CAA du 24 juin / texte action proposé par l’Ecole Emancipée

Les reniements c’est maintenant !

L’Europe est au bord du gouffre : les politiques d’austérité, loin de résoudre la crise, creusent les déficits et renforcent les inégalités sociales ; la troïka veut mettre à genoux les peuples et en particulier le peuple grec plongé dans la misère par des méthodes de plus en plus autoritaires !
En France, le gouvernement Ayrault entame l’an II de l’austérité. On est loin des déclarations sur le « changement maintenant » ou le « combat contre l’ennemi héréditaire : la Finance », Il y a longtemps que Hollande a fait allégeance aux banques, au Medef et à la Commission européenne.
Pacte budgétaire européen , austérité budgétaire, accord national interprofessionnel, fermeture de Florange, liquidation de Pétroplus : la liste des renoncements est longue comme est longue la file des « demandeur-es d’emplois » devant les agences de Pôle-emploi ! Le chiffre des 5 millions de chômeur-es, toutes catégories confondues, est dépassé alors que s’annoncent des « plans sociaux » de grande ampleur dans des entreprises comme Michelin ! Comme on le voit, « le printemps » se fait attendre et les attaques qui se précisent contre les retraites n’annoncent pas de changement de cap de la part du gouvernement...au contraire ! C’est bien à une politique sociale libérale, initiée par G.Schroeder (à qui F.Hollande a récemment rendu hommage) que nous sommes confronté-es.

Loi d’orientation qui ne marque pas de rupture ...

Si l’on peut se féliciter que quelques amendements aient corrigé de façon marginale le projet initial (éducabilité de tous les élèves, socle qui n’est pas une fin en soi), il n’en reste pas moins que cette loi ne nous convient pas. Il nous faut continuer à affirmer notre opposition à l’école du socle, aux Eclairs, au livret personnel de compétence, à la réforme des lycées, à l’individualisation (parcours artistiques et culturels,...), à la diversification des parcours scolaires dès le collège (enseignements complémentaires, stages professionnels et DIMA en 3e), à l’éclatement de la norme nationale (multiplication des évaluations « maison », menaces sur les examens et diplômes nationaux, intervention des collectivités territoriales dans le périscolaire et la carte des formations professionnelles... ).
Par ailleurs, la philosophie de cette Loi est très contestable, voire inquiétante idéologiquement. La mise en place de parcours de découverte des métiers dès la classe de 6e, dans le tronc commun (au détriment de quels enseignements ? ) et la possibilité donnée aux entreprises d’intervenir dès la 6e montrent que la finalité de l’école n’est pas celle que défend la FSU : l’idéologie sous-jacente à cette Loi tend non pas à l’émancipation de tous, mais à l’adaptation de chaque individu au mode de pensée entreprenarial. L’intervention de Hollande, qui souhaitait que l’esprit d’entreprise soit éduqué dès la 6e, confirme cela.
Par ailleurs, le SNES participe à des chantiers (décrochage scolaire, collège, éducation prioritaire). Il doit informer la profession de la teneur de ces discussions et communiquer clairement avec tous ses syndiqués.

Les menaces sur les métiers et les statuts... 

Peillon vient de revenir sur la rémunération des enseignants en début de carrière. Considérant que les pré-recrutements se font maintenant plus tôt, il en profite pour baisser leur rémunération de 20% ce qui est inacceptable ! On doit s’emparer de ce sujet, en informer nos collègues et agir pour que le ministre recule sur ce point. Il faut également exigerla fin du gel des salaires et l’ouverture de vraies négociations sur la revalorisation du point d’indice même si Lebranchu a annoncé que ce n’était pas à l’ordre du jour...
Peillon a décidé d’ouvrir un chantier sur le métier enseignant à l’automne ; le récent rapport de la Cour des comptes sonne comme un provocation sur le sujet (bivalence, annualisation des services, carrières au mérite, dénaturation des missions...). Le SNES refusera lors de la concertation toute proposition qui irait dans le sens du rapport précité, il refusera toute régression pour nos métiers.

Fonction Publique : un projet de loi en demi-teinte...

Ce projet de loi devrait être présenté mi-juillet. Il réintroduit notamment l’obligation du devoir de réserve : Le SNES et la FSU doivent insister pour que toute mention de l’obligation de réserve, entrave intolérable à notre expression citoyenne et notre engagement syndical, soit retirée de cette loi.

Retraites, là non plus pas de rupture...

