1. Le mal être des enseignants.

La question de la santé au travail est concrète : de plus en plus de collègues expriment leurs difficultés à travailler, leur mal être dus à la dégradation de leurs conditions de travail.
Cela a bien évidemment un impact sur leur santé.
Quelles sont les origines de ce mal être ?
- On attend des enseignants l’élévation du niveau social des jeunes.
Cette idée des enseignants contribuant au projet républicain est complètement bouleversée aujourd’hui : la définition de la politique éducative ne se fait plus à l’échelle nationale mais au niveau européen.
D’après la définition donnée par la commission européenne, le savoir est résumé aujourd’hui aux compétences (la mise en place du livret personnel de compétence dans les collèges illustre cette politique).
La volonté d’un savoir exigeant est battue en brèche de façon radicale.
- L’idéal de démocratisation des enseignants est en panne depuis 1995 : notre système ne parvient plus, depuis cette date, à amener davantage d’élèves d’une génération au baccalauréat (seulement 63,5 % d’une classe d’âge).
Cette panne de démocratisation a été mise sur le dos des enseignants.
- Vouloir installer le socle commun dans les quartiers populaires, c’est renoncer à ce qu’une classe d’âge ait accès au bac.
Aujourd’hui, on nous parle de l’éducation uniquement dans le négatif : décrocheurs, illettrisme, violences...
Les valeurs du métier sont modifiées et cela provoque un sentiment de perte de sens, ce qui a un impact sur la santé.

2. Le « New Public Management »

Une nouvelle méthode de gestion apparaît en France : le « New Public Management ».
Initialement, elle devait donner plus d’autonomie, plus de responsabilité aux salariés ;
C’est en fait une méthode de gestion européenne des services publics.
Dans le cadre d’un budget contraint il faut rendre plus efficace les dépenses publiques ( RGPP) : on parle de service d’intérêt général et non plus du service public. Cela peut entraîner une déconcentration et une « territorialisation » du service public.
Les missions d’enseignement peuvent être assumées par une multiplicité d’acteurs qui ne sont pas obligatoirement issus du monde enseignant.L’argent public doit être distribué en fonction des contrats : chaque établissement scolaire doit donc formuler un contrat de projet inscrit dans un projet territorial : à chacun de se vendre pour obtenir
des moyens : autonomie des établissements !
Le chef d’établissement est le garant de la gestion des personnels, de la mise en œuvre des politiques publiques.
Les décrets de l’autonomie lui confèrent des pouvoirs. Par exemple,
- les professeurs stagiaires seront validés dans leur titularisation par le tuteur et le chef
d’établissement.
- Avancement de carrière, évaluation seront aussi dévolus aux chefs d’établissements.
Tout cela pèse sur nos conditions de travail : la reconnaissance du travail honnêtement fait n’est plus suffisante.
L’évolution des carrières se fera au mérite suivant que les enseignants réalisent ou non le contrat d’objectifs.
Il y a désormais une Culture de l’évaluation : multiplication des grilles sur l’efficacité des enseignants, sur les évaluations de toutes sortes en fonction desquelles des moyens seront attribués.

3. Le document unique

Pour l’institution la santé au travail était niée jusqu’à présent. Désormais, chacun (chef d’établissement, rectorat) devra rendre compte des actions menées.
Un programme annuel de prévention va être créé : les CHSCT (Commission Hygiène, Sécurité et Conditions de Travail).
Les décrets d’application de ces CHSCT ne sont pas encore connus.
Pour qu’une CHSCT soit constituée il faut au moins 50 salariés :
Dans l’académie il devrait y avoir un CHSCT académique et départemental mais pas dans les établissements (où se trouve les CHS – Commission Hygiène et Sécurité) car le nombre de 50 salariés n’est pas toujours atteint.
Il existe, depuis 2002, un document qui devrait être rempli annuellement : le document unique. (Se reporter au diaporama en pièce jointe pour plus de précisions).
Le document unique : les collègues doivent le faire vivre, quitte à forcer la main aux chefs d’établissement !
Chaque Conseil d’Administration peut décider de la création d’une CHS. Elle n’est obligatoire que dans un établissement où il y a une section technique. La liste des membres doit être affichée dans un endroit visible de tous.
L’évaluation des risques est une obligation devant être faite dans le cadre du document unique.
Tous les problèmes ( tensions quotidiennes, risques psychosociaux : stress, burn-out (épuisements), maladies chroniques, troubles musculo-squelettiques (TMS)...) doivent être notés dans ce document.
Ce document unique doit présenter l’ensemble des actions mises en œuvre pour résoudre chacun des problèmes soulevés.
Chacun doit être consulté sur son poste de travail (exemples :- un professeur TZR n’a que 30 minutes pour aller d’un établissement à un autre : c’est un problème lié aux conditions de travail ;
- absence de surveillants de telle heure à telle heure...).
Si le chef d’établissement ne propose pas de solution, le problème doit être remonté au niveau supérieur.

Diaporama sur le document unique