Déconfinement à partir du 11 mai ?

Le Premier Ministre vient de donner les grandes lignes de la stratégie gouvernementale de déconfinement devant l’Assemblée Nationale.

Pour l’éducation, la ré-ouverture des établissements scolaires sera très progressive, selon l’évolution de l’épidémie, et sur volontariat des élèves (et de leurs familles).

Ainsi, les écoles maternelles et primaires accueilleraient les élèves dès le 11 mai.
Les élèves de 6e et de 5e seraient accueillis à partir du 18 mai. Les élèves de 4e et de 3e n’ont pas été évoqués. La décision de ré-ouverture des lycées ne sera prise qu’à la fin du mois de mai pour début juin.

Une nouvelle fois, on marche à l’envers ! Au lieu de fixer une date et d’organiser l’accueil des élèves dans la précipitation, au risque d’une deuxième vague épidémique, il faudrait au contraire réfléchir aux conditions d’accueil des élèves et aux garanties sanitaires pour tous pour envisager sereinement le bon moment de rouvrir les établissements.

Selon Edouard Philippe, d’ici le 18 mai, les établissements scolaires devraient recevoir les quantités de gel hydroalcoolique nécessaires. Les masques seraient fournis par l’employeur pour les personnels et seraient obligatoires pour les collégiens (et les lycéens), mais à la charge des familles.

Le port du masque sera également obligatoire dans les transports scolaires et les transports en commun. Les autorités organisatrices de transport doivent organiser le respect des gestes barrières et de la distanciation physique.

Ces annonces lèvent une partie du voile sur la période de déconfinement à venir, mais tout n’est pas résolu, loin de là ! Au-delà de ces annonces, le SNES-FSU continue à revendiquer des garanties de sécurité sanitaire pour les élèves et les personnels, et les déclarations du premier ministre posent une nouvelle fois plus de questions qu’elles n’apportent de réponses.
Le matériel de protection nécessaire sera-t-il en quantité suffisante à la fois pour les agents et pour les élèves ? Comment organiser un enseignement en petits groupes ? Comment gérer tous les temps hors de la classe (circulation dans les couloirs, récréations, réfectoires, entrées et sorties...) ? Que feront les élèves qui ne se rendront pas dans leur établissement ? La poursuite de la scolarité à la maison pour une partie des élèves d’un établissement ne doit pas induire pour les personnels un surplus de travail, et notamment un cumul du travail en présentiel et en distanciel.

Enfin, il est urgent d’annoncer l’annulation de l’oral de l’EAF pour les élèves de 1re : même si les lycées rouvrent en juin, le maintien de cette épreuve de bac, à titre d’exception quand toutes les autres épreuves sont annulées, est un non-sens pédagogique et sanitaire.

Le SNES-FSU demande un cadre national strict plus précis que ces premières annonces. L’annonce d’une souplesse et d’une organisation renvoyée au local n’est pas satisfaisante : le gouvernement est responsable de la santé de la population, et doit imposer un cadre strict sur tout le territoire. Cela ne peut reposer sur le bon vouloir des élus locaux et/ou des chefs d’établissement !

Le SNES-FSU veillera également à ce que les personnels fragiles soient protégés lors de ces ré-ouvertures d’établissement et puissent continuer à exercer à distance, et à ce que les parents qui devront garder leurs enfants puissent bénéficier d’ASA.

Vous pouvez toujours signer la pétition intersyndicale académique ici : Pas de tests, pas de masques = pas de reprise !