4 février 2016

COLLÈGES/LYCÉES

Courriers des collègues des collèges du Neubourg, de Bourg Achard, de Beuzeville au Recteur

Les personnels enseignants du collège Pierre Corneille du Neubourg

Le lundi 11 janvier 2016,

Madame la Rectrice,

Nous, personnels du collège du Neubourg, présents aux journées de formation du 5, 7 et 8 janvier 2016 à Brionne, sommes très déçus du contenu de la formation et très inquiets pour la rentrée 2016. En effet, nous n’avons pas eu de réponses claires à nos questions organisationnelles car ce n’était apparemment pas l’objectif de la journée.

Nous avons donc décidé de vous soumettre nos inquiétudes :
- Le travail interdisciplinaire demande un temps de concertation très important qui n’est pas clairement mentionné, ni comptabilisé dans les textes officiels. Ce temps de concertation impliquera nécessairement un alourdissement conséquent de notre charge de travail (non rémunéré !). Par ailleurs, il est demandé aux enseignants de mettre en œuvre les nouveaux programmes décidés sur les quatre années du collège (cycles 3 et 4).
- Le temps de concertation avec les enseignants du premier degré (pour le cycle 3) pose aussi des problèmes d’organisation (pas d’heures prévues à cet effet dans les textes officiels).
- Les collègues TZR et contractuels arrivant dans un ou plusieurs établissements devront se soumettre et s’adapter aux projets décidés sans leur concours.
- Nous craignons que, pour des raisons d’organisation, les EPI ne nous soient imposés. La liberté pédagogique, réaffirmée dans la loi de refondation sur l’école, est donc remise en cause.
- L’AP en classe entière ne permet pas d’aider individuellement les élèves.
- Le niveau en langue est rabaissé et on n’offre plus aux élèves curieux la possibilité de découvrir d’autres langues ou de les renforcer.
- Les professeurs documentalistes, les CPE et les infirmières ne se sentent pas inclus dans les projets interdisciplinaires ou n’ont pas le temps de s’y inscrire.
- Les professeurs de langues et culture de l’antiquité ne pourront que co-animer les EPI puisqu’il n’y a plus d’horaires propres au latin et au grec.
- Comme les bilangues sont supprimés, les élèves qui ont commencé la bilangue et ceux qui commenceront leur deuxième langue vivante vont se retrouver dans le même groupe. D’où la difficulté de gérer un groupe hétérogène pour le professeur et la déception et l’ennui pour les élèves qui vont refaire la même chose.
- Concernant les SEGPA, des questions sont restées sans réponse : comment inclure les élèves de 6e SEGPA dans les autres classes ? Comment organiser l’AP ? Comment sont déterminés les groupes de besoin ? De combien de temps les PE disposeront-ils pour faire la co-intervention dans les classes où les 6e sont inclus ? Le CFG est-il modifié ?

Ces journées de formation nous confortent dans notre opposition à cette réforme imposée, qui ne met pas en place les moyens nécessaires pour assurer l’aide aux élèves en difficulté et l’égalité des chances, comme cela était annoncé.

Nous vous prions de recevoir, Madame la Rectrice, l’expression de nos salutations distinguées.

Les personnels enseignants du collège Pierre Corneille du Neubourg

Ci-dessous, le modèle de lettre à adapter si vous souhaitez vous en inspirer :

Lettre au recteur

Collège Simone VEIL,
27310 BOURG ACHARD Jeudi 4 février 2016,

Les personnels enseignants

à

Madame Le Recteur
de l’Académie de Rouen

S/C de Monsieur Delabrière,
Principal du collège de B-Achard

Objet : réforme du collège et journées de formation.

Madame Le Recteur,

Suite à la première journée dite de « formation à la réforme du collège », force est de constater que les craintes que nous avons formulées quant à l’incongruité de cette réforme et ses conséquences néfastes pour nos élèves et nos matières sont maintenant confirmées !

- Nous sommes choqués que certains « formateurs » se soient montrés aussi peu convaincus par leur propos que la grande majorité des « stagiaires » ?

- Nous sommes choqués que des « formateurs » avouent, avec beaucoup de gêne parfois, être incapables de répondre à nos interrogations ? (par exemple : comment les collègues TZR pourraient-ils être intégrés aux multiples EPI dans les établissements où ils seront nommés ?)

- Nous sommes choqués par la remarque d’un des « formateurs » : « On sait bien qu’avec le chantier de cette réforme, vous ne serez pas performants à la rentrée. Il faudra bricoler ! » ?
Nous nous permettons de citer ici les propos d’un parent : « Mon enfant n’est pas un cobaye ! »

- Nous sommes choqués par la réponse à la remarque suivante : « Si un élève déménage en cours d’année scolaire, il pourrait ne pas avoir commencé les mêmes EPI, ou être amené à faire deux fois le même. » - Réponse du formateur : « Il n’y a pas d’inconvénient à ce qu’un élève fasse deux fois le même EPI ou ne fasse pas les EPI faits par les autres élèves » !

- Nous sommes choqués que le rétablissement des sections bi-langues pourtant sacrifiées par Madame la Ministre de l’Éducation Nationale au nom de la lutte contre l’élitisme ne soit que partiel et très inégalement réparti sur le territoire (*) ?
(*) 100% à Paris, 28% dans notre académie et 5% dans l’académie de Caen !

- Nous sommes choqués que l’EPI LCA ne soit qu’un pauvre saupoudrage d’une demi-heure année sur un niveau et ne permette en aucune manière pour tous les enfants un véritable accès à la culture des langues anciennes.

- Nous sommes choqués que demain, en rétablissant les bi-langues par la langue étudiée au primaire, on crée de véritables filières.

Cette liste est loin d’être exhaustive et ces quelques exemples prouvent que la précipitation, l’absence de concertation, le manque de considération ainsi que la volonté de niveler par le bas ont prévalu pour échafauder une réforme indigne en amont de ces journées de prétendue « formation ».

Nous refusons cette réforme discriminante, inégalitaire et inefficace, et nous estimons que ces journées de « formation » sont aussi vaines qu’illusoires. 95 % des participants aux formations des 11, 14 et 15 janvier 2016 au lycée Prévert de Pont-Audemer ont signé la pétition intersyndicale ci-jointe pour demander l’abrogation du décret et de l’arrêté la concernant.

Nous avons une autre idée de ce que devrait être une Éducation Nationale de qualité, juste et équitable, mais quelqu’un daignera-t-il enfin nous écouter ?

C’est pourquoi, nous sommes au regret de porter à votre connaissance que les personnels enseignants du collège de Bourg-Achard ont décidé de ne pas assister aux prochaines journées de « formation – formatage » et regrettent vivement les nombreuses heures de cours perdues ainsi. Ils vous demandent par conséquent l’autorisation de ne pas assister à la 2e journée de Formation sur la réforme du collège et celle d’assurer leurs cours avec leurs élèves.

Nous informons les parents d’élèves de l’établissement, nos organisations syndicales respectives au niveau académique et national, la presse locale et régionale de notre démarche et de la lettre que nous vous adressons.

Espérant une réponse rapide et positive de votre part, nous vous prions de croire, madame le Recteur, en l’assurance de nos respectueuses salutations dévouées au service public d’éducation.

Collège Jacques Brel de Beuzeville :

pétition du collège Jacques Beuzeville
pétition clg Jacques Brel 2