Texte voté à l’unanimité...

À une semaine des Législatives, le premier gouvernement Macron - Philippe est nettement libéral. À la droite ont été donnés les ministères du Travail, de l’Économie, de l’Action et des Comptes publics et l’Éducation, ce qui ne peut que nous inquiéter pour les futures réformes du Code du travail, des retraites, de l’éducation, de la Fonction publique...

Fonction Publique :

Avec la disparition d’un Ministère de la Fonction publique, le signal est clair : elle sera pilotée par le budget et non par les missions et besoins des usagers.
Suppressions de postes et rétablissement du jour de carence sont déjà au programme.
L’annonce d’un nouveau blocage du point d’indice est un signe fort donné par ce nouveau gouvernement !

Retraites :
Sous couvert de simplification et d’équité, le nouveau Président envisage une réforme radicale des retraites : système uniforme et unique (privé et public), supprimant les régimes spéciaux et donc le code des pensions, élément essentiel du statut des fonctionnaires dont le lien avec la carrière est clairement établi (pension calculée sur le dernier indice détenu dans les six derniers mois).
Dès lors, cela conduit à repousser l’âge de départ en retraite, en raison du système de décote et de l’allongement progressif et programmé de la durée de cotisation requise.

Sur ces questions (FP, retraites) le SNES doit être avec la FSU force de proposition et d’opposition dans une large intersyndicale.

PPCR :
Le nouveau gouvernement a annoncé ne pas revenir sur le volet carrières du PPCR. Cependant l’application de la circulaire nationale HCL pose déjà des problèmes dans certaines académies dont celle de Rouen. Les Rectorats refusent, dans un dialogue social totalement bloqué, de respecter l’esprit même du PPCR et donc l’accès de tous les personnels à la hors-classe alors même qu’ils n’ont pas d’avis défavorables.

Éducation Nationale : politique générale

Les premières annonces de Macron montrent d’abord une grande démagogie. Sa volonté d’accentuer encore l’autonomie des établissements est délétère pour l’Éducation Nationale avec par exemple le projet de recrutement des enseignants et CPE par les chefs des établissements, qui amènerait à une réelle casse du statut des enseignants et accentuerait encore la concurrence entre collègues.

Réforme collège

Un projet d’arrêté, présenté au CSE le 8 juin prochain, annonce des “assouplissements” de la réforme du collège. Le nouveau ministre Blanquer communique sur le rétablissement des bilangues, euro, ou le retour de l’enseignement du latin. Mais les aménagements proposés sans moyens spécifiques dédiés, conservant l’esprit même de la réforme, ne peuvent qu’accentuer l’autonomie des établissements, la concurrence entre les disciplines et l’éclatement de l’Éducation Nationale. On ne peut qu’être très réservé sur ces annonces à quelques mois de la prochaine rentrée, alors même que les répartitions de moyens et de service sont faits. Il faudrait donc en quelques semaines tout rediscuter localement et académiquement, sans moyens supplémentaires. Le SNES-FSU ne peut se satisfaire de ce projet d’arrêté. Il continue d’appeler au retrait de cette Réforme du collège et réclame de nouvelles discussions pour une autre réforme du Collège.
Au-delà du soulagement légitime des collègues avec la fin des EPI obligatoires, le SNES-FSU continuera d’informer largement la profession des dangers persistants de la réforme “Collège 2016-2017”.

Bac / DNB

Le SNES-FSU rappelle que toute épreuve d’examen doit ouvrir droit à rémunération spécifique. Il rappelle l’obligation d’un ordre de mission adressé à chaque examinateur. Il appelle les collègues à faire respecter leurs droits et appelle à renvoyer les factures de paiement à la DEC afin que chaque collègue perçoive une juste rémunération.
Le SNES-FSU appelle à un cadrage national de ces rémunérations. Il demande la fin des épreuves locales actuelles et exige, en attendant, leur rémunération au même titre que les épreuves terminales. Le SNES-FSU exige pour le bac des épreuves nationales, terminales et anonymes et un diplôme - premier grade universitaire - qui garantit l’accès à la filière de son choix. Le calendrier des épreuves doit aussi être cadré nationalement tout en respectant les conditions de travail des examinateurs.

COPsy et Hors-Classe.
Au mépris de ce qui avait été acté et validé par la ministre Najat-Valaud Belkacem dans les conclusions du Groupe de travail sur l’Orientation (GT14), le ministère de la Fonction publique, juste avant le second tour de l’élection présidentielle, a ramené de 10% à 7 % le taux d’accès à la hors-classe pour les conseillers d’orientation-psychologues. Cet engagement du MEN avait été pris pour compenser l’injustice subie depuis 1989 par les CO-Psy, seul corps à ne pas bénéficier d’accès à l’échelle de rémunération de la hors classe dans les mêmes conditions que les personnels d’enseignement et d’éducation du second degré ! Une nouvelle CAPN aura lieu le 12 juin prochain. Le SNES est intervenu et continuera de faire pression pour que cet engagement soit tenu.

Devoirs faits à l’école.
Le SNES-FSU prend acte de l’annonce du Ministre de faire faire les devoirs des élèves dans l’établissement, permettant de combattre les inégalités sociales et éducatives. Cependant, le SNES-FSU sera attentif à la mise en place de cette politique, qui devra être cadrée nationalement en terme de moyens (humains, transports, locaux), ainsi que sur le statut, les qualifications et la rémunération des intervenants...

Académie
Au niveau académique, le SNES-FSU continue son action au plus près du terrain, pour accompagner les collègues et les équipes dans les établissements. Après une campagne de présence renforcée dans les salles des profs au moment des DHG, la CAA appelle à renforcer ce dispositif terrain pour venir à la rencontre des collègues tout au long du mois de septembre, tant pour aider ceux qui rencontrent des problèmes que pour obtenir des informations précises sur les conditions de rentrée.
D’ici là, la section académique poursuivra son travail de défense des collègues. Le dossier des voyages scolaires, celui du collège du Houlme, ainsi que celui des professeurs d’allemand, tout comme la question de l’ASH (SEGPA, ULIS…), ou celle plus large des conditions de travail au sein de la délégation FSU dans les CHSCT - pour ne citer que ceux-là - sont autant de questions qui mobilisent actuellement les militants.
Le SNES-FSU s’oppose à l’entrée de partenaires privés dans l’Éducation Nationale. Ainsi, il condamne le financement par des collectivités territoriales de cours particuliers privés (exemple : Mairie d’Evreux). Il s’oppose également aux tentatives des collectivités territoriales d’intervenir dans les choix pédagogiques des équipes, par le biais de financements attribués en priorité à certains projets s’ils correspondent aux choix politiques de la collectivité.
Le SNES-FSU de Rouen souhaite développer les relations avec les FCPE 76 et 27 afin de construire des échanges communs sur les sujets qui nous rapprochent (épreuves du bac, validation des cycles en collège, fermetures de classes et d’établissements…).