Bac Blanquer : ne laissons pas faire !
Les projets de décret d’application du nouveau baccalauréat qui viennent d’être communiqués aux organisations syndicales entérinent la fin du caractère national de ce diplôme qui désormais serait sanctionné de façon déterminante par le contrôle continu. Seules 4 disciplines feront l’objet d’une évaluation terminale nationale, toutes les autres étant évaluées sous forme de contrôles locaux (épreuves ponctuelles - comptant 30 % pour l’obtention du bac - tirées d’une banque nationale de sujets et corrigées par les enseignants de l’établissement - et moyennes trimestrielles - comptant 10 % pour l’obtention du bac).
Par ailleurs, l’arrêté relatif aux modalités d’organisation du contrôle continu permet au chef d’établissement de remettre en cause le travail des enseignants puisqu’il lui revient désormais de faire « une proposition de note globale de contrôle continu pour chaque élève et chaque enseignement concerné » (article 8 du décret).
Chaque évaluation réalisée dans le cadre habituel de formation étant prise en compte pour le baccalauréat, celle-ci deviendra un enjeu permanent pour l’élève et sa famille et sera une source prévisible de contestation avant, pendant et après l’évaluation et engendrera sur les enseignants des pressions de toutes sortes (dont celle du chef d’établissement qui a tout intérêt à maintenir un taux de réussite au baccalauréat le plus élevé possible).

Chaque discipline du « socle de culture commune » à savoir : Français (en 1re) ou Philosophie (en Terminale) - Histoire Géographie - Enseignement moral et civique - LV1 et 2 – EPS - humanités scientifiques et numériques fera l’objet d’évaluations multiples (2 en classe de première au cours des 2e et 3e trimestres et une en classe de terminale au début du 3e trimestre). Cette multiplication des épreuves réduira le temps consacré aux apprentissages et mettra les lycéens sous une pression continue.

La charge de travail des enseignants s’en trouvera par ailleurs accrue puisqu’ils devront corriger ces épreuves, tout en continuant de faire cours en parallèle. La liberté pédagogique de chaque enseignant s’en trouvera limitée puisqu’il faudra que tous les enseignants d’une même discipline aient traité les mêmes parties du programme pour les épreuves ponctuelles en cours d’année.
Ces projets de décrets seront soumis prochainement pour avis au CSE (Conseil Supérieur de l’Education). Ils sont inacceptables et doivent être retirés. Cette exigence – parmi d’autres - nous la porterons le 22 mars prochain, journée de grève et de manifestations aux côtés de l’ensemble de la fonction publique et des cheminots.

Tracts lycée :

https://www.snes.edu/Lycee-Bac-Blanquer-STOP.html