François Hollande a déjà donné le ton des discussions : « Il faudra travailler davantage ». Le rapport Moreau prévoit de nouvelles dégradations, s’ajoutant à celles déjà mises en place par les réformes de 2003 et 2010 : allongement de la durée de cotisation, alignement public-privé..., l’objectif étant de diminuer le montant des pensions. La FSU et d’autres OS ont prévu de se revoir début septembre pour envisager une action avant octobre. Or, c’est dès maintenant que doit se mener la bataille contre ces projets : la conférence sociale de la semaine dernière, qui s’inscrit dans un « dialogue social » dont le seul but est de différer et paralyser la mobilisation, ne laisse plus de doute sur la posture que la FSU doit adopter : c’est bien celle de la lutte résolue contre les projets gouvernementaux, pour la retraite à 60 ans, à taux plein, après 37,5 annuités, financée par une hausse des cotisations patronales ! Le SNES doit dès maintenant mener une large campagne d’information sur ses propositions et amorcer un mouvement de masse avec les salariés du public et du privé, dans une unité syndicale la plus large possible (CGT, Solidaires et FSU au minimum) afin d’empêcher la mise en place de nouvelles régressions et être opérationnel dès la rentrée.

AED/ AP / EAP :
Le MEN a prévu la suppression de 2000 postes d’assistants pédagogiques. Ce sont 123 équivalent temps plein qui devraient être supprimés dans notre académie et qui pourraient toucher également les postes d’AED. Le ministre a beau jeu d’annoncer des créations d’EAP : ceux-ci, employés pour une dizaine d’heures, ne pourraient pas combler le déficit des suppressions de postes, d’autant plus que leurs missions se cantonneront à de l’observation ou de la pratique accompagnée de séquence pédagogiques. Le SNES doit intervenir auprès des recteurs pour exiger l’annulation de ces suppressions au profit d’un redéploiement sur la catégorie des AED, catégorie largement déficitaire dans les vies scolaires

Syndicalisation :

Dans l’académie de Rouen, le taux de syndicalisation est en augmentation, ce qui n’est pas le cas au niveau national. Bien que le gouvernement actuel se dise de gauche, la politique menée depuis un an n’a connue que très peu (aucune ?) de rupture avec celle du gouvernement précédent. Le SNES doit donc montrer résolument sa combativité pour contrer les attaques libérales actuelles et obtenir la satisfaction des revendications des personnels. Nous ne pouvons accepter aujourd’hui, ce que nous avons durement combattu hier !

Construire les mobilisations...

Au terme d’une année de social libéralisme, il est grand temps de faire les comptes et de passer à l’action : nous savons désormais que ce gouvernement ne mènera une politique acceptable qu’à condition que nous l’y contraignions. Cela passe par conséquent par la construction d’un mouvement social de masse, seul à même de peser et d’exercer un rapport de forces.
Dès la rentrée, les coups vont pleuvoir et les fronts sur lesquels il faudra se battre vont se multiplier : la FSU devra mener toutes les batailles, œuvrer aux convergences entre les secteurs en lutte, et aller de façon résolue jusqu’à l’affrontement avec ce gouvernement.
D’ores et déjà :
La CA du Snes appelle les collègues à se réunir en AG dans les établissements dès la pré-rentrée pour faire l’état des lieux de la situation dans l’éducation, et pour informer en même temps les collègues sur les attaques survenues pendant l’été au sujet des retraites.
Le Snes, avec la FSU, met en place dès maintenant des intersyndicales fin août pour organiser l’action contre la réforme des retraites : cela passe par l’organisation d’une campagne active auprès de la population, à commencer par la tenue de réunions publiques dès le début septembre.
La CA du Snes estime que la situation dans l’éducation est catastrophique, tant au niveau des préconisations contenues dans la loi, qu’au niveau des salaires et des conditions de travail. Elle estime qu’il faut une réaction combative et se prononce pour une journée de grève nationale au plus près de la rentrée, proposition qu’elle portera à la connaissance de la FSU.
La CA du Snes refuse toute régression supplémentaire en ce qui concerne les retraites ; pour ce faire, elle estime qu’une lutte acharnée est nécessaire. Elle se prononce pour un mouvement de grève-s contre ce projet de façon urgente, dès début septembre. La FSU recherchera l’unité pour mener cette bataille avec les partenaires syndicaux qui sont sur cette position ; néanmoins, convaincue que cette lutte est indispensable, elle estime que l’unité ne doit pas être un préalable indépassable à l’action.