16 octobre 2019

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Epreuves communes de contrôle continu : nouvelle arme de destruction de notre métier

Epreuves communes de contrôle continu : nouvelle arme de destruction de (...)

Pour informer et débattre autour des E3C, le SNES-FSU de Rouen organise une réunion le mardi 26 novembre après-midi à Rouen (14 boulevard des Belges). Vous trouverez des informations précises en bas de page.

Dans le cadre du nouveau baccalauréat, la DGESCO (direction générale de l’enseignement scolaire) a publié, début octobre, une note relative à l’organisation des épreuves communes de contrôle continu (E3C), concernant les élèves de Première dès cette année, qui se décline de la façon suivante :

• Calendrier :
Session 1 : (Histoire Géographie, LVA, LVB (et Maths en voie technologique uniquement))

-  Choix des sujets : du 2 au 20 décembre dans la banque nationale ;
-  Déroulement des épreuves : du 20 janvier au 14 février ;
-  Commission académique d’harmonisation : du 5 au 11 mars.

Session 2 : (Histoire Géographie, LVA, LVB, Spécialité abandonnée en terminale, Enseignement scientifique (voie générale uniquement), maths (voie technologique uniquement))

-  Choix des sujets : à partir du 2 mars ;
-  Déroulement des épreuves : du 27 avril au 29 mai ;
-  Commission d’harmonisation : du 3 au 9 juin.

Calendrier du Bac 2021

Calendrier global du Bac - session 2021

Note de la DGESCO

Note DGESCO

Analyse du SNES-FSU :

- Ce calendrier entraîne une rupture d’égalité des élèves devant les E3C puisque chaque lycée choisit sa période d’examens. Dans certains établissements, ces épreuves pourront avoir lieu 1 mois plus tôt (ou plus tard) que dans d’autres. Le temps de formation des élèves sera ainsi différent selon la date retenue localement.

- Comme le SNES-FSU le dénonce depuis plus d’un an, la période d’examen va désormais s’étendre sur plus de la moitié de l’année scolaire (en plus des E3C pour les élèves de Première, s’ajouteront les deux épreuves de spécialité de Terminale (début mars), les E3C de Terminale (avril/mai), les épreuves de Philosophie en Terminale (juin), de Français en Première (juin), du Grand Oral en Terminale (juin), … On est bien loin de l’objectif de simplification du baccalauréat mis en avant par JM Blanquer pour justifier sa réforme.

- Les programmes ne pourront être entièrement traités avant la 2e session d’E3C en Première (de même en Terminale).

• Organisation :

La note de la DGESCO précise que :

-  « Dans la mesure du possible, la composition sur le même sujet à la même date doit être privilégiée par l’établissement » mais aussi paradoxalement « en principe, sans banalisation des créneaux pour les autres élèves de l’établissement. Le bon fonctionnement des établissements ne doit pas être remis en cause par l’organisation des épreuves communes de contrôle continu » ;
-  « Pas d’obligation d’avoir des salles en « format examen », la classe en configuration habituelle conviendra » ;
-  « La surveillance de la salle peut être assurée par un professeur de la classe ou tout autre personnel désigné selon l’organisation retenue (pas d’obligation de surveillance supplémentaire).

Analyse du SNES-FSU :

- En l’absence de banalisation, cela imposera de choisir des sujets différents selon les créneaux de passage des E3C, entraînant ainsi une charge de travail encore plus importante pour les enseignants (sans compter le sujet de rattrapage pour les élèves absents lors de la session d’E3C). La banque nationale de sujets étant actuellement inexistante, le nombre de sujets « possibles » risque d’être très limité, voir insuffisant.

- L’absence de salle en « format examen » augmentera le risque de fraude, dévalorisant encore plus le baccalauréat.

