11 septembre 2019

COLLÈGES/LYCÉES

Application des réformes Blanquer : des lycées désorganisés

Au cours de l’été, un certain nombre de lycéens ont été « incités » à revoir leurs combinaisons de spécialités, celles-ci s’avérant impossibles à mettre en œuvre dans les emplois du temps. Le rectorat ne finançant pas la mise en place de groupes de spécialités à la hauteur des besoins, certains établissements ont été contraints de rouvrir à moyens constants des groupes de spécialités complémentaires, au détriment d’options ou de dédoublements dans d’autres disciplines. En conséquence, les effectifs par division (parfois supérieur à 36) explosent dans la majorité des lycées alourdissant encore plus la charge de travail des enseignants qui dans le même temps doivent préparer deux à trois nouveaux programmes.

L’organisation des enseignements et la confection des emplois du temps s’avèrent extrêmement compliquées. En première générale, en individualisant le parcours de chaque élève, la réforme entraîne la quasi disparition du groupe classe qui ne subsiste plus que dans quelques enseignements du tronc commun. De très nombreux enseignants se retrouvent à intervenir uniquement auprès de quelques élèves de chaque classe rendant impossible l’organisation de voyages, de sorties ou de projets pédagogiques ainsi que le travail en équipe. L’exercice des fonctions de professeur principal et de délégués élèves s’en trouve alourdi et complexifié ; les conseils de classe perdent leur utilité. Ces inquiétudes ont provoqué un refus de certains collègues de devenir professeur principal malgré les pressions exercées par les chefs d’établissement. C’est ainsi une transformation profonde et une perte de sens du métier qui risquent à très court terme d’accentuer les situations de souffrance au travail.

Les E3C (Epreuves Communes de Contrôle Continu), dont la mise en œuvre de la première session dans 5 mois semble bien difficile à envisager (les banques de sujets sont presque inexistantes,…) vont entraîner de nouvelles perturbations. Les services des examens du rectorat ne disposent d’aucun élément pour les organiser sérieusement. Il ne semble pas raisonnable d’accepter de les mettre en place. Outre la non-indemnisation des corrections, les modalités d’organisation locale à géométrie variable, les contenus et le niveau d’exigence des épreuves demeurent inacceptables. Dans l’urgence, le SNES-FSU exige un moratoire sur la réforme du lycée et du baccalauréat car il ne serait pas responsable pour une institution telle que l’Education nationale d’organiser un examen au rabais. Il soutiendra tous les collègues qui décideront collectivement de ne pas participer à l’organisation des examens.