Un stage FSU « compétences » était organisé le 20 février,

Il était animé par Monique Daune, secrétarire nationale du SNES et Daniel Labaquere,

La FSU s’est opposée à la loi Fillon et au socle en 2006 car elle revendique une culture commune exigeante, de haut niveau, dans une scolarité portée à 18 ans pour tous.

Quelques éléments présentés au stage :

- Il y a différents niveaux de définition dans le terme « compétence ». À l’école, ce terme signifie : capacité à agir efficacement dans un contexte précis. Dans le premier degré des listes de compétences sont publiées avec les programmes depuis la fin des années 80.

- Le savoir n’a d’intérêt que s’il permet de s’adapter à une nouvelle situation de travail. Or le socle commun écrase des pans entiers de culture. Il ne laisse que peu de place à l’EPS, la technologie... Il nie la structuration des savoirs par les disciplines. Il vise des compétences transversales et des attitudes, il segmente sans hiérarchie ni progressions pensées. Il prône le chacun pour soi, la responsabilité individuelle. Il privilégie un rapport utilitaire à l’école. L’évaluation est placée au premier plan. Le socle se distingue des programmes : à qui enseigner le socle et à qui les programmes ?

- La mise en œuvre du socle occasionne une énorme surcharge de travail et au bout du compte le chef d’établissement passe derrière les profs. Il y a une obligation de résultat dans les contrats d’objectifs qui attendent des taux de résultats chiffrés.

- Travailler par compétences et valider par compétences sont deux choses complètement différentes.
Les compétences qu’on travaille avec nos élèves s’assoient sur des savoirs disciplinaires. Une compétence générale n’existe pas.

Il y a 4 types d’évaluation :

L’évaluation diagnostique qui a disparu ( entrée en 6è et en seconde)

L’évaluation formative qui consiste à repérer ce que l’élève sait faire et ne sait pas faire. Cette évaluation devrait être davantage travaillée

L’évaluation sommative qui est un bilan à un moment donné de ce que sait faire l’élève

L’évaluation certificative qui permet de donner ou pas un diplôme.

Toute évaluation est subjective, quelle qu’elle soit. Il faut réfléchir à l’évaluation : repérer davantage les réussites des élèves sans toutefois masquer leurs problèmes.

Consignes syndicales : il faut dénoncer et combattre le socle et le LPC. Comment mettre le LPC en échec alors qu’il s’impose à nous pour l’obtention d’un diplôme ? La consigne en 2011 avait été donnée de tout valider pour éviter les problèmes. En même temps, il faut faire campagne contre le LPC auprès des parents d’élèves. Un florilège de toutes les inepties sur la validation du LPC a été fait et donné à la presse au moment du DNB. On a empêché le ministère de crier victoire.

Que fait-on cette année ?

Le SNU veut un autre livret, la FCPE veut le retrait du LPC. Meirieu critique aussi cela. Au moment où beaucoup de personnes expriment leur malaise par rapport aux compétences, il ne faut pas lâcher prise. Le SNES appelle donc à ne pas renseigner le LPC les deux premiers trimestres. Au troisième trimestre, si la question se pose toujours, on validera les 7 piliers comme l’an dernier. Les candidats aux élections sont interpelés et on attend leurs réponses.

- L’école du socle :

Depuis deux ans, apparaît une idée récurrente qu’il faudrait construire les écoles du socle commun.
(rapports Grosperrin, de la cour des comptes...) L’objectif n’est pas d’assurer la liaison CM2 -6è mais d’enfermer le collège au sein du premier degré. Cette école nie la spécificité de chacun ; la monovalence des profs du second degré et la polyvalence de ceux du premier degré. La clé de la réussite n’est pas le fait de n’avoir qu’un seul enseignant sinon presque aucun élève ne sortirait en difficulté de l’école primaire.

Face à toutes ces attaques, la FSU oppose le principe d’une culture commune. Il faut affiner cette notion : organisation des enseignements qui fassent culture. Elle doit être commune de la maternelle à la fin du lycée et à certains moments, les savoirs peuvent être plus spécifiques (lycée).

Il faudrait porter la scolarité obligatoire jusqu’à 18 ans en revisitant les contenus d’enseignements, desserrer les contraintes pour avoir plus de temps pour entrer dans des apprentissages ambitieux, émancipateurs, adaptés à l’âge de chacun mais pas inaccessibles.

Les conditions d’étude doivent être améliorées au sein de la classe et l’aide aux élèves doit se traiter au sein de la classe.

La formation des enseignants doit être améliorée pour leur donner des outils pour mieux comprendre les difficultés des élèves. L’école doit être pensée pour les élèves qui n’ont pas de connivences avec elle.

Il faut refonder l’éducation prioritaire, elle doit garder les mêmes exigences pour tous les élèves. Les équipes doivent avoir les moyens d’amener les élèves à ces exigences.

Pour poursuivre la réflexion :

o « Livret personnel de Compétences : Assez de ce grand bazar ! » : communiqué de presse SNES-SNEP-SNUEP-SNUIpp du 25 mai 2011

o lettre ouverte SNES-SNEP-SNUEP au ministre du 25 mai 2011

o florilège réalisé en juin 2011

o Meirieu sur le café pédagogique : "Je ne peux accepter que l’idéologie des compétences devienne une « théorie de l’apprentissage"

o entretien Meirieu/Gauchet dans Le Monde du 3 septembre 2011