Didier Marie, président du conseil général de Seine Maritime a déclaré dans Paris Normandie du 29 janvier 2010, que le conseil général ne paierait plus les charges de fonctionnement des CIO Départementaux : Barentin, Fécamp, Lillebonne, Montivilliers, Dieppe. L’annonce effectuée oralement et dans la presse écrite de la suppression des budgets des C.I.O. n’est pas suivie d’une quelconque information ou mise en garde officielle en direction des C.I.O., ni par le CG, ni par la hiérarchie (IA, IEN-IIO, CSAIO). Toutefois, cette annonce est à prendre au sérieux vu que d’autres CG ont également décidé ne plus financer les CIO départementaux, ce qui a pour conséquence, dans certains départements, la fermeture annoncée de ces CIO à la rentrée prochaine.

En Seine Maritime, l’état des lieux actuel montre :

-  Des commandes de fonctionnement effectuées par les C.I.O. départementaux qui ne sont pas honorées par le Conseil Général. L’explication donnée par les services étant qu’il n’y a plus de ligne budgétaire pour les C.I.O.
-  La maintenance des parcs informatiques des CIO a été annoncée comme n’étant plus assurée par l’entreprise sous-traitée par le CG.
-  Les charges comme les loyers, l’eau, le gaz, l’électricité, les frais de déplacement des Copsy seraient payées jusqu’au mois de juin 2010. Après on ne sait pas.

Les équipes des C.I.O. départementaux 76 sont très inquiètes car cette annonce se conjugue avec la situation globale des services déjà fragilisés par la précarité des personnels qui augmente considérablement en raison de la faiblesse des recrutements sur concours et de la difficulté pour obtenir des remplacements des personnels en arrêt maladie.

Les services d’orientation font partie du service public de l’Education Nationale. Ils sont actuellement malmenés par de nombreux rapports redondants et leurs missions sont interrogées fortement en raison de la nouvelle loi qui vient d’être votée au Sénat sur « l’orientation tout au long de la vie ». Pourtant, grâce au maillage du territoire, construit progressivement au fil du temps et grâce aux volontés locales, les services contribuent, en particulier, pour les élèves les plus éloignés de la formation (dans tous les sens du terme) à l’effort départemental et régional pour favoriser les poursuites d’études des jeunes scolarisés dans le département.

En outre, nous exprimons nos plus vives inquiétudes quant à l’arrivée sur le « marché de l’orientation », d’une multitude d’organismes privés reprenant nos missions telles que la lutte contre le décrochage scolaire ou encore le conseil en orientation. Par exemple, il y a des organismes privés à 100% ou privés et financés par l’Etat dans le cadre des projets Hirsch dont le projet est « proposer un parcours personnalisé vers l’emploi pour construire son projet avec un coach : emploi salarié, formation qualifiante, création d’entreprise ». On peut aisément imaginer que ces organismes pourront intervenir à l’école dans des secteurs vides de tout maillage par le service public d’orientation si les CIO ferment.

Il est extrêmement dangereux de fragiliser un Service Public d’Etat dans le contexte politique actuel de « casse des services publics », de suppression de postes de fonctionnaires et de rationalisation des services.

- Quel va être l’avenir des CIO s’ils ne sont plus financés par les CG ? Seront-ils fermés ? Regroupés avec d’autres structures ? Qui va payer les frais de fonctionnement, de déplacement ?
- Quel va être l’avenir des personnels DCIO, COPSY et administratifs travaillant dans ces CIO ?
- Quel va être l’avenir des missions d’orientation, et par conséquent qui va aider les élèves, dans les établissements correspondant au secteur d’intervention de ces CIO ?

Le SNES va interpeller Madame le Recteur à ce sujet au CTPA du 22 mars.