il introduit une dégradation inadmissible par rapport au statut de surveillant. Et si l’intérêt de l’administration rejoint toujours celui des élèves, comment justifier la baisse des moyens alloués aux SEGPA ? Chacun sait que les élèves inscrits dans ces sections, déjà en grande difficulté scolaire et au comportement difficile, ont besoin d’un encadrement des plus renforcés. Le SNES déplore que des économies de moyens soient faites sur ces publics.