Présentation du dispositif

L’académie de Rouen a expérimenté pendant l’année scolaire 2011-2012 un dispositif intitulé visio-grec, qui sera reconduit à la rentrée 2012.

Ce dispositif concerne uniquement les lycéens de niveau seconde. Selon les horaires officiels, l’option grec ancien (qu’il s’agisse de l’enseignement de découverte ou de l’enseignement facultatif) est enseigné à raison de 3 heures la semaine, même si les chefs d’établissement tentent de réduire cet horaire réglementaire pour cause d’effectifs trop peu importants.

Dans le cadre du visio-grec, projet initié par Mme Marie-Danièle Campion (ex-recteur de l’académie de Rouen) et piloté par M. Arnaud Aizier (IPR de Lettres Classiques), les élèves hellénistes de seconde reçoivent deux de ces trois heures de cours en visio-conférence. En effet, un collègue de Lettres Classiques du lycée émetteur (le lycée Marc Bloch de Val-de-Reuil), fait cours à ses propres élèves et est filmé pendant cette prestation. Ce cours est alors retransmis en direct, telle une visio-conférence, à trois lycées récepteurs : André Maurois d’Elbeuf, Les Bruyères de Sotteville-lès-Rouen et Louise Michel de Gisors. Les élèves de ces trois établissements peuvent intervenir à l’aide d’un micro et d’une webcam qui les filme et dont le contenu est visible par le professeur du lycée émetteur.

Quant à la troisième heure, elle se déroule de manière « normale ». Il s’agit d’une heure dite « présentielle », assurée par un professeur du lycée où se trouvent les élèves.

Qu’est-ce que cela implique ?

Si les élèves sont plutôt réceptifs à cette expérience, les problèmes techniques et organisationnels de toute sorte posent question :

-  Cela permet de supprimer 2h de langues anciennes dans les établissements récepteurs (soit un total de 6h, un tiers-temps…).

-  Cela impose aux quatre collègues concernés de travailler en étroite collaboration, selon des méthodes de travail innovantes (tout le monde n’est pas encore formé aux TICE). 18 HSE au titre de ce travail de concertation devraient être payées à chacun de ces collègues.

-  Pendant ces deux heures de visio-grec, c’est un AED qui prend en charge les élèves (appel, surveillance, …). Il n’y a pas de professeur dans la salle, si ce n’est celui à l’écran.

-  De nombreuses difficultés techniques subsistent : matériel inadéquat, problème de débit entraînant des rémanences à l’écran, une pixellisation importante, …

-  Les quatre établissements doivent aligner ces deux heures d’enseignement (en l’occurrence, les lundi et mardi de 13h à 14h, alors que l’AED serait utile à la surveillance du restaurant scolaire).

Qu’attendre pour la rentrée prochaine ?

Le projet est reconduit en l’état, avec les mêmes intervenants, toujours pour le niveau seconde, uniquement. Un diagnostic précis des possibilités techniques devra être effectué pendant l’été ou en tout début d’année scolaire afin de pallier les difficultés techniques vécus cette année.

Ce dispositif avait déjà été expérimenté dans l’académie de Nantes. Il tend à se pérenniser et à s’étendre à d’autres disciplines dites à faible diffusion.

Un tel projet pose de réelles questions sur notre façon d’enseigner. Un débat doit être mené au sein du SNES sur ce type de dispositif.