• Choix des sujets :

Selon la DGESCO :

-  le choix du sujet est effectué par le chef d’établissement « sur proposition de l’équipe pédagogique, à partir d’une progression commune dans le parcours du programme de l’enseignement. Les sujets proposés doivent pouvoir être traités dans leur intégralité. »
-  « Il s’agit de sujets nationaux, que ni le chef d’établissement, ni l’équipe pédagogique, ne peuvent modifier »

Analyse du SNES-FSU :

- L’organisation de la 1re session des E3C en janvier ou février impose aux enseignants d’adopter une progression commune, ce qui limite leur liberté pédagogique.
- La pression exercée sur les enseignants par les parents, les élèves et le chef d’établissement sera accrue, notamment en cas de choix de sujets complexes ou d’absence prolongée non remplacée.

• Correction des copies et harmonisation des notes :

La note officielle stipule que :

Les copies « sont directement corrigées en ligne par les correcteurs. Les notes doivent être attribuées avant la commission académique d’harmonisation. »
« Dans les cas de discordances manifestes, la commission peut modifier la notation d’un ensemble de copies ».
« Les copies corrigées seront disponibles pour les candidats sur leur espace personnel après harmonisation ».

Analyse du SNES-FSU :

- La correction en ligne d’épreuves du baccalauréat est expérimentée depuis quelques années dans plusieurs académies. Le SNES-FSU dénonce la généralisation de ces nouvelles modalités alors qu’aucun bilan des expérimentations n’a été mené par le ministère. Les remontées de terrain sont variables, de nombreux collègues indiquent que la correction en ligne est moins aisée (notamment les aller/retours sur la copie), que les temps de correction et la fatigue visuelle sont accrues.
- La correction en ligne accentuera la pression sur les enseignants qui pourront être surveillés sur l’avancement des travaux (par leur chef d’établissement, leur IPR, la DEC …).
- Aucune dotation matérielle n’est actuellement prévue, que ce soit pour équiper les enseignants en ordinateur ou permettre une correction sur site.
- La note de la DGESCO ne mentionne aucun temps banalisé pour permettre aux enseignants de corriger les copies d’E3C, alors que dans le même temps ils devront continuer à assurer leurs cours et les évaluations habituelles (les notes d’E3C ne pourront pas compter dans les moyennes trimestrielles).
- La note de la DGESCO ne fait état d’aucune rémunération pour les correcteurs d’E3C, laissant entendre que cette charge de travail supplémentaire se ferait gratuitement.
- Les élèves (et leurs parents) auront donc accès à leurs copies avant même la délibération des jurys de baccalauréat, ce qui peut modifier considérablement le climat des apprentissages au sein d’une classe.

Les E3C s’avèrent ainsi être une nouvelle arme du ministre Blanquer pour dénaturer notre métier au quotidien, brider notre liberté pédagogique et s’attaquer à notre statut. Le SNES-FSU appelle les enseignants à ne pas se laisser imposer par les directions d’établissement des solutions qui remettent en cause notre conception du métier et nos exigences pour un baccalauréat vraiment national. Il les appelle à débattre et à informer élèves et parents des conséquences des conditions de passage de ces épreuves.
A titre transitoire, le SNES-FSU demande l’annulation de la première session d’épreuves communes qui doit avoir lieu à partir de janvier et la transformation de la session de juin en épreuves nationales.

Le SNES-FSU de Rouen organise une réunion le mardi 26 novembre après-midi à Rouen (14 boulevard des Belges).
Elle sera l’occasion de faire le point sur la mise en place de la réforme dans les établissements et notamment sur les modalités des épreuves communes du contrôle continu (E3C) en classe de Première, de pointer les conséquences sur le métier des organisations locales de ces épreuves, de réfléchir sur les moyens d’action…

Cette réunion est ouverte à l’ensemble des collègues de lycées, syndiqué-e-s ou non.

Pour participer, les inscriptions se font par ce lien.

Vous recevrez, en retour, une convocation à remettre à votre chef d’établissement.