19 janvier 2014

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Stage CPE, des débats pour une véritable reconnaissance et autonomie professionnelle !

Le 14 janvier s’est déroulé un stage académique de formation syndicale sur l’évolution du métier de CPE au local du SNES-FSU à Rouen. Plus de 25 collègues se sont déplacés des 4 coins de l’académie pour s’informer et débattre de l’évolution du métier au regard des discussions entamées au ministère la veille.

Philippe Guingand du secteur national CPE était invité, pour rendre compte de la tournure de la première séance de discussion à laquelle il a assisté.

Avant de renter dans le vif du sujet, Florian Lascroux, co secrétaire académique a fait une présentation du SNES-FSU, de son histoire, de son fonctionnement original dans le paysage syndical et de sa place centrale dans le second degré.
L’actualité de l’éducation avec les premières discussions sur les missions des enseignants, la réforme des ZEP mais aussi celle des CPGE ont suscité un premier débat entre les participants.

Ensuite, l’actualité académique de la catégorie a été abordée. La création de 8 postes dans un cadre national de 159 créations, mais aussi l’entretien conseil pour des collègues du 8e ou 9e échelon pour la hors classe, les perspectives d’affectations des futurs FSTG ou des contractuels admissibles et les perspectives pour le mouvement intra académique à venir ont nourri les discussions de la matinée.

Ces dernières se sont terminées sur un rapide historique de l’évolution du métier et des textes du décret de 1970 en passant par la circulaire de 82. Philippe Guingand a pointé un tournant majeur en 2002 avec le début de l’extinction du corps des MI SE par le recrutement local des AED. Ce pas vers le management aurait pu être plus marqué en 2006 de par le débat au sein même de l’Inspection générale initiée par les écrits de Jean Paul Delahaye, lui même membre de l’Inspection générale. Une vision du métier plus centrée sur le suivi pour la réussite des élèves et moins centrée sur une conception de cadre intermédiaire dans l’orbite de l’équipe de direction était alors majoritaire au sein de l’IG. Le SNES-FSU a toujours pris soin de sonder les syndiqués et plus largement la profession pour porter les aspirations de celle-ci et peser dans le sens d’un métier préoccupé par la réussite de tous les élèves et de « l’éducabilité de tous » quelle que soit l’origine sociale ou géographique.

La pause repas au Rectorat a permis aux collègues de se retrouver ou de se connaître et de continuer les échanges en petit groupes.

L’après midi fut la largement consacré aux discussions en cours au ministère. Ces dernières débutées la veille ont commencé sous des augures favorables. Le ministère semble disposé à écouter et la présence de représentants officiels de haut rang lors de cette première séance montre que le ministère accorde une réelle importance à ces discussions et donc à notre catégorie. La ligne rouge qui consistait à placer les CPE comme des supplétifs de l’équipe de direction et ainsi à nier toute notre autonomie professionnelle de personnels de catégorie A concepteurs de notre métier, n’a pas été franchie. Seuls deux syndicats semblaient le regretter.

Le reste des organisations syndicales ont appuyé à la suite du SNES-FSU, une conception du métier apte à nous donner les moyens de faire enfin prévaloir une véritable reconnaissance et autonomie professionnelle, seule à même de nous permettre d’asseoir notre position par rapport à la direction, au coté des autres acteurs.

Nos missions sont déclinées dans les fiches de travail, bases de la discussion, en 3 domaines :

- La politique éducative de l’établissement,

– Le suivi des élèves

– L’organisation de la vie scolaire.

Le préambule fait explicitement référence au décret de 1970 et à la circulaire de 1982.

Dans le même temps une autre fiche décline les propositions de revalorisations de nos carrières. Celles-ci se limiteraient à l’alignement du ratio de la hors classe sur celui des certifiés (déjà obtenu...) et à un hypothétique « grade exceptionnel » au delà de la hors classe, pour les collègues ayant accédé au dernier échelon de celle-ci et exerçant en éducation prioritaire... Il est évident que cela concernerait très peu de collègues et que ces propositions sont totalement insuffisantes !

Le SNES-FSU va continuer à peser, tant pour les CPE que les enseignants pour obtenir d’autres mesures de revalorisations ! Une pétition sur cette nécessité est d’ailleurs en ligne.

Ces questions nous ont amenés à aborder le temps de travail et la difficulté à effectuer nos missions dans le cadre des 35H, voire à faire respecter ces dernières et à obtenir compensation salariale ou récupération des dépassements horaires. Différentes situations ont été évoquées.

L’avancement d’échelon et la revendication d’un avancement de toutes et tous au rythme le plus rapide, équivalent au grand choix, avec une déconnexion de l’évaluation ont constitué des éléments du débat. Tous les collègues sont en accord avec l’idée que l’inspection doit être plus centrée sur le conseil et les besoins de formation avec des inspecteurs issus du corps des CPE ! Cela nous a amené à préciser la revendication du SNES-FSU de la création d’une agrégation d’éducation qui permettrait cela mais qui constituerait aussi un débouché possible de carrière.

La journée s’est terminée avec des questions plus catégorielles sur la prise en compte des années de TZR dans les barèmes des mutations et les indications quant aux postes logés pour ces dernières.

Une journée dense avec des débats sans tabous et sans complaisance, dans une écoute et un respect mutuel ! La volonté de poursuivre et de rester en contact entre collègues, avec le souhait de se voir plus souvent et d’informer les autres collègues : ce stage de formation syndicale fut à l’image du métier : divers, riche d’avis et de propositions, combatif, avide de débattre, et surtout, plus que jamais, bien... vivant !