21 décembre 2018

COLLÈGES/LYCÉES

Implantation des spécialités en lycée : compte-rendu du Groupe de Travail

Le jeudi 20 décembre s’est tenu un groupe de travail sur l’implantation des spécialités dans les lycées de l’Académie de Rouen. Il a malheureusement confirmé la plupart de nos inquiétudes et mis en lumière ce que nous rejetons depuis des mois dans cette réforme.

Nous avons vivement dénoncé les énormes disparités qui s’accentuent entre les lycées au vu de cette carte des spécialités, et souligné les inégalités sociales et territoriales qu’elle engendrait. Par exemple, aucune spécialité Langues Anciennes n’est prévue dans les bassins Bernay/Pont-Audemer et Fécamp/Lillebonne. A Dieppe, si cette spécialité est implantée dans le lycée privée, elle ne l’est pas dans les lycées publics. Aucune spécialité Musique n’est prévue à Evreux, alors que le lycée Aristide Briand offrait jusque là l’option musique. De même, plusieurs lycées sont privés des spécialités SES, SVT ou Humanité/Littérature alors qu’elles font en théorie partie des spécialités classiques. La possible « mutualisation » des spécialités - pour un élève qui voudrait suivre une spécialité dans un autre lycée - est bien possible, mais le rectorat ne sait pas du tout comment cette mutualisation sera mise en oeuvre et renvoie aux chefs d’établissement la responsabilité d’une telle organisation (qui pose évidemment de nombreux problèmes d’emplois du temps, de transport...).

Concernant les critères d’implantation de ces spécialités, le rectorat s’est réfugié, pour justifier la non ouverture de certaines spécialités, derrière l’inexistence actuelle des options correspondantes. Ainsi, alors que la réforme prétend tout revoir et tout améliorer, la carte de 2019 se base sur celle de 2018. Quelle nouveauté !

Par ailleurs, l’improvisation de cette réforme est de nouveau apparue clairement, et la plupart des questions que nous avons posées sont restées sans réponse, ou avec des réponses si floues qu’elles suscitent davantage d’inquiétudes que de confiance.

Pour toutes les spécialités, le rectorat ne peut répondre sur le nombre de groupes attribué par établissement, ni dire si des seuils de nombres d’inscrits seront nécessaires pour ouvrir un groupe. Pourtant, les discussions et le vote de la DHG devront avoir lieu dès le mois de janvier !

ATTENTION : il n’y a aucune garantie qu’une spécialité qui est actuellement affichée comme implantée dans un établissement soit réellement ouverte à la rentrée 2019 si le nombre d’élèves qui souhaitent la suivre n’est pas suffisant. En effet, les dotations horaires allouées aux lycées pour les spécialités étant calculées sur la base du nombre total d’élèves en première générale, certains établissements risquent de se voir contraints d’utiliser une partie de leur marge d’autonomie pour assurer l’ouverture de toutes leurs spécialités.

Sur la spécialité LLCE, libre choix est laissé aux chefs d’établissement de la langue vivante étudiée. Nul ne sait au rectorat quelles langues seront proposées aux élèves, et nous craignons que l’anglais soit la seule langue proposée partout comme spécialité. Aucune garantie n’existe pour les langues telles que l’allemand, l’espagnol ou l’italien.

Sur la spécialité NSI, la question de la formation des enseignants a été posée. Le rectorat espère que des enseignants se porteront volontaires, et pense avoir cerné un vivier de collègues disposant des compétences adéquates. Mais à cette date, rien n’est moins sûr ! D’autant qu’a priori, la formation aurait lieu pendant les vacances scolaires.

Le rectorat a, pour l’instant, refusé de nous transmettre la carte des options, mais nous a confirmé qu’elles devraient intégralement être financées sur la marge de 8h par division, renforçant encore la concurrence entre les disciplines et les enseignants d’un même lycée.

De trop nombreuses questions restent en suspens :
- la sectorisation des lycées sera-t-elle modifiée ?
- certaines spécialités seront-elles dérogatoires ?
- comment garantir aux élèves qu’ils ne se fermeront pas les portes du Supérieur en choisissant les quelques spécialités qui existent dans leur établissement ?
- les établissements bénéficiant d’effectifs limités conservent-ils cette disposition ?

Cette réforme ne peut pas s’appliquer dès la rentrée 2019. Les rectorats ne sont pas prêts, les établissements encore moins. Dès la rentrée, le SNES-FSU appelle à tenir des AG dans les établissements pour obtenir l’abrogation de la réforme.