CA Léo Lagrange du 28 septembre 2010

Motion des enseignants et des parents d’élèves du collège

La situation à la rentrée au collège Léo Lagrange est le reflet de la dégradation du service public d’éducation au plan national ; en effet, outre la diminution horaire que nous avons subie et dénoncée au moment de l’attribution de la DHG, et qui a posé en cette rentrée de multiples problèmes (heures supplémentaires imposées, enseignants sur deux, voire trois établissements, personnels précaires, professeurs non remplacés…), le collège Léo Lagrange a également dû faire face à une situation inédite : l’accueil de deux personnels stagiaires…

Rappelons que l’affectation de ces personnels est inacceptable dans notre établissement classé ZEP et APV ; en effet, le ministre s’était engagé l’an passé à ne pas placer de stagiaires sur des postes difficiles (ni en ZEP, ni avec classes d’examen…). Cet engagement n’a pas été respecté, nous le dénonçons.

Ensuite, ces personnels font leur entrée dans le métier dans des conditions extrêmement difficiles : ils viennent juste d’être reçus aux concours et n’ont donc reçu aucune formation professionnelle… Ils sont placés directement en responsabilité de classes pour l’équivalent d’un mi-temps (ce qui est déjà très lourd), et bénéficient, normalement, d’une décharge d’un mi-temps pour assister à une formation réduite, puisque limitée à quelques semaines. A partir du retour des congés de la toussaint, ces personnels devront en effet assurer un temps plein devant élèves !
En cette rentrée, le rectorat a eu du mal à trouver des personnels remplaçants pour compenser les mi-temps laissés vacants par les stagiaires, et il a fallu insister (démarches multiples, et notamment une lettre collective de l’équipe à l’adresse du rectorat) pour obtenir l’affectation de ces personnels (tous deux contractuels, puisqu’il n’y a plus de titulaires remplaçants sur l’académie).

Cette situation pose plusieurs problèmes : la suppression massive et répétée d’emplois (16000 suppressions de postes chaque année) aboutit au recours à l’emploi précaire, et aggrave donc la précarité en l’entretenant ; cela met en péril le fonctionnement du service public d’éducation en lui ôtant les moyens de remplacement satisfaisants ; enfin, la situation des stagiaires est catastrophique, pour eux (qui croulent sous le travail et la fatigue) et pour les élèves (qui ont devant eux des personnels non formés, déjà remplacés par d’autres aussi peu formés, encore remplacés au cours du 2e trimestre par une troisième personne (un étudiant), qui ne le sera pas du tout !)

Nous dénonçons le mépris avec lequel le ministère traite ses nouveaux personnels, ainsi que les élèves ; nous exigeons que des moyens soient mis en œuvre pour que ces collègues, avec lesquels nous sommes solidaires, soient aidés, assistés, formés au mieux durant cette première année.