24 septembre 2018

COLLÈGES/LYCÉES

Implantation des enseignements de spécialité dans le cycle terminal : des choix étriqués pour les élèves, des postes supprimés pour les enseignants

Le ministère a publié le 5 Septembre 2018 la note de service relative à l’implantation des enseignements de spécialité dans le cycle terminal du lycée. Cette note de service classe les enseignements de spécialités en deux catégories : les « classiques » et les « rares ».

Les enseignements de spécialité « classiques » (humanités, littérature et philosophie ; langues, littératures et cultures étrangères ; histoire géographie, géopolitique et sciences politiques ; sciences économiques et sociales ; mathématiques ; physique-chimie ; sciences de la vie et de la Terre) devront être accessibles dans un « périmètre raisonnable », ce qui sous-entend que ces enseignements ne seront pas proposés dans tous les lycées mais uniquement à l’échelle du bassin d’établissements. Il est d’ailleurs indiqué que certains enseignements pourront être mutualisés entre deux lycées et qu’ « un élève peut suivre une partie des enseignements dans un établissement autre que celui dans lequel il est inscrit ».

Les enseignements de spécialité « rares » (arts ; littérature et LCA ; numérique et sciences informatiques ; sciences de l’ingénieur) ne seront proposés qu’à l’échelle académique, voire nationale.

L’enseignement biologie – écologie ne sera implanté que dans les lycées agricoles.

La liberté de choix, argument utilisé par le ministre pour justifier la réforme, apparaît clairement pour ce qu’elle est, un leurre. Pour de nombreux élèves, le choix de leur enseignement de spécialité se limitera aux disciplines proposées dans leur établissement, à moins d’accepter des conditions d’études dégradées par un déplacement dans un autre lycée ce qui soulèvera de nombreux problèmes (d’emploi du temps, de transport, …). Quand aux élèves des établissements ruraux ou isolés, la seule solution proposée est de suivre certains enseignements à distance via le CNED.

La carte des enseignements de spécialité sera arrêtée au plus tard début janvier par le Recteur après consultation du Comité Technique Académique « en veillant à inclure les représentants des établissements de l’enseignement privé sous contrat dans cette démarche de concertation. » Ainsi, il y a fort à parier que certains enseignements de spécialité ne seront pas ouverts dans l’enseignement public s’ils sont proposés dans des lycées privés voisins, offrant à ces derniers un marché juteux.

La note de service précise enfin que la combinaison des enseignements de spécialité « (trinôme en première, binôme en terminale) doit prendre en compte la pertinence des poursuites d’études dans l’enseignement supérieur, l’équité territoriale et les priorités académiques. » Très rapidement, certaines disciplines risquent de se voir sacrifier au profit d’autres en lien plus direct avec les attendus de Parcoursup et du bassin d’emploi.

Au final, ces modalités permettront au ministre de l’Education Nationale de réaliser une bonne partie des 2600 suppressions de postes prévus dans le second degré pour la rentrée 2019.

En conséquence, le SNES-FSU appelle les enseignants à :

- interpeller leur chef d’établissement afin qu’il présente sur un temps banalisé les enseignements de spécialité qu’il souhaite voir implantés dans leur lycée à la rentrée prochaine ;
- réaffirmer leur refus de cette réforme, de la mise en concurrence des disciplines qu’elle entraîne et à défendre partout une offre de formation la plus large possible ;
- profiter de la tenue des CA de rentrée et des réunions parents/professeurs pour informer ces premiers des conséquences de la réforme du lycée Blanquer.